Traque des pirates : ce qui va changer

Par , le 08 juin 2007 à 17h45 , mis à jour le 10 juin 2007 à 16h58

Un arrêt du Conseil d'Etat bouleverse la lutte contre le piratage. Pour mieux combattre les pirates, les éditeurs pourront les ficher sur les réseaux d'échange.

Souris Arobase internet mail

Des "radars" pour surveiller les réseaux d'échange de fichier - les fameux peer-to-peer - et punir les pirates du net qui téléchargent le plus? La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait dit non, le conseil d'Etat, saisi par les éditeurs, l'a désavouée. La question n'est donc plus de savoir si ces nouveaux procédés feront leur apparition mais quand, et sous quels forme, ils le feront. La balle est maintenant dans le camp des éditeurs qui devraient soumettre prochainement une nouvelle procédure à la CNIL

Cette nouvelle requête pourrait est semblable à la première, retoquée par la CNIL. Elle prévoit un système de surveillance sur 10 000 fichiers. Il intégrera par exemple les titres les plus populaires de Madonna, Johnny ou l'intégrale des Musclés et évoluera en permanence, au gré des sorties de singles.

"Bande organisée"

Les internautes qui proposeront plus de 50 de ces titres au téléchargement seront automatiquement placés sous surveillance, dans une phase dite de "calibrage/ciblage", pour une période de 15 jours. C'est pendant ces deux semaines que tout se jouera. Si l'internaute sous observation met à disposition plus de 500 fichiers, il se retrouvera devant la justice civile. Concrètement, elle le condamnera à payer des dommages et intérêts. Si, pendant cette phase, il met plus de 1000 fichiers à disposition, les choses se corsent : c'est la justice pénale qui s'occupera de lui. Avec des peines jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros. Et respectivement 5 ans et 500 000 euros si les méfaits sont accomplis en "bande organisée".

Le système suivra les internautes à la trace grâce à leur adresse IP, une séquence de chiffre qui les identifie sur Internet. S'il sont poursuivis, leur fournisseur d'accès devra donner les coordonnées personnelles qui y correspondent.

Contrairement à ce qu'on a pu parfois lire dans la presse, c'est bien les internautes qui mettent à la disposition des autres les fichiers et non ceux qui téléchargent qui seront traqués par le système. La frontière entre les deux peut être ténue car dans la plupart des logiciels de peer-to-peer, dont c'est le principe même, un fichier téléchargé est automatiquement mis à la disposition des autres internautes sauf à modifier ce paramétrage par défaut.

La décision du Conseil d'Etat n'est pas un désaveu total pour la CNIL qui note que l'autorité "a reconnu l'illégalité du procédé d'envoi de messages pédagogiques". Sous cette jolie appellation, se cachaient des messages de menace que souhaitaient envoyer les éditeurs à tous les pirates pris en "flag" par le système, même ceux ayant partagé moins de 50 fichiers. Au mois d'avril, l'envoi de tels messages à des personnes ayant téléchargé illégalement le jeu vidéo Call of Juarez avait déclenché un tollé, y compris parmi les avocats.

La CNIL en standby

Nul ne sait pour l'instant quand ce système va être mis en place ni quelle évolution il peut connaîttre mais les choses pourraient évoluer rapidement. Après cette décision, la CNIL qui dit vouloir "garantir un juste équilibre entre la protection des droits d'auteur et celle de la vie privée des internautes" joue les bons élèves. Elle "prend acte" et rappelle son ouverture en rappelant qu'elle a autorisé le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs (SELL) en mars 2005 à mettre en oeuvre un traitement de lutte contre la contrefaçon sur internet. La Commission conclut en affirmant aspirer "à la reprise d'une relation constructive avec les organismes concernés". Elle indique à LCI.fr "attendre d'être de nouveau saisie".

De leur côté, ces organismes, les sociétés de gestion des droits d'auteurs comme la SACEM n'ont pas souhaité faire de commentaire mais avouent travailler à une nouvelle requête à adresser à la CNIL. Qui n'aura d'autre choix que de l'observer avec plus de bienveillance que la première...

