Eric Besson en président virtuel

Par , le 20 octobre 2008 à 12h46 , mis à jour le 20 octobre 2008 à 15h51

Le secrétaire d'Etat à la Prospective a remplacé au pied levé un Nicolas Sarkozy surbooké pour présenter le plan sur l'économie numérique qu'il a largement conçu.

Eric Besson présente le plan pour l'économie numérique le 20 octobre 2008Eric Besson présente le plan pour l'économie numérique le 20 octobre 2008 © LCI

"Apparemment, le président de la République ne boit pas quand il s'exprime", s'est désolé dans une boutade un Eric Besson assoiffé et en quête d'un verre d'eau à son pupitre. Nicolas Sarkozy avait renoncé lundi matin à présenter lui-même le "plan numérique 2012" français en raison de contacts avec ses partenaires européens sur l'organisation d'une conférence internationale sur la crise financière. Le secrétaire d'Etat à la Prospective l'a donc remplacé au pied levé pour présenter le plan qu'il a largement conçu. "Je demande donc à Eric Besson", s'est-il adressé à lui-même en fin de discours en lisant le discours du président de la République. Etrange numéro... 
 
L'annonce de ce plan avait déjà été reportée d'une semaine en raison de l'actualisté économique et financière chargée. Ce plan, "ambitieux", "peut et doit être un accélérateur de croissance", a affirmé Eric Besson, en estimant qu'il était "l'une des réponses à la crise".  Rappelant que "l'économie numérique est le principal facteur de gains de compétitivité des économies développées", il a rappelé qu'"en France, cet investissement est deux fois plus faible qu'aux Etats-Unis". Or, selon les économistes, "un doublement" de ces investissements  "représenterait un point de croissance supplémentaire", a-t-il noté.

Boire et surfer 

Nourri notamment de la réflexion menée lors des Assises du numérique, organisées de fin mai à mi-juillet, ce plan vise à permettre à "tous les Français" d'accéder à l'internet haut débit (contre 61% actuellement), une "commodité essentielle comme l'eau", selon Eric Besson. Aujourd'hui un à deux millions d'habitants en demeurent exclus, a-t-il rappelé. A compter de 2010, chaque Français disposera ainsi d'"un droit opposable" pour bénéficier "d'un accès à internet haut débit à un tarif abordable, inférieur à 35 euros par mois".

Pour les établissements scolaires, où le taux d'équipement est jugé "insuffisant" (huit ordinateurs pour 100 élèves en primaire), le secrétaire d'Etat a annoncé l'installation de "400 cyberbases sur cinq ans" et le "développement progressif de classes équipées".

TNT pour tous 

Dossier-clé, le passage à la TNT (télévision numérique terrestre) débutera en 2009 dans la région de Cherbourg et en Alsace, puis s'étendra progressivement aux autres départements et régions. L'extinction de l'analogique sera effective le 30 novembre 2011. Les fréquences hertziennes libérées, appelées "dividende numérique", seront partagées entre la radio, l'audiovisuel et les services d'accès à internet haut et très haut débit. La procédure d'attribution sera organisée en 2009.

Quant à la quatrième licence de téléphonie mobile, convoitée notamment par le fournisseur d'accès à internet Free (Iliad), candidat malheureux en 2007, Eric Besson a indiqué qu'"un appel à candidatures sera(it) lancé au premier trimestre 2009". "Les critères de concurrence favoriseront en particulier les candidats, nouveaux entrants ou opérateurs déjà en place, qui proposeront les meilleures conditions aux opérateurs mobiles virtuels" (MVNO), a-t-il ajouté. "Il ne s'agit donc ni d'imposer, ni d'exclure un quatrième opérateur", a affirmé le secrétaire d'Etat, alors que des informations de presse ont fait état d'un abandon de la quatrième licence mobile.

Parmi les autres mesures, détaillées dans l'après-midi : la mise en place d' "ambassadeurs du numérique" pour inciter les PME à utiliser internet ou encore la création d'une carte d'identité électronique, "outil ultra-sécurisé" qui permettra "de prouver sans faille" son identité sur le Web.

Albanel colère mais confiante

La ministre de la Culture Christine Albanel a regretté lundi "l'effet de brouillage" provoqué par un amendement du Parlement européen sur la liberté des internautes mais a affirmé ne pas avoir d'"inquiétude" sur la possibilité pour Paris d'adopter son texte anti-piratage. Le projet de loi "Création et internet" commencera son parcours parlementaire le 29 octobre au Sénat. Ce texte prévoit la création d'une haute autorité administrative chargée de dissuader les internautes de télécharger illégalement des oeuvres, d'abord en leur envoyant des avertissements, puis en suspendant provisoirement leur abonnement à internet. Fin septembre, les eurodéputés ont inclus dans "le paquet télécom" un amendement déposé par le député socialiste Guy Bono stipulant qu'aucune restriction aux droits et libertés des internautes ne peut être imposée sans une décision judiciaire préalable.

 

Par Olivier Levard le 20 octobre 2008 à 12:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience