La guerre électronique prise très au sérieux. © LCIOuvrir une structure de "cyber-commandement" pour faire face à des attaques informatique des pays ennemis. Facile ressort scénaristique pour relancer un série télé de science fiction militaire - à la Stargate SG1 -, en perte de vitesse? Point du tout. Cette structure bien réelle vient d'être lancée par l'armée de l'air américaine pour faire face à des attaques visant ses réseaux de communication numériques.
Cette décision intervient alors que le Pentagone a reconnu au début du mois être la cible de tentatives d'attaques informatiques provenant de "plusieurs pays". Selon la presse, les Chinois auraient lancé en juin dernier une opération de piratage visant le système informatique utilisé par le cabinet du secrétaire à la Défense Robert Gates (Voir notre article).
"L'espace virtuel est un domaine de guerre"
Ce nouveau commandement inédit, établi sur la base aérienne de Barksdale, en Louisiane, sera remplacé d'ici un an par le premier commandement permanent de l'armée de l'air entièrement dédié aux opérations de "cyberguerre". Cette structure "entraînera et équipera des forces de l'armée de l'air pour mener des opérations dans le cyberespace, en complément des opérations aériennes et spatiales", selon le général Charles Ickes.
"Nous devions prendre pied dans l'espace virtuel", résume le général à la retraite John Abizaid, ancien commandant pour le Moyen-Orient. "Du temps de Napoléon, la guerre était terrestre et maritime. Aujourd'hui, nous devons agir non seulement sur terre, mer, dans les airs et l'espace, mais aussi comprendre que l'espace virtuel est un domaine de guerre qui nécessite une attention et une vigilance constantes. Il ne suffit pas de le regarder", souligne-t-il. "C'est un domaine où il faut combattre".
Pas de pincettes
Les pirates peuvent en effet exploiter les failles des réseaux informatiques pour détourner de l'information, répandre des virus ou saturer ces réseaux en les inondant de données, dans le cadre d'un conflit armé, par exemple. Outre les Etats-Unis, et des pays d'Europe dont comme la France ou l'Allemagne, c'est l'Estonie qui a connu la série d'attaques la plus violente. Elle a accusé son voisin russe d'en avoir été le chef d'orchestre (Voir notre article).
Selon un rapport militaire américain, la Chine a commencé dès 2005 à intégrer des opérations informatiques dans ses exercices militaires. Pas en reste, les militaires américains avaient reconnu avoir mené des attaques électroniques contre la Serbie lors de la guerre du Kosovo. Ils ont depuis développé leurs efforts dans ce domaine parallèlement à des rivaux comme la Chine, tandis que Al-Qaïda se mettait à Internet pour recruter des membres et préparer des attaques.
L'état major américain ne prend plus de pincettes pour mettre en cause - au plus haut niveau - les pays pratiquant la guerre électronique. "Les services de renseignement étrangers chinois et russe figurent parmi les plus agressifs à l'égard des systèmes informatiques américains sensibles et protégés, des infrastructures et des projets de développement en cours", avertit le directeur du renseignement américain, Michael McConnell, "leurs efforts atteignent les niveaux pratiqués durant la Guerre froide".
Avec agence
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