Dédé, le flic de l'UFC-Que Choisir © UFC"J'ai l'immense plaisir de t'annoncer qu'il y a 72 heures, tu t'es fait flasher à 9072 kbit/s en train de télécharger, illégalement, de la musique sur Internet". Ce message d'alerte au téléchargement illégal n'est pas celui de l'Hadopi (1), mais celui de Dédé, le flic déjanté que l'UFC-Que Choisir a crée sur le web pour dénoncer les mesures du projet de loi antipiratage actuellement à l'étude au Parlement.
L'association de défense des consommateurs, tête de proue des contestataires du projet, a choisi l'humour pour faire passer son message. Sur ca-va-couper.fr/, elle explique à sa manière à ceux qui n'ont pas le temps (ou l'envie) de se plonger dans les méandres du projet de loi, le principe de la riposte graduée prévue par le texte. Dans quatre vidéos, Dédé le flic menace, envoie lettres recommandées, coupe la connexion ADSL à la hache puis met le feu au panneau électrique d'un abonné, avant de se rallier à la "cause" de l'UFC, en retournant sa veste. Au-delà de l'aspect humoristique du site, l'association dénonce plus sérieusement (ici) un texte qu'elle estime en grande partie "répressif" et "liberticide" et propose une foire aux questions destinée à éclairer les internautes sur les conséquences néfastes, selon elle, du projet de loi.
Albanel propose "dix idées fausses sur le projet"
Malgré l'opposition de l'UFC, le texte a pourtant reçu l'avis positif de la plupart de la classe politique. A une très large majorité, les sénateurs de la majorité et de l'opposition votent une à une les dispositions du texte. "On a entendu beaucoup de choses sur cette loi. Je pense qu'elle rencontre une profonde adhésion : les sénateurs, tous corps confondus, ont bien pris conscience de la situation actuelle au préjudice pas seulement des grandes majors, mais aussi des petites sociétés indépendantes de la musique et du cinéma", estime la ministre de la Culture, Christine Albanel.
Avant de sortir, non pas la hache, mais les lettres recommandées et les coupures, la ministre joue à fond la carte de la pédagogie. Son ministère a lui aussi lancé un site internet jaimelesartistes.fr, une campagne de sensibilisation des jeunes sur les conséquences du téléchargement illégal pour les artistes et les métiers de la culture, avec notamment une rubrique sur les "dix idées fausses sur le projet" de loi. Deux sites à éplucher attentivement avant de se faire son propre avis...
(1) La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l'internet qui sera chargée de surveiller les téléchargements illégaux et d'envoyer des messages d'avertissements aux internautes.
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