Albanel refuse un "flicage" des internautes

le 18 juin 2008 à 14h15 , mis à jour le 18 juin 2008 à 22h34

La ministre de la Culture a présenté mercredi en Conseil des ministres son projet de loi contre le piratage sur Internet.

Téléchargement piratage MP3 ordinateur

Christine Albanel a présenté ce mercredi en conseil des ministres un projet de loi visant à dissuader les internautes de télécharger illégalement des oeuvres. Né des accords de l'Elysée préparés par Denis Olivennes et signés le 23 novembre, et baptisé "Création et internet", le texte de la ministre de la Culture institue un mécanisme de "riposte graduée" envers les internautes pratiquant le téléchargement illicite de musique ou de films. Le texte crée ainsi une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet. S'ils constatent que leurs oeuvres font l'objet d'un téléchargement illicite, les ayants droit pourront saisir cette autorité administrative.

Cette dernière pourra alors se procurer auprès des fournisseurs d'accès les coordonnées de l'internaute en faute. Dans un premier temps, elle enverra des avertissements par courriel puis par lettre recommandée pour lui demander d'arrêter. S'il persiste, elle pourra passer à la phase de sanctions. En cas de manquements répétés, l'internaute risquera une suspension d'un an de son accès à internet. A moins qu'il n'accepte une transaction et s'engage par écrit à ne pas recommencer, auquel cas la coupure pourra être ramenée à quelques semaines.

Une "responsabilisation" des internautes

"Nous savons que nous n'allons pas éradiquer le problème du piratage à 100% mais nous pensons que nous pouvons le réduire significativement", a déclaré, lors d'un point de presse, Christine Albanel. "Si nous arrivons à faire baisser de 70% à 80% les actes de piratage, ce sera déjà considérable", a-t-elle poursuivi. Pour autant, son projet de loi ne constitue pas un "flicage" des internautes mais s'appuie sur une démarche de "responsabilisation", a-t-elle insisté.

Mais la possible suspension de l'accès à Internet suscite les critiques des opposants au texte. Le magazine spécialisé SVM a même lancé une pétition qui a recueilli 23.000 signatures, notamment celles des députés européens Vincent Peillon (PS), Daniel Cohn-Bendit (Verts) ainsi que des députés français Patrick Bloche (PS), Noël Mamère (Verts) ou Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République). Cette loi "va traquer les petits utilisateurs, ceux qui aiment la culture", déplorent les signataires qui jugent "disporportionnée" la mesure de coupure de l'accès à Internet. De son côté, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir estime que le texte  est "un projet monstrueux conçu par les marchands de disques pour leur intérêt exclusif". Actuellement, le téléchargement illégal se règle au pénal, le contrevenant risquant jusqu'à 300.000 euros d'amende et trois ans de prison.  

(D'après agence)

le 18 juin 2008 à 14:15
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