Les hôtesses du salon Ceatec, au service de la technologie et des appareils photos visiteurs du salon © LCI.fr / O. LevardAdorées ou méprisées, elles sont les vestales de l’industrie électronique japonaise. Les hôtesses du Ceatec, des jeunes filles d'une vingtaine d'années, sont omniprésentes dans les allées du plus grand salon high-tech du Japon. Représentantes des marques qui exposent ici, elles sont la seule présence féminine dans la fourmilière d’hommes d'affaires en costumes sombres qui sillonnent les stands à la recherche d'appareils technologiques dernier cri et d'improbables prototypes .
Barbarellas en bottines de skaï ou nymphettes en robes de soirée et talon hauts, elles incarnent une vision fantasmée de la femme japonaise, connue en France à travers les mangas. On imagine sans mal une armée de nos Chiennes de garde venir les libérer - à leur corps défendant ? - au nom d'une internationale féministe.
Photographes et regards déplacés
Ces Annies Pujol du XXIe siecle remplissent leur rôle avec un sens du devoir accompli. Leur première mission est d’attirer les visiteurs vers leurs stands, tâche qu’elle acquittent par de petits interpellations stridentes et enjoués. Brèves expressions japonaises bien obscures pour les visiteurs européens mais qui correspondent sans doute à des "Bienvenue chez Sony", "Par ici monsieur", "Regardez-moi ça", et autres "Ne ratez pas ceci".
Barbarellas en bottines de skaï ou nymphettes en robes de soirée et talon hauts, elles incarnent une vision fantasmée de la femme japonaise, connue en France à travers les mangas. On imagine sans mal une armée de nos Chiennes de garde venir les libérer - à leur corps défendant ? - au nom d'une internationale féministe.Photographes et regards déplacés
Ces Annies Pujol du XXIe siecle remplissent leur rôle avec un sens du devoir accompli. Leur première mission est d’attirer les visiteurs vers leurs stands, tâche qu’elle acquittent par de petits interpellations stridentes et enjoués. Brèves expressions japonaises bien obscures pour les visiteurs européens mais qui correspondent sans doute à des "Bienvenue chez Sony", "Par ici monsieur", "Regardez-moi ça", et autres "Ne ratez pas ceci".
Plus surprenant. Les plus jolies d'entre elles provoquent des attroupements de photographes, pros et amateurs, devant lesquels elles prennent la pose en offrant un sourire enjôleur, feignant d'ignorer regards et remarques parfois déplacés. Elles offriront le même sourire - vraiment forcé cette-fois - à celui qui ne les lâchera pas, demandant avec insistance un numéro de téléphone.
Que de cadeaux
Si leur entousiasme ou leurs tenues sexy aux tons vifs ou argentés ne suffisent pas, elles peuvent compter sur les goodies (cadeaux) qu’elles distribuent à tour de bras pour attirer les réfractaires. Poupées Hello Kitty aux couleurs de Microsoft, balles anti-stress, stylos lumineux, divers gadgets électroniques et cactus (oui, cactus) sont offerts aux visiteurs qui feignent d'écouter les explications des industriels ou acceptent de remplir un petit questionnaire.

Déjà vu chez Albator
Une fois leurs proies sur la moquette du stand, la deuxième étape consiste à attirer le chaland vers les produits. Les hôtesses multiplient pour cela, sans aucun signe apparent de lassitude, les regards émerveillés et gestes incitatifs vers le lecteur Blu-Ray, le téléviseur ultra-plat, ou le téléphone portable tactile de leur employeur... Les plus malchanceuses devront s'appuyer langoureusement contre une pile de serveurs sans âme ou un monticule de semi-conducteurs, en encourageant les photographes en plissant les yeux.
Une fois leurs proies sur la moquette du stand, la deuxième étape consiste à attirer le chaland vers les produits. Les hôtesses multiplient pour cela, sans aucun signe apparent de lassitude, les regards émerveillés et gestes incitatifs vers le lecteur Blu-Ray, le téléviseur ultra-plat, ou le téléphone portable tactile de leur employeur... Les plus malchanceuses devront s'appuyer langoureusement contre une pile de serveurs sans âme ou un monticule de semi-conducteurs, en encourageant les photographes en plissant les yeux.
Celles qui s'en sortent le mieux peuvent tromper leur ennui en participant à de petites saynètes d’une dizaine de minutes où elles mettent en scène leur produit. Ces démonstrations se font en musique et dans de petits décors futuristes, des lofts épurés ou tunnels d'écrans dignes d'un film de Soderbergh ou d'un épisode d'Albator. Viennent parfois les rejoindre pour l’occasion des garçons très propres sur eux et rasés de près, le plus souvent vêtus de blanc. Pendant les pauses, car elles en ont, le visiteur les surprend en train de partager un fou-rire à l'abri des regards et de leurs collègues masculins. Car, pas question de se mélanger, les salles de détente ne sont pas mixtes.
L'angoisse de Shakespeare
Sur les stands, le personnel des entreprises est prompt à prendre le relais pour informer les visiteurs quand le savoir des hôtesses n'y suffit plus. La plupart de ces démonstrateurs ne sont pas anglophones. Une demande d’information dans la langue de Shakespeare suscite une vive inquiétude chez votre interlocuteur qui, tout en se confondant en excuse dans un anglais hésitant, fera en sorte de trouver la personne qui pourra répondre à votre question, en appelant fébrilement à l'aide sur un talkie-walkie. Cette crainte de faillir, de décevoir, un sentiment mêlé de panique et d’embarras, est omniprésente au Japon face aux étrangers, que ce soit à l’hôtel et dans les magasins.
L'angoisse de Shakespeare
Sur les stands, le personnel des entreprises est prompt à prendre le relais pour informer les visiteurs quand le savoir des hôtesses n'y suffit plus. La plupart de ces démonstrateurs ne sont pas anglophones. Une demande d’information dans la langue de Shakespeare suscite une vive inquiétude chez votre interlocuteur qui, tout en se confondant en excuse dans un anglais hésitant, fera en sorte de trouver la personne qui pourra répondre à votre question, en appelant fébrilement à l'aide sur un talkie-walkie. Cette crainte de faillir, de décevoir, un sentiment mêlé de panique et d’embarras, est omniprésente au Japon face aux étrangers, que ce soit à l’hôtel et dans les magasins. La foule des visiteurs est le plus souvent vêtue d’un costume strict et marche d’un pas pressé. La plupart sont des hommes d’affaires du secteur, du jeune cadre aux très dignes patrons des plus grands groupes japonais. Les autres sont des étudiants et des journalistes. La presse japonaise est avide de high-tech et les caméras sont nombreuses. Le succès du salon est croissant mais les journalistes étrangers sont encore rares, leurs collègues nippons les interviewent volontiers pour savoir ce qu'ils viennent faire ici. A l'affût des dernier gadgets, une poignée de blogueurs technophiles venue des quatre coins de la planète répand la bonne parole du salon sur le Web.
La politesse règne mais les sourires et conversations animées sont rares, sobriété oblige. Au coin cigarettes, sorte de cage de verre enfumée d'une vingtaine de mètres carrés, les échanges sont plus fréquents et semblent témoigner de la complicité des fumeurs dans cet air vicié que leur impose ceux qui s'abstiennent. Cela aurait été l'endroit rêvé pour décrocher les confidences d'une de ces hôtesses. Sont-elles d'apprenties mannequins, des étudiantes désargentées, ou une caste élevée dans le plus grand secret ? Le mystère demeure : les hôtesses ne fument pas.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





