© France TelecomChez Danièle, la soixantaine, le Minitel sert toujours. Elle a pourtant un ordinateur, connecté à Internet. Mais souvent, lorsqu'elle a besoin de connaître un numéro de téléphone, c'est vers le Minitel qu'elle se tourne. "C'est pratique, c'est plus rapide que d'allumer l'ordinateur", explique-t-elle. Et elle n'est pas la seule. Car si le nombre d'utilisateurs du Minitel a chuté de 90% entre 1996 et 2006, les services télématiques ont généré un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros en 2007. Sur les publicités, les adresses Internet ont pourtant remplacé les quatre chiffres emblématiques de l'ère du Minitel. En octobre dernier, c'est le service de la SNCF qui fermait ses portes. "Les ventes via le Minitel stagnaient depuis des années autour de moins de 1% des ventes totales", explique-t-on au sein de l'entreprise. "Le service est mort naturellement."
Le Minitel n'a pas encore dit son dernier mot
Alors qu'il devait disparaître fin septembre, France Télécom a décidé d'accorder neuf mois de vie supplémentaires au Minitel. Déconnexion prévue le 30 juin 2012, pour le bonheur des nostalgiques.
Publié le 21/07/2011
| Le Minitel rose a perdu 38% de son audience en 2006 |
Reste que le Minitel est sans doute plus facile à utiliser qu'Internet pour certaines personnes. "Le Minitel va tenir une place de plus en plus réduite dans la vie quotidienne des Français. Néanmoins, certaines personnes, de plus de 50 ans notamment, estiment le Minitel plus simple et plus sûr à utiliser que les outils plus modernes comme le micro-ordinateur connecté à l'Internet", assure une note du ministère de l'Economie. Chez les plus de 70 ans, le taux d'équipement des ménages a même augmenté entre 1996 et 2004. Mais ils restent une exception : moins de 12% des foyers français possèdent encore aujourd'hui un Minitel contre 18% en 1996.
"Le Minitel n'est pas mort"
Résultat : les entreprises sont loin d'avoir complètement abandonné ce moyen de communication. "Le Minitel n'est pas mort car il rapporte encore de l'argent", assure-t-on chez France Télécom. Certes, le nombre de services existants a considérablement chuté ces dix dernières années, passant de 25.000 en 1996 à environ 4000 aujourd'hui. Mais puisque les coûts de maintien de ces services sont faibles pour les entreprises, beaucoup d'entre elles continuent, en plus d'Internet, d'être présentes dans l'univers télématique.
| Pour L'Argus, un tiers des recettes hors journal vient du Minitel |
C'est le cas de la société éditrice de L'Argus de l'automobile, qui vend à ses clients la cote des véhicules d'occasion. "Notre objectif, c'est de permettre au plus grand nombre d'accéder à nos services", explique Jean-Claude Marcantonio, directeur opérationnel du groupe L'Argus. D'où, en plus d'un journal et d'un site Internet, une présence sur Minitel, sur lequel trois millions de personnes se sont connectées en 2007. Car si les recettes générées via ce support baissent de 30% chaque année depuis deux ans, un tiers de l'argent encaissé en dehors de la vente du journal provient encore aujourd'hui du Minitel, contre deux tiers d'Internet. "On arrêtera d'être présent le jour où France Télécom nous dira que ce n'est plus rentable", assure Jean-Claude Marcantonio, qui ajoute que son service télématique fait partie des cinq plus grosses audiences.
La mort du Minitel ne semble donc pas pour 2008. D'autant que France Télécom adapte ce moyen de communication aux nouvelles technologies. Emulateurs pour ordinateur, sites Internet à partir desquels il est possible de se connecter à tous les services télématiques. "Le développement de l'iMinitel est un frein à sa disparition", explique Jean-Claude Marcantonio. Mais même pour France Télécom, la mort du Minitel semble inéluctable à moyen terme, à l'exception peut-être des services aux professionnels. D'ici 2015, soit un peu plus de trente ans après sa création, ce symbole des années 1980 aura sans doute complètement disparu des foyers français. Et qui sait, peut-être qu'un jour les collectionneurs s'arracheront les terminaux à prix d'or. Aux enchères... sur Internet.
Le 3615 ULLA n'est pas mort |
Contrairement à ce que nous avons initiallement écrit dans cet article, le service de minitel rose 3615 ULLA n'a pas disparu. Bruno Bernier, directeur éditorial d'AGL, assure même que son entreprise réalise encore près de 30% de son chiffre d'affaires sur divers services télématiques. Veuillez nous excuser de cette erreur. |
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