Christine Albanel défend le projet de loi Hadopi à l'Assemblée nationale © Reuters
Sonnée par l'échec inattendu de la loi Hadopi, votée successivement par les deux chambres au terme de débats enflammés... et repoussée à l'ultime moment du vote final par une poignée de députés, Christine Albanel ne déclare pas forfait, loin de là. Alors que leurs collègues de la majorité n'étaient, jeudi, au moment où tout semblait joué, que quelques-uns dans l'hémicycle, des députés de gauche sont entrés par surprise au moment du vote pour mettre la majorité en minorité, à la grande colère de la ministre de la Culture qui a dénoncé "une manoeuvre cynique". Nicolas Sarkozy a fustigé pour sa part des "manoeuvres dérisoires" et a souligné sa volonté intacte de voir le projet aboutir. Désormais, Christine Albanel, après avoir porté le texte au long de débats interminables, s'apprête à repartir à l'assaut, mais désormais, c'est sa place au sein du gouvernement qu'elle met explicitement en jeu.
Elle s'en est expliquée vendredi soir, alors qu'elle était l'invité du site internet du Figaro pour "le talk". Première affirmation : malgré les vicissitudes du texte "protection des droits sur internet", la ministre lui garde une foi intacte. Deuxième affirmation : Christine Albanel lie son avenir à la nouvelle présentation de ce projet de loi : "Moi j'y crois, je représenterai ce texte effectivement le 28 avril. Et si je ne devais pas le faire, évidemment, je partirais", a-t-elle lancé lors du "talk" du Figaro. Avant de reconnaître, un peu plus tard : "C'est depuis le début une affaire personnelle".
"Il y a une attente énorme"
Elle qui a toujours mis en avant les attentes du monde de la culture vis-à-vis de ce texte souligne encore la vive déception exprimée, dès le rejet du texte jeudi, par les professionnels du disque comme le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) et la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem). Et elle assure qu'il ne s'agit pas simplement de défendre les intérêts de grands groupes, mais bien ceux des créateurs et des indépendants. "Il y a une attente énorme aujourd'hui du milieu de la culture, les 37 cinéastes, 10 000 signataires. (...) Je tiens à dire que ce texte, contrairement à ce que j'entends, c'était un texte pour défendre d'abord les indépendants. Il faut bien avoir conscience que 98 % des sociétés de musique, ce sont des indépendants. Des petites sociétés de moins de 25 salariés".
Elle peut toujours se targuer du soutien du chef de l'Etat : "Le président de la République tient à cette loi, depuis le début. (...) Le président est complètement engagé derrière cette loi", assure-t-elle. Il est vrai que jeudi matin encore, peu avant le rejet surprise du texte, au petit déjeuner de la majorité, Nicolas Sarkozy s'était réjoui par avance de l'adoption du projet de loi, y voyant un "geste majeur". Et aussitôt après l'annonce surprise du résultat du vote, c'est encore lui qui avait été visé à travers les commentaires victorieux de certains élus de la gauche : le député PS Patrick Bloche avait ainsi évoqué "une défaite politique (pour Nicolas Sarkozy) sur un texte pour lequel il s'était engagé personnellement".
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