Piratage : des mesures dans les trois mois

Par , le 05 septembre 2007 à 16h36 , mis à jour le 05 septembre 2007 à 18h14

La mission contre le piratage et pour le développement de l'offre légale de téléchargement se donne jusqu'à la mi-novembre pour aboutir à un accord.

Christine AlbanelChristine Albanel © DR

Nicolas Sarkozy avait promis ce "plan de sauvetage" "dans "les plus brefs délais". La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel fixe donc un calendrier très serré à la nouvelle  mission chargée de lutte contre le piratage. Elle lui demande de rendre son rapport à la fin octobre. Soit moins de trois mois pour agir.
 
Pour appuyer ce dispositif d'urgence, Christine Albanel assène ces statistiques : "En 2006, un milliard de fichiers de films et musique ont été piratés en France. Le marché du disque s'est effondré de 40% en cinq ans et a encore baissé de 20% au premier semestre 2007". Avant même ses orientations, c'est donc la volonté d'aller vite que l'on retiendra de la présentation de la mission "contre le téléchargement illicite et pour le développement des offres légales". Denis Olivennes, son président, souhaite d'ailleurs obtenir un accord applicable "dès la mi novembre".
 
"Mini-Grenelle"
 
La ministre a fixé deux objectifs à celui qui est aussi le président de la FNAC. Sa mission -  puisqu'il l'a acceptée - sera de  "défendre le droit des créateurs et offrir aux internautes l'accès le plus large possible aux oeuvres de l'esprit", selon les mots de Christine Albanel. Une mission "pas impossible" pour Denis Olivennes qui veut dans le débat sur le piratage "passer de la confrontation à la coopération".
 
Soutenu par trois experts - des mondes juridique, économique et "numérique" - il va pour cela réunir fournisseurs d'accès à Internet et ayants droit. Ils devront - ensemble - aboutir à un accord interprofessionnel aussi bien sur la répression du piratage que l'enrichissement de l'offre légale de musique et de films. Denis Olivennes prévient. Il ne s'agira pas d'un rapport "pour caler une armoire bancale de l'administration", pas non plus "d'une grande solution", mais de "quelques mesures pratiques". Pour qualifier l'esprit de ces discussions, le PDG de la Fnac, évoque un "mini-Grenelle". Aux premières loges, Pascale Nègre, le patron d'Universal (Voir notre interview) et Nicolas Seydoux, celui de Gaumont, l'écoutent attentivement.
 
Si ces négociations échouaient, la ministre de la Cuture prévient que "le gouvernement en tirerait des conclusions". En passant par la loi ?  Interrogée sur l'éventuelle émergence d'une "licence globale" à l'issue de ces discussions. Christine Albanel rappelle que c'est pour elle "une idée dangereuse  d'ouvrir grand les vannes sans savoir comment rémunérer les ayants droit". Elle lui préfère des "système forfaitaires encadrés" et salue sans le nommer le service de musique illimitée mis en place par Neuf, en partenariat avec Universal (Voir notre article).
 
Sanctions à l'étude
 
LCI.fr vous le révélait cet été (Voir notre article), de nouvelles sanctions contre les pirates récalcitrants sont bien à l'étude. En s'inspirant de "l'exemple américain", la mission pourrait convaincre les fournisseurs d'accès à Internet de brider la connexion de ceux qui téléchargent illégalement. Voire de suspendre purement et simplement leur abonnement Internet. Des mesures de filtrage pourraient également être mises en place pour empêcher utilisation des logiciels peer-to-peer, ceux qui permettent l'échange de fichiers pirates. Les internautes qui téléchargent légalement devraient en revanche tirer profit d'un développement de "l'interopérabilité", c'est-à-dire d'une compatibilité accrue entre les sites de musique en ligne et les différents baladeurs du marché.
 
