Yahoo! Chine : capture écran © TF1/LCILes principaux portails internet chinois ont publié vendredi les photos des 19 manifestants les plus recherchés par la police après les émeutes de Lhassa il y a une semaine. Des portails, comme sina.com ou yahoo.com, diffusaient ainsi les portraits de ces hommes, réalisés selon la police chinoise lors des manifestations de vendredi dans la capitale tibétaine. Des clichés accompagnés d'une notice appelant le public à appeler la police s'il disposait d'éléments pouvant conduire à leur localisation.
Mais ces photos embarrassent Yahoo! : samedi, le groupe a démenti les avoir lui-même mises en ligne. "Contrairement à ce qui a été dit par des médias, Yahoo! n'affiche pas sur ses sites web d'images de personnes recherchées par les autorités chinoises en lien avec les récents troubles au Tibet", a affirmé le groupe dans un communiqué.
"Yahoo! a demandé des comptes à Alibaba"
Interrogé, un porte-parole de Yahoo en France, qui a requis l'anonymat, a confirmé que "des images (d'émeutiers, NDLR) ont été diffusées sur Yahoo! Chine". Tout en précisant que "la marque Yahoo! Chine est opérée par Alibaba, société dont Yahoo! détient moins de 40% des parts". Selon ce responsable, "Yahoo! a demandé des comptes à Alibaba et l'a interpellé pour comprendre ce qui s'est passé, et pourquoi ces images avaient été mises en ligne".
Dans son communiqué, Yahoo! "déplore l'utilisation d'internet pour supprimer la liberté d'expression" et souligne être "une compagnie basée sur le principe selon lequel la promotion de l'accès à l'information peut fondamentalement améliorer la vie des gens et leur relation au monde qui les entoure".
Ce n'est, malheureusement pour Yahoo!, pas la première fois que le portail internet a ainsi des difficultés liées à la politique chinoise. Yahoo! avait, notamment, déjà été mis en cause pour sa collaboration avec les autorités de Pékin dans le cas de deux dissidents chinois emprisonnés. Le portail internet avait, en particulier, fourni le contenu d'emails aux autorités chinoises et c'est notamment sur cette base que le cyber-dissident Wang Xiaoning avait été condamné à dix ans de prison en septembre 2003 pour "incitation à la révolte". L'affaire avait mis du temps à parvenir jusqu'aux Etats-Unis, mais elle avait finalement coûté cher en terme d'image à Yahoo! : une plainte avait été déposée en Californie contre le site au nom du journaliste Shi Tao, du blogueur et militant pro-démocratie Wang Xiaoning, ainsi que de l'épouse de ce dernier. Le cas était alors remonté jusqu'au Congrès, qui avait auditionné les responsables de Yahoo!, avant d'être réglé, en novembre dernier, par un accord amiable entre le groupe Internet et les avocats des dissidents chinois.
D'après agence
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