Par Olivier Levard le 08 juin 2007 à 17:45
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26 Commentaires

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  • Matta, le 15/06/2007 à 13h18

    Penalise les internaute d amendes ou de prison n ai pas la solution avant toute chose il faudrais deja commencer par suprimer tout les sites de telechargements ex:emule;winmix; et j en passe commencer par le commencement et non pas penaliser les gens qui partages ils trouverons certainement des solutions pour les coincée mais les internautes trouverons aussi d autres soluce pour ne pas ce faire prendre en concequent c est un peu le chat qui ce mord la queu bref une histoire sans fin ou une autre solution pour prendre de grosses sommes d argent et punir les petit sans s attaquer au gros

  • Jose, le 13/06/2007 à 09h44

    Bonjour a tous : la les mecs il faut arrêter de pirater de la musique ,ils ont raisons vous tuer leurs commerces et leurs chanteurs qui sont obligeaient de fuir le sol français et partir en terre étrangère sans s avoir ce qui va leur arriver , j ai même vu des chanteurs être obliger de vendre des lunettes a la télé pour survivre,les pauvres

  • Alucard, le 13/06/2007 à 08h57

    Ce que l?état ne comprend pas c?est pourquoi nous téléchargeons, pourquoi nous préférons voire un screener plus tôt que d?aller au cinéma, pourquoi télécharger un jeu plus tôt que de l?acheter? Moi, je télécharge tout, musique, film, jeu, logiciel mais pourquoi? Je suis étudiant j?ai un petit job étudiant je vie seul et avec se que je gagne j?ai juste de quoi vivre et me payé une sortie de temps en temps, dans se cas la si je ne téléchargerai rien, je devrai rester confiné chez moi sans télévision, sans pouvoir écouté de la musique ou tout simplement jouer a quelque jeu parceque je n?ai pas les moyens de me les payer. Personnellement je ne demande que ça acheter un DVD d?un film que j?adore, ou un cd de mes groupes préfères mais c?est hors de prix, alors au lieu de traquer les personnes qui téléchargent il faudrait se demande pourquoi il le font et arrêter de dire que si l?industrie du disque ou du cinéma est en baise c?est a cause du téléchargement, c?est faux, car même si c?est cher et qu'un cd de mon groupe préférer sort je l?achète quand même (il faut que je vende un rein avant ^^). Pareil pour les jeux vidéo je ne télécharge que ceux que je n?aime pas trop, Command and Conquer 3 je l?ai acheté. Alors arrêter de nous "emmerder" avec ça et réfléchissez un peu au pourquoi du comment... Ce message et adressé au personne qui cherche des solutions contre le téléchargement "illégale". Même si ils ne le liront pas?

  • Mike, le 12/06/2007 à 10h37

    Serieus;les muscles,et pourquoi pas dorotte.on paye les fat a cou de fric,et on nai meme pas capable de seurfer,tranquille,et bien ont na qua toussent resillier nos contra.

  • Zorro, le 12/06/2007 à 03h36

    1 conseil DESSOSSER WINDOWS!!!+ firewall + FILTRESIP +PEERGUARDIAN+ BLOCKLISTMANAGER ==> et stop aux scanners de reseaux, aux ip flottantes, grace aux mises à jour journalieres

  • Rico, le 12/06/2007 à 03h32

    La CNIL ou les FAI, complices des sociétés privés travaillant pour les majors?? en effet comment 1 société privée a reussi à se procurer mon numero de téléphone à partir de mon IP sans mandat et sans procédure judiciaire en 2005??

  • Olivier, le 11/06/2007 à 16h49

    C'est toujours pareil en France c'est quand le truc prend des proportions énormes que tout le monde réagit! C'était au début du peer to peer qu'il fallait serrer la vis maintenant c'est trop tard le P2P c'est démocratiser et bon courage pour faire changer les habitudes des gens...

  • Albert, le 11/06/2007 à 12h33

    A Blandi et tous les autres : il existe aujourd'hui des dizaines de sociétés en France capables de savoir qui se trouve derrière chaque téléchargeur. Croyez bien que si le spoofing fonctionne pour leurrer des sites d'amateurs, ça ne fonctionne plus face à ces sociétés.

  • Pivot, le 11/06/2007 à 10h44

    Sous 'quelles' formes et non sous quels forme.....

  • Richard, le 11/06/2007 à 02h23

    Mais c magnifique tous ca a quand l interdiction de se preter des cd et dvd meme principe.quand je vois le fric que gagne les artistes franchement je suis pas inquiet de plus la french musique c bidon

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