Apple : la polémique iTunes Plus

Par , le 01 juin 2007 à 15h40 , mis à jour le 01 juin 2007 à 16h00

Les fichiers musicaux sans protection lancés par Apple contiennent le nom complet et l'adresse mail de ceux qui les ont téléchargés. Sans qu'ils en soient prévenus.

Apple

A peine lancé, iTunes Plus déclenche la polémique. Le nouveau service de téléchargement d'Apple permet d'acquérir des fichiers sans DRM, c'est-à-dire sans dispositif anticopie. Surprise : lorsque l'internaute télécharge un fichier et l'ouvre dans un éditeur de texte, comme Word - au lieu d'un lecteur musical - il peut constater que son nom, prénom et même son mail sont inscrits en toutes lettres au sein du fichier. A aucun moment lors de l'inscription ou du téléchargement d'un fichier, Apple ne prévient l'internaute de la présence de ces informations dans les fichiers.

Dans ce fichier, Boheemian Rhapsody de Queen, téléchargé via iTunes Plus, le nom et le mail de l'internaute apparaissent.

Dans ce fichier, Bohemian Rhapsody de Queen, téléchargé via iTunes Plus, le nom et le mail de l'internaute apparaissent.

Remonter à la source

La pratique pose d'autant plus problème que ces fichiers musicaux - vendus plus chers - n'intègrent pas de protection numérique et sont donc implicitement vierges de toute information sur leur acheteur. Les conséquences? Toute personne récupérant un fichier à la suite d'une copie auprès d'un tiers peut savoir qui l'a téléchargé en premier lieu.

Imaginons qu'un internaute mette un tel fichier à la disposition d'autres internautes - ce qui est illégal - via un logiciel de peer-to-peer, par exemple. Il suffit de consulter le fichier pour remonter jusqu'à lui, l'identifier, et lui adresser un avertissement au moyen de son mail. S'agit-il d'une maladresse ou d'une volonté délibéré par Apple et les maisons de disque de traquer ceux qui mettent à la disposition de tous, illégalement, leurs fichiers? Contacté par LCI.fr, le groupe Apple n'a pour l'instant pas souhaité réagir. Pour rappel, Apple et EMI ont passé un accord en avril afin de proposer sur iTunes le catalogue de la maison de disques britannique sans DRM. Chaque titre issu de ce label est proposé sans protection et en qualité sonore supérieure au prix de 1,29 euro. Une disposition qui permet de copier et transférer librement la musique achetée vers n'importe quel baladeur, quelque soit sa marque.

Par Olivier Levard le 01 juin 2007 à 15:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

18 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Le Bot, le 06/06/2007 à 10h01

    Il n'y a pas lieu, selon moi, à polémique. On ne peut vouloir le beurre, l'argent du beurre, et la crémière en prime. Je suis défenseur du libre, et j'ai réagi contre la loi DADVSI, je suis contre la brevetabilité des logiciels. Mais je pense que l'hypocrisie n'est pas de mise aujourd'hui. Je soutiens TOUTES les démarches des compagnies proposant des musiques libres de DRM. Mais cela n'autorise personne à confondre libre et gratuit. Tout travail mérite salaire. Arrêtons de confondre liberté et irresponsabilité. Le morceau de musique téléchargé sur itune plus, en toute connaissance de cause, n'est pas destiné, à l'achat, à être redistribué à des tiers ou publié dans des conditions telles que le nom de l'acheteur soit divulgué de manière anormale. Si l'acheteur se place dans une telle situation, c'est qu'il l'aura choisi. Il n'y a pas de polémique possible selon moi.

  • Lol, le 04/06/2007 à 16h47

    Bah, sensible à la vindicte populaire, dorénavant, APPLE les cryptera ... :-))

