Camille Mirey, tuteur au GameDevLab, teste une combinaison de Motion Capture © LCIKremlin-Bicêtre, à deux pas de Paris, sur le campus de l'Epitech. Avec 1600 élèves, c'est un des plus gros instituts de formation d'experts informatique en France. Les locaux en bordure du périphérique ne sont pas franchement sexy mais l'école a une particularité: tout l'enseignement passe par des projets concrets pour préparer les élèves à la vie en entreprise. Et puisqu'il n'y a pas d'heure pour travailler, elle est ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
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| Antoine et Salomon fignolent leur jeu : StickLand |
Meilleur exemple de cette pédagogie basée sur des projets : le Game Develoment Laboratory (Retrouvez son site ici).
Cette longue pièce en sous-sol - que les étudiants appellent simplement GameDevLab' - est tapissée de posters de jeu vidéo, à la manière d'une chambre d'ado. Avec une différence de taille. Ici, on ne se contente pas de jouer aux jeux vidéo, on en programme.
Combinaison truffée de capteurs
Encadré par des anciens qui ont créé leur propre entreprise, les étudiants ont constitué des groupes pour développer leurs propres jeux. Sans aucun impératif. Aujourd'hui, le Lab est en ébullition. Les élèves viennent de recevoir un équipement pour faire de la Motion Capture. Cette combinaison truffée de capteurs - un investissement de 7000 euros - leur permettra de donner des mouvements plus réalistes aux personnages de pixels qui peuplent leurs jeux.
Salomon et Antoine n'en auront pas besoin. Avec "StickLand", ils ont choisi de mettre le joueur dans la peau...de Dieu, modélisé par une simple boule noire. Dans ce jeu en réseau aux graphismes en 3D épurée chacun doit chercher à prendre la place du créateur. Et une fois cet objectif atteint, le joueur doivent utiliser toute la colère divine contre les autres pour conserver cette place tant convoitée :
Le concept est efficace : ils sont déjà en lice pour gagner un concours soutenu par Microsoft. A la clé, un kit de développement sur Xbox 360 qui leur permettrait d'adapter leur jeu pour le Xbox Live Arcade, et d'être donc téléchargeable par des millions de joueurs dans le monde.
Maths, physique et réseau
Alors, le développement de jeu vidéo, que du bonheur? "Quand on fait du jeu vidéo, on cherche à faire plaisir au joueur, à lui donner de l'adrénaline, mais derrière la 3D, il y a des maths, de la physique, du réseau...", explique Salomon. Soit toutes les disciplines de l'informatique "traditionnelle" mobilisées cette fois dans un objectif ludique.
Le GameDevLab' a de beaux jours devant lui. L'Epitech vient de signer un partenariat avec l'éditeur Ubisoft. "Nous sommes tous les deux gagnants", explique le directeur Nicolas Sadirac à LCI.fr. L'Epitech profite de l'expertise du leader français des jeux vidéo et Ubisoft peut repérer les futurs cracks du jeu vidéo pour étoffer ses équipes.
L'attrait pour le jeu vidéo permet aussi à l'école de recruter : "Au premier jour de l'école, 80% de nos étudiants se destinent à ce secteur", note Nicolas Sadirac. A la sortie, ils ne seront qu'un peu moins de 5% à aller vivre cette passion. Mais au GameDevLab', tous auront pu y goûter.
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