Les studios d'Ubisoft © Ubisoft![]() |
| François Logeais |
LCI.fr : Le jeu vidéo qui devient familial, c'est nouveau?
François Logeais : Pas du tout! Cela fait des années qu'Ubisoft a des titres grand publics comme Chess Master, un jeu d'échecs, Rayman, qui s'adresse à toute la famille, ou Alexandra Ledermann qui cartonne auprès des petites filles passionnées d'équitation. C'est donc une continuité pour nous, mais avec un énorme coup d'accélération.
LCI.fr : Qui sont les nouveaux joueurs que vous ciblez?
F. L. : Nous avons bien du mal à les définir. Jouent-ils moins longtemps que nos joueurs traditionnels? Pas forcément. Sur de nouvelles plateformes? Pas toujours. Ce public est-il plus féminin? Oui, mais cela ne suffit pas à le définir! Tout est parti d'une question : pourquoi une frange importante de la population ne joue pas au jeu vidéo, alors que le jeu en tant que tel est une activité valorisée? On a donc fait parler ces non-joueurs. Leur réponse : un problème de temps, entre travail et enfants. Le jeu vidéo n'était pas considéré comme utile, comme une activité constructive. Lorsqu'il y avait arbitrage avec une autre activité, il était donc perdant.
LCI.fr : Comment avez-vous réagi?
L'interface s'adapte au joueur : tout le monde peut jouer. François Logeais
F. L. : Nous essayons de faire des jeux ultra-accessibles et utiles. L'interface, les procédés d'interaction doivent être simples et intuitifs. La façon de penser le jeu a changé. Dans le jeu vidéo traditionnel, le joueur devait faire l'effort d'aller vers une interface. Avec des consoles de la simplicité de la DS et la Wii, c'est l'interface qui s'adapte au joueur. Tout le monde peut jouer. Même ma mère à une DS! C'est une révolution, comparable à celle qu'est en train de vivre Internet avec le web dit "2.0".
LCI.fr : Et sur l'aspect "utile"?
F. L. : L'objectif est que chaque minute passée à jouer apporte quelque chose de concret, à la manière d'un livre, pour l'inscrire dans l'emploi du temps de tous les jours. Notre jeu Word Coach, par exemple, permettra d'acquérir un vocabulaire plus riche, de mieux s'exprimer, en jouant avec les mots. En France, on a du mal à admettre ne pas connaître le sens de certains mots mais vous seriez étonné du nombre d'Américains qui admettent ne pas comprendre le terme "polyglotte".
LCI.fr : Développe-t-on ces jeux comme des titres traditionnels, un jeu de guerre, par exemple?
Les équipes sont plus féminines et plus âgées François Logeais
F. L. : Le développement de ces jeux est moins cher car ils nécessitent de plus petites équipes et moins de technique. Il y a en revanche davantage de réflexion, de travail avec des experts... S'agissant des équipes elles-mêmes, elles sont plus féminines et plus âgées.
LCI.fr : Pour votre jeu de "coaching de vie", vous parlez de "développement personnel". Allez vous concurrencer l'Eglise de Scientologie?
F. L. : (Rires) On n'y a jamais pensé! On ne veut pas faire du Ron Hubbard et dire au joueur "il faut que tu fasses ça" mais simplement se mettre à son service pour lui permettre de changer des petites choses de son quotidien, lui donner du bien-être.
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