Le web recycle l'appel surfacturé

Par , le 16 mars 2007 à 17h46 , mis à jour le 16 mars 2007 à 19h06

Après le français Wengo, le géant de la téléphonie sur Internet Skype se convertit aux audiotels et permet aux internautes de commercialiser leurs connaissances.

La nouvelle interface de WengoLa nouvelle interface de Wengo

Vous voulez devenir voyant, prof, conseiller juridique sur Internet ? Le tout en vous enrichissant ? Le web 2.0 vous offre une solution clé en main : les appels surfacturés via les logiciels de téléphonie sur Internet. Ceux qui répondent aussi aux noms barbares de Voix-sur- IP ou VoIP (pour Voice over IP) permettaient déjà de téléphoner gratuitement d'ordinateur à ordinateur et à tarif très réduit vers des fixes ou des portables. Ils intègrent désormais une nouvelle fonctionnalité : la possibilité de faire payer un interlocuteur en échange de conseils, cours et autres services sur internet.

C'est Wengo, une filiale de Neuf Cegetel, qui a été la première à commercialiser ce service, il y a trois mois. Aujourd'hui, le géant Skype se lance à son tour avec la version bêta du service SkypePrime. Pour Skype comme pour Wengo, la rémunération se fait à la minute en fonction du tarif défini par l'expert. Le mode de paiement est sécurisé par les opérateurs qui prélèvent au passage 30% de la transaction.

La vraie nouveauté : la simplicité

Le marché pourrait être là : en trois mois, 1 000 experts, dont 200 réellement actifs, et 15 000 clients potentiels se sont déjà inscrits sur Wengo. Au top des services proposés : les cours de langue et l'astrologie. Mais on peut également trouver dans un annuaire dédié des conseillers fiscaux et financiers et même un interpréteur de rêves ou des propositions de discussions coquines... Certains appels sont gratuits, d'autres affichent un coût connexion de 10 euros majorés d'un euro par minute supplémentaire.

La vraie nouveauté, c'est la simplicité. La création et la gestion d'un audiotel étaient déjà ouvertes à tous mais elles étaient complexes. Désormais, les internautes peuvent consulter un expert par un simple clic sur une page web. Sans installer de logiciel, ils pourront même voir leur coach en vidéo.

"On appelle cela du rich-audiotel qui ajoute à l'audio la vidéo. C'est à la fois plus riche et plus simple", assure Patrick Amiel, directeur de Wengo. Dès lundi prochain, annonce-t-il à LCI.fr, le site offrira "une interface d'échange entre un professionnel et son client qui permettra d'échanger des notes, et bientôt des cours. Dans le cadre d'un cours de poker ou d'échecs, il pourront par exemple interagir sur un jeu virtuel dans cette zone ".

Sexe, impôts et vidéo

Confronté à la concurrence des opérateurs ADSL - qui intègrent désormais la téléphonie discount à leurs offres "triple-play" - et à la multiplication des acteurs, les logiciels de Voix-sur-IP sont condamnés à bâtir leur croissance sur de nouvelles fonctionnalités. "Il est très difficile aujourd'hui d'avoir un business model rentable grâce à la simple téléphonie sur Internet car la part d'appels payants est minime", se désole Patrick Amiel.

Sa dernière innovation suscite, malgré tout, de nombreuses interrogations. Pour les internautes, comment s'assurer de la compétence réelle des nouveaux experts ? Sur Wengo, il est déjà possible de noter son interlocuteur et le site promet de bientôt vérifier individuellement le niveau de compétence des profs. De leur côté, les Etats pourraient bientôt s'intéresser à ces revenus annexes, la plupart du temps non déclarés.

Certains internautes prédisent une dérive de ces services vers ce qui a fait dans les années 80 le succès du minitel et des audiotel : le sexe. Déjà, Wengo pense à utiliser sa technologie sur un site dédié aux adultes. Histoire d'éviter qu'une mère de famille venue chercher un cours de maths en vidéo pour son fils ne se voie proposer un striptease.

Par Olivier Levard le 16 mars 2007 à 17:46
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1 Commentaires

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  • Jeanjean, le 19/03/2007 à 16h35

    Merci de souligner les risques de dérive de ce type de service

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