radionomy © TF1/LCIIls s'activent déjà depuis des semaines, dans le plus grand secret. Ils sélectionnent leurs jingles, dressent leurs playlistes, enregistrent leurs émissions. Ils sont les 150 premiers bêta-testeurs d'une nouvelle plate-forme web 2.0 : Radionomy. Et, depuis vendredi, ils diffusent leurs premières émissions. L'idée est simple... encore fallait-il la mettre en oeuvre : le site permettra bientôt à tout internaute de créer sa propre chaîne et de diffuser ses programmes dans toute l'Europe, promettent les fondateurs belges.
Outre un outil de programmation inspiré des professionnels, Radionomy met à disposition une bibliothèque de musiques, de jingles et d'enregistrements divers que les animateurs en herbe peuvent marier, triturer, mixer pour créer une antenne à leur image. Les rois du micros peuvent aussi charger puis diffuser leur propre discothèque et leurs propres émissions. En cela, le nouveau site ne fait que pousser un peu plus loin le concept exploré par RKST.org
De la techno à la belote coinchée
7000 candidats se seraient déjà faits connaître auprès de la jeune société belge. Parmi les pionnières, des radios musicales (rock, reggae, techno, country), des radios locales comme FMSoleil dédiée à Toulouse, des radios thématiques sur l'Europe, la belote coinchée, les séries TV, le clubbing, la culture japonaise, Paul McCartney, Second Life, ...
A la fin de l'année, l'équipe de Radionomy prévoit de proposer 4000 radios et toucher 150.000 auditeurs par jour. Fin 2009, année pendant laquelle les fondateurs espèrent atteindre l'équilibre financier, le nombre de radios devrait atteindre 20.000 pour une audience quotidienne de 850.000 personnes. Douze mois plus tard, les chiffres seront de 40.000 stations pour 1.950.000 auditeurs.
Partage publicitaire
Radionomy assure proposer dans ses librairies 60.000 titres de musique et plus de 600 séquences, chroniques, séries et autres reportages. Pour alimenter sa base de données, la société signe de nouveaux accords avec des producteurs professionnels. Parmi les contenus mis à disposition des programmateurs : des flashes info, de journaux sportifs et des bulletins météo acheté à l'agence Goodnews presse. Radionomy s'est aussi assuré le parrainage d'invités de marque. Le premier sur la liste est le rappeur français, d'origine camerounaise, Menelik qui prépare un nouvel album. Sa radio se nomme Bordelicious. Des discussions sont en cours avec les majors du disque.
Alors combien ça coûte ? Du temps et de l'imagination, à en croire les fondateurs. Non seulement, les morceaux de musique sont mis à disposition gratuitement mais en plus Radionomy supporte tous les frais, dont la bande passante et les droits d'auteur pour l'Europe. la question des droits a déjà été fatale à plusieurs acteurs : le site radio.blog.club.com est "entre parenthèses" faute d'avoir relever ce défi.
En contrepartie de la prise en charge financière des droits, les internautes doivent accepter la diffusion de publicité sur leurs ondes. Mais, promettent les Belges, les plus fortes audiences seront récompensées par une partage des recettes. L'outil existe, reste à trouver le concept qui fera de vous le RTL, le NRJ ou le France Info du Web.
| "Le partage de la pub, la bonne surprise !" | ||
Yves Baudechon, co-fondateur :Nous essayons d'attirer des gens qui feront de l'audience. Cela peut passer par des radios visant des niches très pointues, comme les amateurs de belote coinchée. Cependant, nous ne voulons pas décourager les radios personnelles qui ont pour unique auditeur leur créateur. Cela peut correspondre à un besoin : celui de se faire un programme sur mesure. LCI.fr : Comment sortir du lot quand on est un créateur parmi des milliers ? Y.B. : Nous allons aider les créateurs à faire leur promotion, en leur fournissant des e-flyers par exemple, et en optimisant leur référencement dans les moteurs de recherche de type Google. Les radios sont en écoute en streaming sur ordinateur mais nous développons des players exportables sur les blogs, les agrégateurs de type Netvibes et les sites communautaires comme MySpace ou Facebook. LCI.fr : Votre modèle repose sur la publicité. Les radios traditionnelles tirent leur épingle du jeu mais qu'en est-il des webradios ? Y.B. : La radio est un média bien connu des annonceurs. Ils savent que les audiences sont au rendez-vous et que les coûts de production des annonces sont moindres. Si le streaming est moins favorable à une écoute en voiture, dans la cuisine ou la salle de bain, il est idéal sur le lieu de travail. Pour l'annonceur, le client est devant son ordinateur, à un clic du site de la marque vantée par la publicité. Nous ne serons jamais au niveau indigeste des 12 minutes de publicité par heure que l'on trouve sur la FM. Nous nous limitons à 4 minutes par heure. Le parrainage de programmes courts est une autre piste envisagée. LCI.fr : Vous promettez de partager les recettes publicitaires avec les créateurs de radios les plus écoutées. A quelles conditions ? Y.B. : Nous tiendrons notre promesse. Nous devons encore définir le pallier d'audience à partir du quel nous partagerons nos recettes : il faut qu'il soit crédible. Mais cette perspective n'est pas la principale motivation des internautes. Nous leur apportons la possibilité de créer une radio sans frais techniques, sans se soucier de la bande passante ni de la légalité de leur démarche. Le partage des revenus ce sera la bonne surprise ! Propos recueillis par David STRAUS |
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