Le projet de code de bonne conduite sur le blog de Tim O'ReillyTout est parti d'une idée de deux légendes du Net : Tim O'Reilly, fondateur du "Web 2.0" et Jimmy Wales créateur de l'encyclopédie Wikipedia ont mis en ligne un "brouillon" proposant un "code de bonne conduite du blog" pour imposer la courtoisie sur la toile. L'idée de ce texte est venue à O'Reilly à la suite d'un incident impliquant injures sexistes et menaces de mort qui a beaucoup alarmé la blogosphère américaine au cours des dernières semaines."Nous sommes responsables de nos propres propos et de ceux qui sont tenus sur notre blog. Nous ne dirons rien en ligne que nous ne dirions pas en personne", écrit notamment O'Reilly dans son blog.
Pas d'anonymat, pas de diffamation
Mais pour certains internautes qui ont goûté à la liberté d'expression des blogs et estiment que cela leur permet de publier des informations qui n'ont pas le droit de cité dans les médias traditionnels, ce projet est une hérésie. "L'établissement de soi-disant règles est le dernier exemple d'agents moralisateurs qui tentent inconsciemment d'organiser, de dicter, d'apprivoiser et de pacifier les blogs, c'est tout simplement incroyable ce qui se trame ici", fustige un blogueur sur le site de O'Reilly. Le projet de code de bonne conduite interdit les commentaires anonymes et prévoit de supprimer certains contenus menaçants, diffamatoires, faux ou qui violent la confidentialité et les droits à la vie privée.
"Nous pensons qu'alimenter l'ignominie ne fait que l'encourager", souligne le projet qui cite un proverbe: "ne combattez jamais avec un cochon. Vous vous salissez et de surcroît le cochon aime ça". Le projet prévoit que ceux qui refuseraient d'adopter ce code de bonne suite se signalent sur la toile par une icône ou un petit bâton de dynamite avec une inscription "tout est permis". De son côté, le web francophone dispose déjà d'une charte "Néthique", lancée en février 2006 par les "Humains associés" et adoptée par près de 200 blogs.
Liberté, j'écris ton nom
Certains blogueurs craignent au contraire que l'interdiction de l'anonymat ne bâillonne les commentateurs dans des pays opposés à la liberté d'expression. "Dans des régimes autoritaires et répressifs, on critiquera le régime que si on veut se faire pendre", écrit un blogueur s'identifiant comme "un spectateur pakistanais". "Les blogs sont le seul moyen de protester pour les peuples opprimés dans de tels régimes". "Les blogueurs peuvent toujours retirer les commentaires qu'ils jugent inappropriés et qui sont mis en ligne sur leurs sites", a souligné le fondateur du moteur de recherche Technorati spécialisé dans le recensement des blogs. Et d'ajouter : "Un des principes ayant conduit à la création de l'internet est celui de la libre expression".
Avec agence
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