Stéphane Rives, bassiste du groupe "Desrives" "Pour les petits artistes, comme mon groupe, Internet est une incroyable fenêtre médiatique. Jusqu'à présent, les maisons de disques faisaient la pluie et le beau temps. Maintenant, les artistes qui explosent sur Internet ont un lien direct avec le public. Les maisons de disque n'ont pas la main sur le buzz que génère le web. Et ça, c'est favorable aux petits artistes. De plus en plus, la musique va se dématérialiser, et devenir gratuite, dans les 10 ans. Le CD va mourir. Allez, dans 5 ans, il n'y a plus de CD. Les majors n'ont rien compris, elles sont encore dans un vieux modèle économique. Désormais, les artistes vont devoir convaincre des sponsors d'investir dans la musique, de faire leur marketing, de cultiver leur réseau. Il faut accepter l'idée que tes albums soient sponsorisés. Aux Etats-Unis c'est parti, les artistes s'adossent à une marque, et ça ne choque personne. C'est un autre modèle économique. Ça ne veut pas dire pour autant que ça dénature la philosophie de l'artiste. A l'avenir, il serait tout à fait possible que je puisse développer mon album parce que je serais soutenu financièrement par une marque.
C'est une connerie de vouloir lutter contre le téléchargement. De toutes manières, ça existe, il faut l'accepter. Avec la loi anti-piratage, j'ai le sentiment qu'on essaie de se raccrocher aux dernières branches. Comme modèle pour l'avenir, j'imagine une forme d'abonnement global. Par exemple, grâce à ton abonnement à Free, tu auras Internet, télé, téléphone, radio, et tu téléchargeras la musique que tu veux." |