Facebook, MySpace : ce qu'ils vous préparent

Par , le 10 décembre 2008 à 18h40 , mis à jour le 10 décembre 2008 à 19h00

Prochaine étape pour les réseaux sociaux : investir les mobiles et étendre à toute la toile leur concept du "groupe d'amis", dans l'espoir d'améliorer leur rentabilité.

MySpace et Facebook parient sur le mobileMySpace et Facebook parient sur le mobile © LCI / DR

Facebook-MySpace, MySpace-Facebook, dans les couloirs du Web'08, la grand-messe des pontes d'Internet  à Paris, on n'entend parler que d'eux. En 2008, toute discussion sérieuse sur l'avenir du Web commence par un échange sur les deux réseaux sociaux rois, à croire que tenter de bifurquer trop vite sur les projets de Google, Dailymotion, ou Netvibes ferait de vous un ringard en moins de temps qu'il ne faut pour cliquer sur une souris.
 
Les grands chamans du Web social ont d'ailleurs fait le déplacement. Travis Katz est de ceux là. Le patron international de MySpace le confie à LCI.fr, l'avenir de son réseau d'amis sur le Web peut se résumer "en trois grandes lignes" :  "La première, c'est la personnalisation, nous allons vous permettre de faire du Web un espace toujours plus personnalisable où les informations qui vous intéressent viennent directement à vous, la deuxième, c'est qu'Internet va devenir plus mobile et que vous pourrez retrouver toutes les fonctionnalités de MySpace sur les téléphones, et la troisième, c'est l'aspect collaboratif".
 
MySpace iPhone, MySpace Blackberry
 
Sans surprise, Travis Katz distribue sur ces trois tableaux les bons points à son réseau alors que MySpace lutte avec Facebook - qui le devance désormais - pour la première place du business des réseaux sociaux. MySpace est selon lui "loin devant" sur le volet de la personnalisation de son espace personnel et son site pour portables (m.myspace.com) serait le "tout premier" sur le Web mobile. Il permet depuis quelques jours de diffuser des vidéos personnelles et les versions iPhone et BlackBerry proposées en téléchargement cartonnent depuis leur lancement. Elles permettent notamment de télécharger en un clic toutes les dernières photos de son groupe d'amis.
 
Pour financer ces derniers développements, les réseaux sociaux peuvent compter sur la publicité, malgré la crise. Leur avantage,  pour Travis Katz, est de pouvoir proposer aux annonceurs une publicité plus ciblée qu'ailleurs. Chez MySpace, cela s'appelle l' "hypertargetting" -que l'on peut traduire par le barbare "hyper-ciblage" - et cela fonctionne en utilisant les informations que vous avez saisies sur votre profil. Si vous êtes fumeur, le site peut ainsi vous proposer des patches anti-tabac, si vous venez d'accueillir un nouveau venu dans la famille, une publicité pour la dernière couche anti-fuite s'affichera sous vos yeux. A noter que le lancement de cette offre en France n'est pas encore prévue, la question du  respect de la vie privé des internautes étant chez nous très épineuse.
 
MySpaceID contre Facebook Connect
 
Au chapitre du "collaboratif", la grande tendance, c'est que les réseaux sociaux et leur concept indissociable de "groupe d'amis" vont peu à peu contaminer l'ensemble du Web. Chez MySpace, qui travaille étroitement avec Google, cela s'appelle MySpaceID. Pour Travis Katz, cela permettra d' "emmener son MySpace partout sur le Web" et de rendre ainsi "tout Internet plus social". C'est un "Internet sans frontières", résume-t-il.
 
Chez l'ennemi historique, la fonctionnalité est baptisée Facebook Connect. Dave Morin, chef-développeur chez  Facebook décrit à LCI.fr "cette toute dernière évolution de Facebook" comme "permettant à chaque utilisateur de se connecter au réseau social depuis n'importe quel site partenaire et d'y emmener ainsi ses amis". Sur un site d'information comme LCI.fr, cela vous permettra de commenter avec votre meilleur ami un article qui vous fait réagir. Chez un marchands de livres comme Fnac.com, vous pourrez en théorie y voir les ouvrages que vos amis viennent d'acheter en ligne. A condition que ces sites rejoignent "Facebook Connect" et que les membres de votre réseau acceptent que leurs informations personnelles vous soient communiquées. Ce qui n'est pas gagné...
 
Tout ça pour quoi ? "Ces fonctionnalités permettront aux gens de passer encore plus de temps sur notre réseau, et plus ils y passent du temps plus cela nous rapporte," résume Travis Katz en businessman avisé. Le temps, c'est de  l'argent :  finalement, rien ne change...
 

Par Olivier Levard le 10 décembre 2008 à 18:40
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4 Commentaires

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  • MAMOU, le 11/12/2008 à 22h48

    Quand on pense que les Française ne veulent pas subir des contrôles d'identité pour leur sauvegarde, je reste muette devant le déploiement qu'ils pourront faire de leur vie priivée et personnelle sur le net....peut être que derrière la toile ils se croient à l'abri...le virtuel ça renfloue l'intelligence... comment peut on permettre cela juste pour du fric.

  • Jannot, le 11/12/2008 à 12h34

    "la question du respect de la vie privé des internautes étant chez nous très épineuse." On est vraiment des empécheurs de tourner en rond, ne pas se déculotter pour permettre à ces gentils entrepreneurs de gagner plus d'argent. Quoi que, si un matin je reçois une pub pour du Viagra, après avoir couché avec ma copine, le message aura le mérite d'être claire...

  • Cay, le 11/12/2008 à 10h12

    Chez MySpace ils seraient les derniers pas encore au courant que leur réseau est le plus ringard et le plus délaissé par ses membres ? La personnalisation a rendu ce site brouillon, illisible, digne des pages persos Multimania en 98 avec des gifs animés dans tous les sens et des pages de 20 scrolls de hauteur.... si ça c'est l'avenir du web, on est mals.... Loin de moi l'idée d'encenser Facebook, mais il faut quand meme bien avouer que MySpace a fait son temps. Je ne les vois vraiment pas remonter la pente en 2009.

  • DanielC35, le 10/12/2008 à 23h08

    Vivons heureux, vivons cachés. Informaticien de métier, je n'adhère à aucun de ces réseaux. J'ai mis 6 mois à me débarrasser des traces de mon nom sur Google (pseudo le plus couramment utilisé, nom prénom de ma véritable identité). Ceux qui poussent des cries d'orfraies vis à vis des dispositifs de fichier policiers et judiciaires sont hélas les mêmes que ceux qui adhèrent à ces réseaux sociaux virtuels ; Ces mêmes qui crient haro sur le fichage policier fournissent parallèlement aux espaces "sociaux" leurs identités, leurs habitudes, renseignements intimes, etc. Ces mêmes qui revendiquent "1000 amis" (virtuels), mais incapable de découvrir les vraies relations humaines au sein d'une association. Et ne sachant plus depuis longtemps dire bonjour au voisin de pallier...

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