La révolution en marche dans Second Life

Par , le 13 mars 2007 à 18h13 , mis à jour le 13 mars 2007 à 21h16

Après les manifestations, les sit-in, et les permanences politiques, l'univers virtuel Second Life a connu ces dernières semaines ses premiers actes de cyber-terrorisme.

Des affiches anti-FN sur Second LifeDes affiches anti-FN sur Second Life

Des bombes atomiques virtuelles qui effacent une partie de l'écran. Voila à quoi ressemble le terrorisme sur Second Life, un monde virtuel en 3D lancé en 2003 sur Internet, qui s'est depuis doté de ses propres règles et de sa propre économie.

Comme dans la réalité, ces premières actions violentes sont revendiquées. En l'occurrence, par l'Armée de Libération de Second Life (SSLA) qui se présente sur son site comme "l'aile militaire du mouvement de libération nationale au sein de Second Life". Elle les justifie en dénonçant l'absence de démocratie dans cet univers virtuel qui rassemble des millions d'utilisateurs. Son slogan : "La seule réponse à l'injustice est le combat".

"Un vote par avatar"

La SSLA réclame des "droits politiques pour les avatars", qui sont les représentations visuelles des utilisateurs au sein de l'univers de Second Life. Plus précisément, elle souhaite que chaque membre inscrit sur Second Life et payant chaque mois pour une parcelle de terrain virtuelle reçoive de la société Linden Labs, la société qui administre l'univers, un droit de vote. Chacun pourrait alors avoir son mot à dire au moment des grandes décisions sur l'avenir de Second Life.

Et la SSLA s'organise : elle s'est dotée d'un QG dans le monde virtuel autour duquel elle organise des manifestations. La dernière a réuni près de 200 avatars. L'Armée de Libération de Second Life affiche aussi son éthique en affirmant sur son site qu'elle ne cherchera pas à "troubler le déroulement normal" de la vie de l'univers et "ne s'attaquera qu'aux agents de Linden Labs et aux sites stratégiques de Second Life".

Des entreprises visées

Les premières cibles d'attaques ont été des grandes entreprises comme Reebok ou American Apparel. L'implantation récente de grandes entreprises dans "leur" univers inquiète les membres historiques de Second Life qui se sentent dépossédés face à sa croissance effrénée et son caractère toujours plus commercial. "Quelle a été la place au dialogue lorsque Linden Labs a vendu des parcelles de notre monde à IBM, Sony ou Warner Brothers?", s'énerve un des dirigeants de la SSLA sur le blog de l'organisation.

Côté Linden Labs, la directrice marketing du groupe déclarait récemment vouloir "faire le maximum pour assurer la protection de l'expression de la créativité mais dans certaines limites" ajoutant toutefois qu' "en dernier recours, les violences virtuelles auxquelles se livrent des résidents devront être examinées au cas par cas".

Aux dernières nouvelles, si la SSLA appelle toujours au dialogue, elle ne désarme pas, et prévient sur son blog : "Nous frapperons encore très bientôt, vous pouvez compter là-dessus".

L'ex-chanteur de Zebda lance des débats virtuels

Magyd Cherfi, ex-membre du groupe Zebda, lance des débats participatifs et citoyens dans le monde virtuel. Le premier débat, qui débutera jeudi 15 mars à partir de 18h, aura pour thème "Les petits beurs de la télé". L'avatar de Magyd Cherfi, sa représentation virtuelle dans Second Life, s'appelle "magydcherfi Nagy". Sur son blog, le chanteur précise que c'est une référence à "une partie du nom de famille d'un candidat à la présidentielle" (le patronyme complet de Nicolas Sarkozy est Sarkozy de Nagy Bocsa). L'espace créé par le chanteur "comporte une salle de concert ouverte à tous, un bar associatif, des paillotes destinées à accueillir des associations citoyennes, des stands offrant divers objets" et même "des bungalows pour bientôt abriter les sans-abri de Second Life".

Par Olivier Levard le 13 mars 2007 à 18:13
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