Frédéric Massy, Directeur Marketing Europe de l'Ouest © DRLa décision d'Adobe de sortir une version gratuite sur Internet de son célèbre logiciel de traitement d'images a fait sensation, mais a vite vu naître une polémique sur ses conditions d'utilisation. Frederic Massy, Directeur Marketing Europe de l'Ouest chez Adobe revient pour LCI.fr sur la nouvelle stratégie d'Adobe.
LCI.fr : Photoshop Express en lui même a été plutôt bien accueilli mais une des clauses d'utilisation du logiciel a déjà provoqué un tollé sur le Web. Les utilisateurs craignent qu'Adobe n'accapare les droits sur leurs photos. Vous allez faire machine arrière?
Frederic Massy, Directeur Marketing chez Adobe : Effectivement, cela a fait couler beaucoup d'encre. Nous avons donc annoncé que nous allions regarder de plus près cette clause pour l'assouplir et qu'on ne se trompe pas sur nos intentions. Nous ne cherchions pas à voler le travail des internautes! Cela prouve que nous avons encore beaucoup à apprendre sur ces nouveaux services mais c'est simplement un malentendu et il n'y avait bien sûr aucune volonté de nuire de la part d'Adobe.
LCI.fr : Quelle mouche vous a piqué de sortir une version gratuite sur Internet de Photoshop?
F. M. : Nous voyons Photoshop comme une famille de produits. Il y a la version que tout le monde connaît qui s'adresse surtout aux professionnels, graphistes et photographes, mais il y a aussi Photoshop Elements que nous adressons à tous les passionnés d'image qui font de la retouche comme un hobby. Le nouveau Photoshop Express s'adresse cette fois au très grand public, qui utilise beaucoup Internet notamment les sites communautaires comme MySpace ou Facebook où la photo tient une place de plus en plus importante.
LCI.fr : Ne craignez-vous pas que ce nouveau Photoshop cannibalise les autres versions du logiciel? En d'autres termes, que le proposer gratuitement ne vous pénalise financièrement?
F. M. : Pas du tout. On nous disait la même chose lorsque nous avons sort une version moins chère pour les amateurs et le marché s'est en réalité développé. Nous répondons simplement à un nouveau besoin de service de traitement et de partage d'images sur Internet.
LCI.fr : Mais en le proposant gratuitement, Adobe ne gagne rien alors que le développement d'une telle interface est forcément coûteux...
F. M. : C'est vrai que c'est un investissement conséquent mais nous ne partions pas de zéro, l'imagerie numérique est notre métier historique et c'est pour cela que cette première version est déjà très aboutie. S'agissant de notre modèle économique, nous n'avons pas pour objectif de le rentabiliser à court terme. Nous voulons d'abord populariser la plate-forme, faire connaître Photoshop.
LCI.fr : Et dans un deuxième temps?
F. M. : Il y a plusieurs moyens de monétiser un service sur Internet. La publicité, bien sûr, mais également l'abonnement payant, qui est particulièrement adapté aux professionnels. Il y a aussi les partenariats avec d'autres acteurs qui donnent lieu à un partage de revenus. Nous le faisons déjà avec une version allégée de Premiere, notre logiciel de montage, pour MTV ou YouTube.
LCI.fr : Comme de petits acteurs, Google vous concurrence avec Picasa qui pourrait se développer en devenant un clone de Photoshop. Cela vous inquiète d'affronter un acteur de cette taille?
F. M. : Non, un acteur unique ne va pas capturer le marché, sinon Google l'aurait déjà fait avec Picasa. Il n'est pas impossible que nous nous associons avec eux à terme, comme nous l'avons fait avec YouTube. Le mouvement vers les logiciels en ligne est un mouvement global de l'industrie et sur ce secteur, Photoshop est la marque la plus reconnue. Notre version professionnelle n'a pas vocation à se retrouver entièrement en ligne, ce ne serait d'ailleurs pas possible techniquement, mais elle va aussi progressivement recueillir de nouvelles fonctionnalités en ce sens.
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