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le 09 mars 2009 à 15h46, mis à jour le 10 mars 2009 à 14:38
L'Assemblée examine cette semaine le projet de loi de lutte contre le piratage sur Internet, qui prévoit une "riposte graduée" à l'encontre des pirates.
Un groupe d'adolescents écoutant leur iPod © TF1/LCI |
> Pascal Nègre invité de LCI Radio
> La risposte graduée, qu'est-ce-que c'est ? > A quoi ressemble le pirate-type |
Semaine houleuse en vue à l'Assemblée. Les députés entament en effet mercredi l'examen du projet de loi de lutte contre le piratage sur Internet, dont la principale disposition prévoit la mise en place d'une "riposte graduée" à l'encontre des fraudeurs, pouvant aller jusqu'à la suspension de leur abonnement. Ce texte présenté par la ministre de la Culture, Christine Albanel, s'inspire des accords de l'Elysée signés par les professions artistiques en novembre 2007 et d'un rapport de Denis Olivennes, alors PDG de la Fnac. Selon un sondage TNS-Sofres/Logica pour le quotidien gratuit Metro, 37% des internautes français disent avoir déjà téléchargé illégalement ou utilisé des documents piratés.
Voté par le Sénat à la quasi unanimité le 30 octobre dernier, le texte est critiqué à l'Assemblée nationale, notamment par l'opposition. Le groupe socialiste estime "qu'il porte atteinte aux libertés publiques et individuelles" et plusieurs élus de la majorité jugent trop sévère la coupure de l'abonnement à Internet, préférant une simple amende. Pour tenter de les convaincre, le ministère de la Culture a donc annoncé le lancement sur le web d'une "campagne d'information" en direction des députés - www.jaimelesartistes.fr - afin de contrebalancer celle menée par un collectif d'internautes.
Jusqu'à un an de suspension
Mesure phare du texte, la mise en place d'une "riposte graduée" pour les fraudeurs. Ces derniers recevront ainsi un premier avertissement par mail, puis une deuxième mise en garde accompagnée éventuellement d'une lettre recommandée en cas de récidive, qui sera adressée dans les six mois. En cas de récidive dans l'année, l'internaute pourra voir son abonnement suspendu pendant un délai de deux mois à un an avec l'interdiction d'en souscrire un autre pendant ce délai. Avertissements et sanctions seront décidés par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, Hadopi, dont la création est prévue par le texte. Elle pourra également réduire la durée de la suspension de l'abonnement - de un à trois mois - si l'internaute reconnait ses fautes par écrit. Les sanctions seront prononcées à l'issue d'une procédure contradictoire et l'internaute condamné pourra faire appel devant la justice.
Parmi les autres mesures que comporte le texte, celle concernant le délai d'exploitation des œuvres cinématographiques. La ministre a annoncé quelle allait déposer un amendement visant à ramener de six mois minimum actuellement à quatre mois le délai de commercialisation des films en DVD après leur sortie en salle. L'examen de ce texte par les députés, prévu sur une durée de deux ou trois jours, devrait commencer mardi ou mercredi, dès la fin des débats sur la réforme des hôpitaux. Dès son vote par les députés, une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat sera convoquée pour mettre au point un texte de compromis qui sera soumis ensuite à l'Assemblée et au Sénat pour son vote définitif. Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il souhaitait voir ce texte définitivement voté par le Parlement pour le printemps.
(D'après agence)
| "Ce truc ne servira à rien" |
"Nous sommes opposés à ce mauvais texte qui oppose les artistes à leur public", a déclaré mardi, à quelques heures des discussions sur la loi Hadopi, l'élu PS Patrick Bloche. Il a jugé que le texte de Christine Albanel avait "un train de retard par rapport aux usages des internautes" et "n'apportera pas un sou supplémentaire aux créateurs". Pour lui, "il faut s'inscrire dans une démarche alternative pour trouver un autre mode de rémunération", et le texte en sa forme actuelle, qui prévoit une suspension de l'accès internet pour lutter contre le piratage "ne sera jamais appliqué". Christian Paul, l'autre porte-parole du PS sur le projet de loi, a jugé pour sa part qu'il n'était qu'une "fable archaïque que l'on sert aux artistes mais qui est une illusion sécuritaire". Selon lui, "ce projet n'est ni juste ni crédible". Et pour François Brottes, "ce truc ne servira à rien" car "toutes les formules seront trouvées pour contourner le système". |
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