L'école du futur selon Bill Gates © TF1-LCIC'est bien connu, on trouve de tout sur Internet. D'où l'importance de savoir faire le tri entre le sérieux et le bidon mais aussi de savoir surfer sur la toile en évitant ses nombreux pièges. A ce titre, les jeunes qui ont toujours connu le web sont-ils mieux armés que leurs aînés ?
La Bibliothèque nationale du Royaume-Uni (British Library) et le Comité britannique des systèmes d'informations liés (JISC) ont justement voulu répondre à cette question. Une question de survie pour les bibliothèques "traditionnelles" qui sont confrontées à la concurrence d'Internet. Les jeunes nés après 1993, ceux qui ont "peu ou pas de souvenirs de la vie avant le web" et qui sont communément surnommés la "génération Google", ont la réputation d'être les surfeurs les plus compétents. Une idée reçue que font voler en éclat les résultats de l'étude britannique.
Rapides mais pas efficaces
"La culture de l'information des jeunes ne s'est pas améliorée avec un accès élargi à la technologie", pointe le document. Certes, les enfants du web effectuent leurs recherches plus rapidement que les autres. Mais cela signifie surtout qu'ils consacrent peu de temps à évaluer la qualité de l'information, sa pertinence, son exactitude. Par ailleurs, ils comprennent mal leurs besoins en informations, d'où une difficulté à mettre en place des "stratégies de recherches efficaces". Ils ont ainsi tendance à formuler leurs requêtes sur les moteurs de recherche en utilisant un langage courant plutôt qu'en "analysant les mots clés qui pourraient être plus efficaces". Face à cette avalanche de données, les ados impriment souvent des pages de résultats sur lesquelles ils ne font que jeter un œil, pour la forme.
"Les jeunes ont une carte mentale peu élaborée de ce qu'est internet", souligne l'étude. Ils ont souvent du mal à imaginer que le web est "un recueil de ressources en réseau issues de fournisseurs différents". Conséquence : Internet tend à se résumer pour eux à un moteur de recherche. Ils préfèrent la "solution simpliste" de Yahoo ou Google aux ressources proposées par les bibliothèques en ligne.
Tolérance zéro
Les bibliothèques doivent donc évoluer et tenir compte de ce nouveau comportement du public, pointe Lynne Brindley la responsable de la British Library. D'autant que la façon dont les jeunes effectuent leurs recherches sur le web, avec impatience et "tolérance zéro" vis-à-vis des délais de réponses, est désormais largement partagée par toutes les populations d'utilisateurs : écoliers, étudiants mais aussi enseignants.
Au-delà de l'amélioration du fonctionnement des bibliothèques et des outils de connaissance en ligne, c'est l'éducation des jeunes à la recherche de l'information qui doit être revue, pointe l'étude britannique. Car les écoliers d'aujourd'hui seront les salariés de demain.
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