  • Florian, le 04/06/2007 à 11h42

    Dès lors que la cible est le recelleur initial, il faut se méfier des hackers. Prenons le cas d'une personne qui télécharge un titre. Si un hacker s'est amusé à s'introduire sur son ordinateur et en a profité pour copier la musique, la "justice" sera de nouveau aveugle quant à la réalité des faits. Si le hacker la garde pour lui, il y a peu de problèmes, mais si il la partage sur internet avec des adeptes du peer to peer, il y aura des milliers de copies et seul celui qui l'a acheté en subira les véritables conséquences alors qu'il est victime de vol. Les dispositions prises par apple sont donc inadaptées et le véritable risque est une dérive des maisons de disque qui se lanceront dans des procès pensant récupérer des fortunes alors que l'artiste ne récupèrera, de toute façon, presque rien. De plus, pour gagner un tel procès, il ne faut pas laisser de place à l'incertitude de culpabilité car un jury ne s'intéressera pas à des supositions mais à des faits. Pour freiner ou arrêter le téléchargement "illégal", ils devraient déjà mettre en place une réglementation réfléchie et des moyens adaptés de traque. D'ici là, seuls les personnes mettant gratuitement à disposition des oeuvres protégés par la propriété intellectuelle (donc sans s'acquitter du reversement des royalties) pourra être passible de poursuites. Les personnes possédant ce type de fichiers, quant à eux, ne risquent pas grand chose à l'exception de petites amendes pour avoir profité de fichiers "illégalement acquis", point qui est encore discutable lorsqu'ils sont acquis par des moyens qui ne sont pas interdits. Pour cela, il faut donc que la personne se soit faite traquer au moment du téléchargement par la "police de l'internet". S'ils ne prennent pas sur le fait, rien ne justifie une intrusion informatique ou physique, d'ailleurs toutes deux sujettes à mandats. Tout cela reste donc flou, une seule solution persiste pour être tranquille, acceptez de payer vos titres ou n'écoutez pas de musique.

  • Aigle, le 04/06/2007 à 09h49

    Même si on comprend la chasse à ceux qui distribuent ces fichiers musicaux illégalement, il n'est quand même pas plus légal de diffuser au monde entier le nom et l'adresse e-mail des personnes, sans leur consentement. La seule solution est bien entendu le boycot, la musique étant devenue le lieu de rencontres entre malhonnêtes : les téléchargeurs et les fournisseurs de musique. On lutte contre la malhonnêteté par d'autre malhonnêteté, avec en vrai motif tous azimuts : l'argent.

  • Pierre, le 03/06/2007 à 16h19

    Je ne vois pas le probléme en effet. Mes fichiers téléchargés sur iTunes ne vont pas attérir comme par enchantement sur un réseau P2P. Les DRM génaient principalement les utilisateurs honnêtes. Aujourd'hui ce problème est résolu et il m'importe peu que mon nom apparaisse sur chaque fichier. Au contraire cela incite à la RESPONSABILISATION de chacun. Dans ce domaine on a encore du chemin à faire dans notre pays...

  • James, le 03/06/2007 à 10h59

    Pour tous ceux qui trouve ça normal : vous vous faites voler votre iPod et 3 jours après, votre email apparaît sur tous les réseaux p2P du Monde. Ca vous plaîra encore ? Que le fichier soit identifié, pourquoi pas ? Mais d'une manière non publique d'une part et infalsifiable d'autre part (ou le plus infalsifiable possible). Est-ce que vous accepteriez qu'au lieu d'un numéro minéralogique sur votre voiture, il y ait votre nom et votre adresse ?

  • Claude, le 02/06/2007 à 17h06

    J'imagine déjà les cris ! les dénonciations ! des messieursetmesdameslapudeur qui vont invoquer une nouvelle atteinte à leur droit à sévir anonymement et copier sans limite et ça me fatigue, ça me fatigue ! Une vague déferlante appartenant au domaine de la rumeur avait réussi à faire croire que les acheteurs de musique dématé-rialisée étaient fortement grugés par l'existence de limitations de la copie après un nombre de copies assez important ! Pour une pièce remarquable, le grand Sakespeare avait trouvé un fort joli titre : Beaucoup de bruit pour rien !

  • Seb, le 02/06/2007 à 15h16

    Pour ceux qui se félicitent de cette mesure, qui pour moi ne peut être que délibérée (mais est quand même une bourde incroyable). Partager sur internet une oeuvre copyrightée est effectivement illégal et condamnable. Cependant, qui n'a jamais prêté un CD à un ami, ou ne lui a jamais transmis, pour découverte, un tel fichier (par exemple par mail, ou en amenant chez lui une clé USB et en lui laissant les fichiers) ? Avec cette mesure, si cet ami partage (inconscient des données nominatives inscrites dans le fichier) un tel fichier sur internet, qui sera poursuivi ? Comme d'autres l'ont soulevé, si quelqu'un décide de nuire et modifie les données nominatives du fichier puis le partage sur internet, qui sera poursuivi ?

  • Mkl18, le 02/06/2007 à 10h40

    Sa devient navrand,bientot on ce servira d'internet que pour envoyer des mail!!!!!!!!faut pas s'etonner qu'il y est autan de téléchargement illegal!!!!sa va pas aller en s'arrengent!!!enfin je m'arreterais la ,c'est comme la politique y a tellement de choses a dire !!!!!!!

  • Zorba, le 02/06/2007 à 09h38

    La question est de savoir si en plus de ces informations qui sont lisibles en clair, il existe des informations codées qui sont elles aussi en rapport avec le nom qu'on trouve dans le fichier. Apple va avoir du mal à ne pas communiquer le détail de ce qu'il met dans ses fichiers en plus du format MP3.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience