Après Microsoft, Intel dans le viseur de l'UE

le 10 mars 2009 à 08h48 , mis à jour le 10 mars 2009 à 09h03

Le numéro un mondial des microprocesseurs pourrait écoper d'une amende qui ferait pâlir le montant record de 500 millions de dollars réclamé à Microsoft en 2004.

TF1/LCI Intel écrit l'avenir de nos PC en teraflop (20 février 2007)Intel écrit l'avenir de nos PC en teraflop (20 février 2007) © TF1-LCI

L'UE doit rendre prochainement une décision particulièrement attendue et potentiellement lourde de conséquences sur la politique commerciale d'Intel. La Commission européenne a déjà estimé que les pratiques du groupe américain, en particulier les rabais accordés aux constructeurs informatiques et aux distributeurs, avaient pour objectif d'évincer du marché son principal concurrent, Advanced Micro Devices. Les autorités européennes doivent rendre prochainement une décision sur ce dossier. Les spécialistes s'attendent à ce qu'Intel soit jugé coupable d'infraction aux règles antitrust européennes et que les instances européennes lui infligent une amende record, à côté de laquelle celle de près de 500 millions de dollars infligée à Microsoft en 2004 pourrait presque sembler modeste.

Mais même si le numéro un mondial des microprocesseurs est condamné à l'amende maximale communautaire, à savoir 10% de son chiffre d'affaires annuel, son plus grand risque est bel et bien celui d'un changement de son modèle économique. "La Commission va-t-elle imposer quelque chose qui détruirait leur manière de fixer les prix, ouvrirait le marché à la concurrence, à de nouveaux entrants ou à AMD ? C'est cela qui pourraient les inquiéter, plus que leur réputation ou quoi que ce soit d'autre", estime Michael Tscherny, ancien haut fonctionnaire de la Commission, aujourd'hui associé du cabinet de conseil Gplus Europe.

Intel se prépare à l'éventualité d'une condamnation

A deux reprises, en juillet 2007 et juillet 2008, la Commission a estimé qu'Intel concédait des rabais aux constructeurs d'ordinateurs tant qu'ils lui achetaient la majeure partie de leurs processeurs. Elle lui reproche aussi d'avoir payé des constructeurs pour retarder ou annuler le lancement de produits équipés de puces AMD. Intel réfute ces accusations d'abus de position dominante et assure que sa politique commerciale loyale profite à la fois à ses clients et aux consommateurs. Mais en février, dans un document remis aux autorités américaines, le groupe a reconnu qu'il "ne peut pas être exclu à ce stade de la procédure que la Commission européenne puisse adopter une décision défavorable à Intel".

La décision de la CE sera en tout cas étudiée avec attention par les autorités américaines de la concurrence, qui ont lancé une enquête similaire sur Intel. La Federal Trade Commission américaine a lancé ces investigations après l'amende de 26 millions de dollars infligée au groupe par la Corée du Sud, déjà pour punir sa politique de rabais. Des poursuites intentées par AMD aux Etats-Unis devraient en outre conduire à un procès en 2010. S'y ajoutent 82 procédures en nom collectif (les fameuses "class actions") s'appuyant sur les arguments développés par AMD.

D'après agence

le 10 mars 2009 à 08:48
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience