Les majors françaises retirent leurs verrous anti-copie

le 17 janvier 2009 à 11h36 , mis à jour le 17 janvier 2009 à 11h40

Après EMI et Warner, Universal et Sony Music ont annoncé vendredi qu'elles renonçaient aux verrous numériques sur leur musique vendue en ligne.

téléchargement piratage ordinateur clavier piratageImage d'archives © TF1

Avec cette décision, les majors françaises espèrent stimuler le marché du téléchargement légal. Universal et Sony Music ont annoncé vendredi qu'elles renonçaient aux verrous anticopie sur leur musique vendue en ligne.
 
Ces décisions en chaîne suivent une annonce cruciale faite le 6 janvier aux Etats-Unis par Apple, leader mondial de la vente de musique en ligne, qui a provoqué un effet domino chez les majors. Le géant américain va supprimer d'ici fin mars les verrous numériques (DRM) de la musique vendue sur sa plateforme iTunes, en vertu d'accords avec les maisons de disques. Les morceaux pourront être lus sur tous types d'appareils et non plus uniquement les baladeurs iPod d'Apple. Le maintien de ces verrous par les majors sur les plateformes françaises, à commencer par les deux principales, Fnacmusic et Virginmega, n'aurait eu guère de sens après leur suppression sur iTunes, le leader du marché.
 
Le projet de loi "Création et internet"
 
Ces verrous, auxquels l'industrie du disque tenait beaucoup il y a quelques années, ont pourtant souvent été vus par certains comme un frein au décollage du téléchargement légal et à son peu de poids face au piratage. Ils empêchent en effet que les morceaux achetés soient indifféremment lus sur tous les types d'appareils (ordinateurs, différents baladeurs, dont la vedette du marché, l'iPod) et limitent le nombre de copies. A contrario, cette maniabilité est permise par les sites dits "pirates".
 
Pour les majors, le retrait des verrous est aussi une manière de mettre la pression sur les pouvoirs publics afin d'obtenir au plus vite l'adoption de la loi antipiratage des oeuvres culturelles sur internet. Ce projet de loi "Création et internet" a été adopté par le Sénat et doit désormais passer devant l'Assemblée nationale. Les producteurs, qui l'attendaient déjà l'an dernier, espèrent qu'il puisse être examiné par les députés en mars au plus tard.
 
Une chute de 15% en 2008
 
Après les annonces d'Universal et Sony Music, la ministre de la Culture a estimé dans un communiqué que "la balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics". Christine Albanel rencontrera la filière musicale dimanche à Cannes lors de l'ouverture du Midem, son grand rendez-vous annuel. En supprimant les DRM, les majors ont anticipé la mise en oeuvre d'engagements pris dans le cadre des accords Olivennes, signés en novembre 2007 à l'Elysée et qui ont donné naissance au projet de loi.
 
Le marché de gros de la musique en France a chuté de 15% en 2008 (600 millions d'euros). L'effondrement des ventes de CD est toujours loin d'être compensé par les ventes numériques (70 M EUR sur les 600 du total).
 

(D'après agence)

le 17 janvier 2009 à 11:36
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