© Pierre-François Grosjean / France Télécom Y aura-t-il un quatrième réseau de téléphonie mobile ? Selon La Tribune, L'Elysée aurait décidé la semaine dernière l'abandon de la quatrième licence, même si les "les derniers arbitrages ne sont pas arrêtés", précise le quotidien. Pour justifier ce virage à 180 degrés, le gouvernement travaillerait à une solution alternative qui pourrait être annoncée dès cette semaine, à l'issue d'une réunion interministérielle. Le paquet de fréquences hertziennes de la 4e licence pourrait être mis aux enchères en plusieurs blocs, selon La Tribune, qui estime que Free, candidat à la 4e licence, pourrait se satisfaire de cette solution.
Ce revirement intervient alors que le Conseil d'Etat a rendu en février un avis favorable à l'étalement du paiement de la 4e licence mobile 3G, ouvrant ainsi la voie à un nouvel appel d'offres après le rejet par le régulateur des Télécoms, l'Arcep du dossier de Free. Or le groupe Iliad, maison-mère du fournisseur d'accès internet Free, qui avait été le seul à postuler sans obtenir gain de cause, faute de respecter les critères de qualification, avait précisément demandé un assouplissement des conditions, notamment un paiement annuel échelonné de la redevance. Cette quatrième licence aurait fait émerger un nouveau concurrent face aux trois opérateurs historiques : Orange, SFR et Bouygues Telecom.
"On ne peut pas laisser faire ça"
Pour l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, ce possible abandon serait "une très mauvaise nouvelle pour la concurrence". L'UFC se demande qui aurait les moyens d'acheter ces licences : "Orange, Bouygues et SFR, évidemment", avance-t-elle. Si ce scénario est confirmé, "ce serait la deuxième fois que le gouvernement plie sous le lobbying des opérateurs mobiles", après avoir renoncé à supprimer les forfaits avec un engagement de 24 mois."Cette décision serait purement politique", a indiqué Edouard Barreiro, chargé de mission sur les nouvelles technologies à l'UFC.
L'UFC affirme toutefois avoir reçu de source ministérielle l'assurance que "les arbitrages ne sont pas encore faits". L'association a indiqué ne pas avoir encore décidé ce qu'elle ferait en cas de d'abandon de cette 4e licence, mais assure que si cela se confirme, "il y aura des suites". "On ne peut pas laisser faire ça", conclut l'UFC.
Free candidat "plus que jamais"
"Plus que jamais nous sommes candidat à être quatrième opérateur et plus que jamais nous avons la certitude que le marché en a besoin", a déclaré Maxime Lombardini, directeur général du groupe Iliad, maison mère de Free.
Free pourrait malgré tout, dans un premier temps, se satisfaire de ne décrocher qu'un nombre limité de fréquences. En pratique, bénéficier de moins de fréquences ne signifie pas que l'opérateur va réduire la couverture géographique de son réseau mais qu'il devra restreindre le nombre de ses abonnés.
Ce démarrage en douceur aurait pour avantage de réduire les investissements nécessaires, estimés entre 1 et 1,2 milliard d'euros pour couvrir 90% de la population mais sans le coût de la licence (619 millions d'euros).
D'après agence
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