Un enfant consulte Internet. © sxc.hu / DRAttaques électroniques, sites pornographiques, spam, pédophilie, virus... L'actualité d'Internet donne des sueurs froides aux parents qui souhaitent protéger leur progéniture - et leur matériel informatique - des débordements du Web.
Pour répondre à leurs angoisses sont arrivés les logiciels de contrôle parental. Sous ce nom un peu barbare se cachent des applications intégrées par les Fournisseurs d'Accès à Internet ou à installer sur le PC familial qui permettent d'empêcher les enfants d'avoir accès aux contenus en ligne.
A quoi ça sert ?
Les logiciels de contrôle parental ont trois principales missions. La première, c'est de jouer le rôle de garde-fou. Ils permettent d'empêcher les enfants et adolescents d'aller consulter des contenus pornographiques ou violents. Cela fonctionne au moyen de "listes" intégrées au logiciel et que les parents peuvent modifier. Si c'est une "liste blanche", elle limite l'accès à Internet à un certains nombre de sites inoffensifs préenregistrés spécialement conçus pour les enfants (Tfou, Disney, Gulli, Jedessine...) qui ne surfent alors que dans un univers fermé. La deuxième, plus adaptée aux jeunes adolescents, est une "liste noire", l'idée est inverse : l'accès à Internet est ouvert mais un certains nombre de sites sont interdits par défaut, et tous ceux qui contiennent des images ou des mots choquants sont automatiquement bloqués par le logiciel.
La deuxième mission est celle de "compteur". Elle permet de limiter l'accès à l'ordinateur familial à un certains nombres d'heures par semaines. Cela marche aussi bien pour Internet que pour les jeux vidéo. Les constructeurs de consoles de jeux l'ont d'ailleurs intégré à leurs dernières machines (Xbox 360, PS3 et Wii) qui permettent également d'interdire l'accès aux jeux violents.
La dernière mission qui rassurera les parents inquiets est celle de "mouchard". Toutes les opérations réalisées sur Internet en leur absence : sites visités, conversations dans des messageries instantanées (MSN, Yahoo Messenger...) et des sites de "chat" sont enregistrées scrupuleusement et peuvent être consultés à tout moment.
Certains logiciels vont même plus loin, comme le note le Forum des Droits sur Internet, mine de conseils pour les parents. "Ils proposent d'autres fonctionnalités, et permettent par exemple de contrôler l'utilisation, sur l'ordinateur familial, de certains logiciels (messagerie, logiciels de peer-to-peer...) ou la saisie de certaines informations" comme les données personnelles : adresses, numéros de téléphone ou de carte de crédit...
Est-ce que ça marche?
A leurs débuts, ils avaient une réputation de passoires. Mais les logiciels de contrôle parentaux ont fait des progrès dantesques ces dernières années : LCI.fr en a testé plusieurs qui remplissent plutôt bien leur fonction.
Deux associations notent les logiciels de contrôle parental. E-enfance qui établit un classement de ceux mis à disposition par les Fournisseurs d'Accès à Internet. Selon le dernier classement, en février, Numéricable et Orange tirent le mieux leur épingle du jeu pour protéger vos rejetons. Il y a deux ans, les FAI s'étaient engagés à fournir gratuitement cette protection à leurs abonnés.
S'agissant des logiciels additionnels à installer sur un PC, le site Filtra de Action Innocence recommande notamment les logiciels Parental Filter et FreeAngel. La plupart de ces applications, téléchargeables sur Internet ne dépassent pas les 40 euros.
La course à l'interdit
Si les parents peuvent ainsi se rassurer pour leurs plus jeunes enfants, un adolescent un peu astucieux aura pourtant vite fait de trouver des failles. Si les logiciels stoppent sans problèmes les requêtes comme "sexe" ou "violence" dans Google et leurs innombrables déclinaisons, lorsque l'on en vient au monde du web 2.0 (Blog, vidéos intégrées aux pages, podcasts...), ils montrent parfois leurs limites. A force de pérégrinations sur Internet, nous avons pu nous rendre sur des sites ou des vidéos pour le moins inadaptés à des enfants.
Mais certains adolescents vont beaucoup plus loin pour s'affranchir du contrôle parental. Le web regorge d'anecdotes sur le sujet, notamment sur les forums de parents, désemparés. Ici, un père américain qui se désole que son fils de 13 ans, petit génie de l'informatique, fasse démarrer le PC familial sur une clé USB pour s'émanciper totalement du logiciel. Là, une mère qui constate qu'il suffit à son fils de dégoter le contenu visionné par son... père et resté dans la mémoire de l'ordinateur pour dépasser les bornes. Et une autre qui découvre que sa fille a adressé des informations personnelles à un inconnu. Le logiciel a tout enregistré, mais rien empêché !
Sans parler de ces messages sur les forums informatiques qui font sourire "salu j'ai un probleme mon pere il a mit a un mot de pass pour le control parental et il sant souvient plus vous les vous me donnez une solution?". Si certains adultes répondent favorablement à ces requêtes, d'autres postent carrément des clips sur les sites de vidéo pour apprendre à tout un chacun à débloquer son cyber baby-sitter ou à permettre à sa console de lire des jeux vidéo réservés aux adultes.
Le héros de ces ados ? Un jeune australien de 16 ans. Tom Wood n'aura eu besoin que d'une grosse demi-heure, l'été dernier, pour faire sauter le filtrage anti-porno mis au point par le gouvernement pour les plus jeunes et lancé par le Premier ministre John Howard en personne. Le système avait coûté 50 millions d'euros au gouvernement et son détournement était indétectable...
Une seule solution : le dialogue
La plupart des psychologues s'accordent à dire que les logiciels de contrôle parentaux peuvent servir de partenaire aux parents pour protéger leurs enfants des dangers du net mais ne remplaceront jamais une relation de confiance dans la famille. "Aussi perfectionnés soient-ils, ces outils ne peuvent en aucun cas remplacer la vigilance des parents. Ils peuvent simplement offrir une sécurité supplémentaire, notamment pour les jeunes enfants", pointe le Forum des Droits sur Internet.
La dernière initiative est venue de MSN, le logiciel de messagerie de Microsoft demande désormais aux parents de valider, par mail, les nouveaux interlocuteurs à qui pourront parler leurs enfants. Belle idée, mais le système a connu un raté au démarrage comme l'a révélé ZDnet. Il oublie de bloquer les publicités et les enfants s'y voient proposer des liens vers des sites de rencontre... pour adultes.
Le Web est aujourd'hui partout, et rien n'empêchera un adolescent motivé d'y franchir les barrières de l'interdit. La plupart des nouveaux téléphones portables permettent d'ailleurs de se connecter à Internet. Les grands opérateurs ont réagi : SFR, Bouygues, et Orange proposent à leur tour des logiciels de contrôle parental adaptés au mobile. Les parades ne devraient pas tarder...
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