"La répression, nous en sommes tous conscients, n'apporte pas toutes les réponses, il faut aussi proposer aux internautes une véritable alternative à la fraude", tempère Christine Albanel. Pour faire passer la mise en place d'éventuelles sanctions et expliquer plus en détails l'ensemble du travail de la mission - à savoir l'émergence d'une offre culturelle légale plus riche sur le Net - le ministère de la culture compte faire œuvre de pédagogie. Dans cette optique, Christine Albanel a promis de répondre à vos questions dans le cadre d'un prochain chat évènementiel sur LCI.fr .

Retrouvez ici l'interview de Pascal Nègre, patron d'Universal Music france.

Par Olivier Levard le 05 septembre 2007 à 16:36
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38 Commentaires

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  • Jeff, le 09/09/2007 à 02h29

    En Chine,je ne pirate rien,je loue ou j'achete CD (1,6 euro le double) et Dvd (0,4 euro) et suis ravi d'etre loin de France ou tout se grave et s'agrave.

  • David, le 06/09/2007 à 13h10

    Le jour où ces "politiques" comprendront que le piratage baissera quant ils baisseront les taxes qui explosent les prix des CD et des DVD, ils feront mieux qu'avec leurs nouvelles mesures. Ceci étant je comprends tout à fait le raz-le-bol des maisons des disques face à ceux qui publient les nouveaux albums et les nouveaux films avant leur sortie, ou peu de temps après.

  • Regis, le 06/09/2007 à 12h53

    En clair chers pirates, il vous reste au moins 3 mois pour remplir vos disques durs..... ca va pomper sec sur emule.... :-)))

  • Bob, le 06/09/2007 à 11h38

    Bien qu'allergique aux postures de l'industrie du disque et du gouvernement qui n'a pas l'air de comprendre les technologies actuelles, je trouve que les propos d'Albert de Paris ne sont pas dénués de fondement : sous prétexte que, techniquement, on PEUT pirater, cela deviendrait obligatoirement permis. C'est un peu le même raisonnement que tiennent ceux qui ont une grosse bagnole pouvant rouler à 300 km/h et qui justifient ainsi leurs excès de vitesse, malgré les limites en vigueur...

  • Rygar, le 06/09/2007 à 09h48

    Sa été prouvé par a + b que les sociétés ne sont pas en perte loin de là, ils n'ont pas su s'adapter au marché tout simplement. Donc qu'ils arrêtent de se plaindre un peut et de nous taxer. Il ne faut pas oublier que certain éditeur se font une bonne marge sur les sonneries pour portables, je ne suis ni pour ni contre le piratage, mais par moment sa permet de découvrir certain produit et de les acheter sans regretter par la suite. A quand une licence global ????

  • Sophie, le 06/09/2007 à 09h06

    - Enregistrer une chanson qui passe à la radio, j'ai le droit, la télécharger sur Internet je n'ai pas le droit. - Enregistrer un film qui passe à la télé j'ai le droit, le télécharger je n'ai pas le droit. Expliquez-moi la différence.....

  • John, le 06/09/2007 à 08h37

    Je pense sincerement que si les vente chute se n'est pas due au piratage (celui ci existe depuis bien longtemp a l epoque c'estait la copie des K7 etc...) mais la faute de la qualité de ce qui sort. la qualité des album et autre compile sont souvent pas terrible.

  • Jeanpierre, le 06/09/2007 à 06h48

    Pirater, c'est piquer le travail, le salaire d'un autre, ceci pour faire soi même des économies. Quant à la régularisation et à la justice...le temps que ça se mette en route !!!

  • Gls, le 06/09/2007 à 03h57

    Tele , internet , essence ,flicage constant et vive les vaches a lait ,vive l'argent facile ...!

  • Fmc, le 05/09/2007 à 20h40

    53.000 chansons , 850 films , je suis heureuz de dl sans payer car franchement les droits pour dalida ? Hein c'est pour qui ? Plus il y aura de repression et moins on aura envie d'aller payer des cd. Si les artistes ne le comprennent pas , ils vont finir sdf ou en Suisse

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