© SXC.HU"Le Parlement européen a réintroduit par la porte démocratique ce que Sarkozy avait fait sortir par la fenêtre diplomatique !", claironne Guy Bono, dans un communiqué reçu vendredi par LCI.fr. L'eurodéputé socialiste se réjouit que l'eurodéputé Catherine Trautmann ait réintroduit son amendement anti-riposte graduée dans le Paquet Télécom en cours de discussion au niveau européen. Pour les experts, l'amendement 138 refait surface sous le nom d'amendement 46.
La riposte graduée est la colonne vertébrale de ce qui devrait être la législation française en matière de lutte contre le téléchargement. Et sa remise en cause au niveau européen tomberait au plus mal alors que l'Assemblée nationale française s'apprête à examiner le projet de loi Création et Internet, la semaine prochaine. Confiée à une autorité administrative et non à un juge, la riposte graduée consiste à punir les adeptes du téléchargement illégal, notamment en les privant de l'accès à Internet.
Loin d'être acquis
Nicolas Sarkozy, lorsque la France présidait l'Union européenne, était parvenu à faire disparaître cette résolution, adoptée par une large majorité d'eurodéputés, qui posait comme principe que les Etats membres ne peuvent pas enfreindre les libertés fondamentales des internautes, à commencer par l'accès à réseau, sans ordre signé d'un juge.
Voici donc que le texte réapparaît... en commission. Il aura encore bien du chemin à parcourir avant d'être adopté en séance plénière. D'ici mercredi, d'autres eurodéputés peuvent à leur tour déposer des amendements dans un autre sens. Le vote en commission devrait avoir lieu d'ici la fin du mois. Celui à l'Europarlement pas avant la seconde quinzaine d'avril. Les opposants à la riposte graduée espèrent que les élus européens n'oseront pas rejeter l'amendement avant les élections de juin. "Trop impopulaire", disent-ils. Guy Bono en est persuadé : "L'Europe ne laissera pas l'UMP piétiner les droits fondamentaux des citoyens français."
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