Capture écran du site Facebook © DRComme certains ministres Français, Facebook aurait bien besoin d'un médiateur. En urgence. Face à la colère de dizaines milliers d'internautes, le réseau social le plus populaire de la planète vient en effet de revenir en toute hâte sur une modification de ses conditions d'utilisation. Sous la pression, Facebook a publié mercredi un message annulant purement et simplement cette évolution "le temps de répondre aux questions posées par les utilisateurs". Aux Etats-Unis, l'affaire fait grand bruit et la Une des sites web des grands médias comme CNN.com.
Une fronde s'était rapidement constituée après que de nouvelles conditions d'utilisation spécifiées sur le site au début du mois attribuaient à Facebook "une licence perpétuelle et mondiale" sur tous les contenus (textes, photos, vidéos...) publiés par les utilisateurs sur le site de socialisation. Elle concernait, notamment les "Wall" de chacun, des espaces personnalisés qui permettent aux 150 millions d'adeptes du site de communiquer avec leurs amis, de partager des commentaires, des images....
"Pas partager vos informations..."
Dans un premier temps, Facebook avait tenté de rassurer ses utilisateurs. "Nous ne voudrions par partager vos informations d'une façon qui ne vous conviendrait pas", avait assuré le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, sur le blog du groupe. Selon lui, ces modifications récentes des termes d'utilisation étaient nécessaires pour être en phase avec la façon dont les gens échangent photos et messages sur le site. Ainsi, si un utilisateur se désabonne, ses documents et messages disparaîtront de sa page, mais pas ceux qu'il aura envoyés à ses connaissances, a expliqué Mark Zuckerberg.
Selon les nouvelles conditions d'utilisation, Facebook avait en effet désormais le droit d'utiliser librement tous les contenus diffusés sur le site, même si une personne efface un document ou ferme son compte. "Cela ne veut pas dire que Facebook peut faire une mini-série sur votre vie ou écrire un livre sur vous", explique Jules Polonetsky, expert en vie privée et directeur du forum Future of Privacy. "C'est du langage courant pour les sites internet parce que leur avocat leur dit qu'ils doivent se couvrir". Selon lui, ces dispositions permettaient à Facebook d'innover sans être confronté sans cesse à des obstacles juridiques.
Dans le même temps, le site de socialisation devait continuer à laisser ses utilisateurs décider de qui a accès à leur profil, et donc au contenu diffusé. "Toute restriction imposée par un usager sur la diffusion d'un contenu est respectée par Facebook", avait ainsi assuré le groupe. "Nous ne revendiquons pas et n'avons jamais revendiqué la propriété des matériaux téléchargés par les usagers". Cela n'a pas suffi et Facebook va devoir rester vigilant sur le sujet de la protection de la vie privée de ses membres. Le G29, qui regroupe la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) et ses homologues européennes prépare pour avril une série de recommandations à leur intention.
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