Romain Sève, accidenté du jeu vidéo © Laurent SèveOn entend souvent que les jeux vidéo sont dangereux. Romain Sève peut confirmer. Cet étudiant lyonnais de 19 ans, en vacances au Japon, vient de se faire briser le bras par une borne d'arcade. Il n'était pas sa première victime : ces nouvelles machines de jeu de bras-de-fer installées dans des salles de divertissement du Japon ont déjà fracturé les bras de trois joueurs en moins d'un mois. Atlus, leur fabricant, vient donc de rappeler les 155 machines de l'archipel. Romain Sève raconte son aventure à LCI.fr.
LCI.fr : Que vous est-il arrivé?
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| Arm Spirit, la borne d'arcade à casser des bras |
Romain Sève : Je suis parti en vacances au Japon avec mon frère et un cousin pour y découvrir la culture du pays. Dimanche dernier, nous sommes allés dans une salle d'arcade Sega à Fukuoka, dans le sud. J'ai entamé une partie sur cette fameuse machine à bras de fer : Arm spirit. On y affronte différents personnages de mangas en luttant contre un bras en plastique. J'avais déjà fait les 3 premiers niveaux dans une salle d'Hiroshima et je voulais poursuivre ma progression.
LCI.fr : Ce que vous avez fait...
R. S. : J'ai continué avec les niveaux 7, 8, sans problème. Je me mesure donc au niveau 9. Alors que j'étais en train de battre le jeu, j'entends un bruit épouvantable : j'ai cru que j'avais cassé la machine ! En tournant la tête, j'ai ensuite vu mon bras qui pendait avec une grosse bosse au dessus du coude. Et là, j'ai commencé à avoir très mal !
LCI.fr : Comment avez-vous réagi?
R. S. : Je suis allé m'asseoir. Des enfants choqués me regardaient. Certains ont prévenu des responsables de la sécurité qui sont arrivés très vite. Heureusement, mon frère parle couramment anglais et un peu japonais. Il a pu leur expliquer la situation.
LCI.fr : On vous a ensuite conduit à l'hôpital?
R. S. : Les urgences m'ont pris très vite et les médecins japonais ont été très gentils. Ils étaient vraiment désolés, et présentaient leurs excuses à la nippone, un peu comme dans les films. Ils m'ont posé une attelle et m'ont expliqué qu'il fallait que je rentre en France au plus vite. Nous avons donc annulé la suite du voyage et je suis arrivé à Lyon mardi soir. En faisant une recherche sur Internet, mon frère a réalisé que la presse parlait de l'affaire et que deux autres personnes avaient été victimes!
LCI.fr : L'entreprise en question, Atlus, a réagi dans un communiqué en expliquant que les victimes en question se sont «un peu trop excitées» sur la machine qui n'offre pas une résistance particulière...
R. S. : Je ne suis pas fou au point de me faire casser le bras par un jeu d'arcade pour amuser la galerie! Et sans être Monsieur Muscle, je ne suis pas fluet. Les deux autres victimes étaient d'ailleurs plus âgées que moi. C'est vrai que le jeu n'est pas particulièrement difficile, le bras ne bouge pas mais, contrairement à un joueur humain, il ne faiblit pas et délivre une force constante.
LCI.fr : L'entreprise a-t-elle été correcte avec vous?
R. S. : Pour le moment, ils se sont platement excusés dans des mails. En Japonais et en Anglais. Ils ont également pris en charge toutes mes dépenses d'hôpital au Japon et se tiennent informés de ma situation, pour rembourser les dépenses médicales. Je viens de voir un chirurgien: il va falloir opérer car c'est une fracture irrégulière et je serais privé de sport pendant 6 mois.
LCI.fr : Vous allez leur demander des dommages et intérêts?
R. S. : Je voudrais qu'ils me remboursent les billets d'avion et les nuits d'hôtel que nous avons du annuler. Le service juridique de mon assurance va aussi prendre contact avec l'entreprise pour un dédommagement. S'ils refusent, on avisera. Mais comme me le dit mon frère qui a vécu au Japon, ils n'ont pas la culture du procès. D'ailleurs, moi non plus.
Retrouvez ici notre article sur l'impact de la console Wii sur la santé
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