L'écologie enflamme le Web

Par , le 24 octobre 2007 à 16h29 , mis à jour le 24 octobre 2007 à 22h03

En quatre mois, le site du Grenelle de l'environnement a recueilli près de 15.000 contributions sur Internet. Ses adversaires aussi ont mobilisé sur la toile.

site grenelle environnement Le site du Grenelle de l'environnement appelait aux contributions des internautes © LCI / DR

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Site Internet, réunion avec des blogueurs, séance de questions / réponses dans l'univers virtuel Second Life avec la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, espace dédié sur YouTube... Les organisateurs du Grenelle de l'environnement n'ont pas lésiné sur les moyens pour exister sur la toile.
 
Avec un certain succès. Le site officiel du Grenelle a été visité par 350.000 internautes en quatre mois, une performance au pays des sites institutionnels pas réputés pour être franchement sexy. Plus impressionnant : près de 15.000 internautes ont pris la peine de jouer leur rôle d'e-citoyens en envoyant leurs idées à la demande du gouvernement.
 
En bouclant ces travaux la semaine dernière, Jean Louis Borloo, grand organisateur du Grenelle via son "super ministère" de l'environnement ajoutait une promesse aux remerciements de rigueur : "Comme nous nous y sommes engagés, vos contributions sur le net ainsi que celles faites au cours des débats en régions, des débats au parlement, compléteront les travaux finaux des réflexions des groupes de travail".
 
OGM et Pacte anti-Hulot
 
Alors Internet, coup de fouet pour le débat démocratique? L'idée est séduisante, d'autant que le Grenelle n'a pas mobilisé à sens unique. Sur la chaîne vidéo officielle sur YouTube, pro et anti-OGM échangent ainsi leurs arguments. Parfois sans nuance. Certains voient dans les organismes génétiquement modifiés une "solutions à la faim dans le monde", d'autres simplement "une des pires erreurs de l'espèce humaine".
 
Sur le Web, ceux qui sont hostiles au Grenelle lui-même ont su faire entendre leurs voix. Sur le site du mouvement, ils mobilisent et invitent à signer le "pacte anti-Hulot". Pour Paul Aries, apôtre de la "décroissance" et organisateur du "contre-Grenelle", ce pacte en ligne signé par plus de 5000 internautes est un "pied de nez" à "une écologie productiviste". S'il voit dans le Web "un outil parmi d'autres pour séduire un public plus jeune", ce professeur de sciences politiques se méfie d'un  "militantisme virtuel qui a tendance à tourner en rond". En prêchant auprès des convaincus.
 
Que restera-t-il des internautes?
 
Sans dénoncer l'ouverture du Grenelle officiel aux internautes, Paul Aries lui préfère la citoyenneté bien réelle, "la démocratie des meetings et des bulletins de vote" en mettant en cause la représentativité de l'e-democratie : "Cela concerne combien de citoyens?"
 
Que sont en effet 350.000 internautes rapportés aux soixante millions de Français concernés par l'environnement ? Que représentent les 80 personnages "virtuels" présents sur l'événement organisé avec Nathalie Kosciusko-Morizet dans Second Life?
 
La secrétaire d'état à l'écologie a bien insisté sur l'intérêt des contributions des internautes et leur capacité à faire évoluer le débat - en se mobilisant par exemple contre la "pollution sonore", un thème oublié par le Grenelle. Mais que restera-t-il de leurs contributions dans les décisions finales du gouvernement?  S'ils sont déçus, le recours à Internet risque de devenir une source de frustration. Un vulgaire gadget.
 
Cette menace ne fait pas encore peur tandis que tous les chantiers du gouvernement se mettent à l'heure du Net. Sur le site de la commission Balladur, un formulaire permet aux internautes de poser leurs questions aux sages qui planchent sur les institutions. Et s'ils ont de la chance, d'avoir droit à une réponse, en vidéo, de Jack Lang, Luc Ferry ou l'ancien premier ministre en personne. Un format sympathique mais très calibré.
 
Attali assailli
 
Le groupe de travail de Jacques Attali sur la croissance joue aussi à plein cette carte de l'interactivité et l'annonce en première page sur son site : "la commission examine et synthétise tous les jours vos contributions et vos propositions en vue d'une libération de la croissance française". Chaque thème, du pouvoir d'achat à l'école, est ici débattu dans des forums par des internautes qui laissent de nombreux commentaires.
 
Aux dires même de Paul Aries, les pourfendeurs de la croissance et autres adversaires de l'économie de marché sont d'ailleurs "surreprésentés" sur le site qui s'avère très ouvert, aps censeur pour un sou. Un internaute y brocarde ainsi une commission "think tank du libéralisme économique".
 
Internet semble alors reprendre le flambeau contestataire - tenu un temps par le  parti communiste - en s'imposant comme le moyen d'expression et de rassemblement d'une opposition radicale. Comme un porte-voix. Reste encore à prouver qu'il y a quelqu'un pour l'écouter.

Par Olivier Levard le 24 octobre 2007 à 16:29
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3 Commentaires

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  • Michael, le 25/10/2007 à 02h29

    Ce grenelle de l'environnement est une vaste fumisterie ! Rien ne bougera concrètement en France , warum ? Parce que les lobbies pétroliers genre Total , Elf ou EDF-GDF , Rhone poulenc ne vont pas lacher leur manne pétrolière comme celà , sinon , ils mettront la pression sur les politiques et ca risque de faire mal. Vous croyez que ces grands groupes vont se racheter une conduite en approuvant ce grenelle ? Vous vous mettez le doigt dans l'oeil , rien ne sera fait car ils mettront la pression sur nos politiques et c'est un écolo depuis 20 ans qui vous le dit

  • Stephane, le 24/10/2007 à 22h09

    Faudrait pas oublier le tabac dans les sources de pollution... 3 cigarettes = 10 diesel. le tabac c'est 66000 morts par an...

  • Martin, le 24/10/2007 à 18h42

    Certains internautes sont allés 10 fois sur le site du Grenelle. Il n'y a donc sûrement pas 350000 internautes qui ont participé.

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