Une vidéo de Jean-Yves Lafesse sur YouTube © DRL'humoriste Jean-Yves Lafesse mène depuis quelques mois une bataille contre les sites qui proposent gratuitement ses vidéos sur Internet. Son avocat, Alain de la Rochère du cabinet Bitoun, explique à LCI.fr les motivations des plaintes déposées contre MySpace, DailyMotion, ou YouTube. Il revient aussi sur la première victoire de l'artiste décrochée ce mardi contre MySpace, en référé, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.
LCI.fr : Qu'avez-vous obtenu de votre plainte contre MySpace?
A. de la R. : Nous avons obtenu l'interdiction de la page MySpace consacrée à Jean-Yves Lafesse, la reconnaissance de la responsabilité de MySpace en tant qu'éditeur, et sa condamnation à hauteur de 61 000 euros à titre provisionnel.
LCI.fr : Où en êtes vous de vos procédures contre les sites de vidéos sur Internet?
A. de la R. : Le retrait de nos vidéos a été obtenu en partie. C'est le cas sur Dailymotion depuis une semaine, alors qu'on nous expliquait que cela n'était pas possible. Sur YouTube et Google, ça n'est pas encore le cas. Nos plaintes seront étudiées à l'automne puis au mois de janvier prochain.
LCI.fr : Vous leur réclamez des millions d'euros. Comment justifiez-vous de tels dommages et intérêts?
A. de la R. : La Sacem - qui rétribue les artistes - voit son chiffre d'affaires baisser régulièrement. Cela prouve qu'il y a un énorme manque à gagner. Vous aviez 260 vidéos de Lafesse sur DailyMotion, et deux millions de vidéos vues en quelques semaines. Cela représente 6 DVD complets. C'est un manque à gagner colossal qui ne serait pas couvert par une centaine de milliers d'euros.
LCI.fr : Ne craigniez-vous pas, en attaquant des sites très populaires, de ternir l'image de Jean-Yves Lafesse?
A. de la R. : Je comprends votre raisonnement, mais Lafesse n'attaque pas ses fans mais des industriels qui commercialisent son travail sans le rétribuer. Je suis certain que les internautes le comprendront. Il est aujourd'hui un porte-drapeau et beaucoup d'artistes le suivront bientôt. Google - qui possède YouTube - est une société qui réalise 8 milliards d'euros de chiffres d'affaire par an et 4 milliards d'euros de bénéfice. Sans payer un seul euro aux créateurs qui lui rapportent des fortunes en publicité!
LCI.fr : Pour "survivre", Jean-Yves Lafesse doit donc leur faire la guerre?
A. de la R. : Lafesse est un artiste libre et sympathique. Il ne veut pas faire disparaître ces services qui sont l'avenir de la profession. Il ne veut pas les supprimer mais simplement continuer à exister. Car si rien ne change, Lafesse est menacé de ne plus exister commercialement.
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