L'Europarlement persiste : l'accès au Net est un droit fondamental

Par , le 26 mars 2009 à 17h56 , mis à jour le 27 mars 2009 à 16h10

Les députés européens ont adopté un rapport affirmant que l'accès à Internet participe du droit fondamental à l'éducation. La coupure de l'accès est la sanction ultime imaginée par le gouvernement français contre les pirates.

Haut débit © Médiathèque de la Commission européen

Les Eurodéputés ont de la suite dans les idées. Et ne s'en laissent pas compter. On le sait, un des piliers de la lutte contre le piratage imaginé par le gouvernement français est de suspendre l'accès à internet des adeptes du téléchargement compulsif. Les élus européens avaient considéré pour leur part, il y a des mois de cela, que les Etats membres ne peuvent pas enfreindre les libertés fondamentales des internautes, à commencer par l'accès à réseau, sans ordre signé d'un juge.

  • A quoi ressemble le "pirate-type"

    Alors que les députés vont se pencher cette semaine sur le projet de loi Création et Internet, un sondage s'attache aux habitudes des Français vis-à-vis du téléchargement illégal.

    Publié le 08/03/2009 A quoi ressemble le "pirate-type"
Plus d'infos

 
Pendant la présidence française de l'Union, Nicolas Sarkozy était parvenu à faire disparaître cette résolution, adoptée par une large majorité d'eurodéputés. Mais ces derniers n'ont pas dit leur dernier mot. Jeudi, ils ont adopté - par 481 voix contre 25 et 21 abstentions - un rapport affirmant que "garantir l'accès de tous les citoyens à internet équivaut à garantir l'accès de tous les citoyens à l'éducation". Par conséquent, "un tel accès ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées". 

"Pas de surveillance systématique"

Une vision radicalement opposée à celle de la ministre française de la Culture Christine Albanel, qui lors du premier examen du projet de loi Diffusion et protection de la création sur internet il y a deux semaines à l'Assemblée nationale, a précisément soutenu que l'accès à internet ne pouvait pas "être considéré comme un droit fondamental", estimant qu'on pouvait avoir accès à internet "partout ailleurs" que chez soi. Les députés doivent reprendre le 31 mars l'examen du texte déjà adopté au Sénat. Mais d'ores et déjà, le raporteur du texte, Franck Riester (UMP) a estimé que ce vote des eurodéputés "n'avait pas de portée juridique".
 
Le rapport des eurodéputés appelle néanmoins à des sanctions pénales pour protéger les droits de propriété intellectuelle, "tout en interdisant en vue de cet objectif le contrôle et la surveillance systématique de toutes les activités des utilisateurs sur internet".

Par David Straus le 26 mars 2009 à 17:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Peterpan, le 17/04/2009 à 09h31

    Madame Albanel est encore "une citoyenne des villes" ! On peut accéder à internet n'importe où est une affirmation stupide. Dans les villages ruraux il est déjà très difficile d'y accéder chez soi faute de lignes télécom correctes, quant à trouver un "cyber-café" c'est la voiture et des dizaines de kms ; bravo pour le porte-monnaie et l'environnement. Quel budget necessiterait la mise en application de la loi ADHOPI ? (surveillence, courriers d'avertissement etc.) Quant à l'égalité devant la loi elle est illusoire puisqu'il suffit d'avoir les moyens de disposer de plusieurs lignes pour "jongler entre celles-ci.

Lire tous les commentaires

      logAudience