Yahoo en ChineÇa n'est pas nouveau, les organisations qui défendent les droits de l'homme ne cessent de reprocher aux géants du net leur soumission aux régimes autoritaires. Mais depuis un an, les accusations se font toujours plus graves. Elles ne concernent plus uniquement des cas de censure mais bien une collaboration dans la condamnation de journalistes et autres opposants. Pour des idées exprimées sur le Web.
Un couple chinois vient de porter plainte contre Yahoo! et ses filiales chinoises en affirmant que le groupe californien a fourni des informations qui ont aidé les autorités chinoises à faire condamner le mari pour ses écrits sur Internet. Wang Xiaoning a été condamné l'an dernier à dix ans de prison pour "incitation à la subversion" après avoir envoyé par courrier électronique des écrits prônant des réformes démocratiques et le multipartisme.
Dans leur plainte déposée en Californie, Wang et son épouse, Yu Ling soutiennent que Yahoo a fourni au parquet des détails qui ont contribué à l'identifier. La plainte, appuyée par la World Organization for Human Rights USA, dit même que Yahoo! a bénéficié financièrement de sa coopération avec les autorités.
Yahoo! botte en touche
Dans un communiqué, Yahoo! se dit désolé de ce que des Chinois aient été emprisonnés pour s'être exprimés sur Internet. Mais il ajoute que les entreprises travaillant en Chine "doivent se plier à la loi chinoise, faute de quoi ses employés locaux" risqueraient des sanctions pénales. En somme, l'entreprise renvoie les Etats à leurs responsabilités : "Nous invitons le département d'Etat américain à continuer de faire de la question de la liberté d'expression une priorité dans les rencontres bilatérales et multilatérales avec les Chinois, ainsi que par d'autres instruments du commerce et de la diplomatie, afin d'aider à assurer la sécurité de ces dissidents".
Déjà, il y a quelques mois, Amnesty International reprochait à Yahoo! d'avoir "procuré aux autorités chinoises des informations privées et confidentielles sur ses utilisateurs, dont des données personnelles qui ont été utilisées pour condamner au moins deux journalistes".
Avec agence
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