l'OpenNet Initiative cartographie la censure "sociale" d'Internet © OpenNet InitiativeLa liberté d'expression sur le Web est un combat loin d'être gagné. Dans son rapport 2007, Amnesty International présente même Internet comme le nouveau front pour la lutte en faveur des droits de l'Homme, de nombreux Etats s'évertuant à en contrôler l'utilisation pour réduire au silence les voix d'opposition.
En 2012, Amnesty milite pour un traité fort sur les ventes d'armes
Dans son rapport annuel, l'ONG souligne que 2011 a montré que les peuples n'avaient plus peur de s'opposer à leurs dirigeants. Pour éviter que les armes soient encore utilisées comme instrument de répression, elle appelle à l'adoption d'un "traité fort" sur leur commerce en juillet à l'Onu.
Publié le 24/05/2012
"A l'ère de la technologie, Internet représente la nouvelle frontière dans la lutte pour le droit à la dissidence", souligne Irène Khan, la secrétaire générale d'Amnesty. "Les autorités de certains pays (Arabie saoudite, Belarus, Chine, Egypte, Iran et Tunisie, entre autres) s'assurent la collaboration des plus grandes sociétés informatiques mondiales pour contrôler les tchats, supprimer des blogs, brider les moteurs de recherche et bloquer l'accès à des sites", dénonce-t-elle, "Des gens sont emprisonnés en Chine, en Egypte, en Ouzbékistan, en Syrie et au Vietnam pour avoir publié et partagé des informations en ligne".
Des blogueurs emprisonnés
Amnesty multiplie les exemples. En Chine, l'accès à plusieurs centaines de sites internationaux a été bloqué et des milliers de sites chinois ont été fermés, souligne l'organisation, citant le cas de l'intellectuelle tibétaine Woeser, dont le blog a été fermé à plusieurs reprises après qu'elle eut questionné le rôle de la Chine au Tibet. Des blogueurs ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison ou à la flagellation en Iran, ou "l'accès à Internet est de plus en plus strictement contrôlé", s'indigne l'association.
Le Vietnam est particulièrement pointé du doigt pour avoir "cherché à renforcer (son) contrôle sur Internet en adoptant une nouvelle réglementation, en chargeant les exploitants de cybercafés et les fournisseurs d'accès de surveiller les internautes et en filtrant ou bloquant l'accès à certains sites". Amnesty met en exergue le sort de plusieurs signataires du Bloc 8406 - une pétition en ligne appelant à un changement politique pacifique au Vietnam - qui ont été harcelés et interrogés, et dont les ordinateurs ont été confisqués.
25 pays ciblés
Dans une étude que vient de publier, l'OpenNet Initiative (ONI), un organisme regroupant des chercheurs anglo-saxons, 25 pays - sur 40 étudiés - sont brocardés pour leur censure d'Internet.
D'après leurs travaux, ce sont la Chine, l'Iran, la Syrie, la Tunisie, la Birmanie (Myanmar), et le Vietnam qui sont les plus grands censeurs de sites politiques. Sur les mœurs, les pays musulmans sont les plus durs. L'Iran, l'Arabie saoudite, le Soudan, la Tunisie et le Yémen bloquent par exemple la pornographie et le jeu, mais également tous les sites gays. Bonnes surprises : la Russie, Israël ou les territoires palestiniens dans lesquels les chercheurs n'ont pas constaté de restrictions.
Aspect le plus réjouissant de l'enquête : les internautes n'en démordent pas. En Arabie Saoudite, ils sont encore 93% à tenter de se connecter à des sites bloqués, au grand désespoir des censeurs. Le salut de ces internautes rebelles passe par la technologie. Grâce à des logiciels ou matériels adéquats (routeurs...), ils peuvent encore efficacement contourner la censure. Jusqu'à ce que l'empire contre-attaque?
Le rapport s'en prend aux Etats Unis |
Amnesty critique vivement les Etats-Unis, accusés de piétiner les droits de l'Homme et de considérer le monde comme "un champ de bataille géant" dans sa "guerre contre le terrorisme". La guerre en Irak et le climat de peur étendu au monde entier par l'administration du président George W. Bush ont profondément renforcé les divisions internationales, estime l'organisation de défense des droits de l'Homme. Washington est accusé de "tenir un double discours" sur les droits de l'Homme en s'érigeant d'un côté en champion de la défense des droits de l'Homme et de l'état de droit et en appliquant "simultanément" des politiques qui bafouent certains des principes les plus élémentaires du droit international. |
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