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A quoi ressemble le "pirate-type"
Alors que les députés vont se pencher cette semaine sur le projet de loi Création et Internet, un sondage s'attache aux habitudes des Français vis-à-vis du téléchargement illégal.
Publié le 08/03/2009
La mesure avait été supprimée par les députés avant qu'ils ne votent, à la suite du Sénat, la loi "protection des droits sur internet". Elle a été rétablie en commission mixte paritaire, deux jours avant l'adoption définitive du texte. L'internaute dont l'accès internet aura été suspendu pour sanctionner des actes de téléchargement illégal devra donc bel et bien continuer de s'acquitter du coût de l'abonnement auprès de son opérateur.
La disposition centrale du texte, la plus polémique et celle qui avait cristallisé le plus d'oppositions, est inchangée : elle prévoit toujours une suspension de deux mois à un an de l'accès internet pour sanctionner le téléchargement illégal. Mais un des à-côtés de cette polémique avait ressurgi lorsque, contre l'avis du gouvernement, l'Assemblée avait décidé que l'internaute ainsi sanctionné n'aurait pas à continuer de payer le coût de l'abonnement, ce qui était prévu dans le texte initial adopté au Sénat. En commission mixte paritaire, sept députés et sept sénateurs, réunis pour élaborer une rédaction commune après le passage du texte au Sénat et à l'Assemblée, ont donc rétabli le texte initial.
"Un problème constitutionnel"
Motif : le vote de l'Assemblée "réduisait significativement la portée dissuasive de la sanction" et faisait "porter aux fournisseurs d'accès internet le préjudice d'une sanction prononcée contre l'un de ses abonnés", a estimé le sénateur UMP Michel Thiollière. Rapporteur au nom du Sénat, l'élu a aussi estimé que "la suspension du paiement du prix de l'abonnement pose un problème constitutionnel". "Je déplore vivement ce retour en arrière", a réagi le député Nouveau centre Dionis du Séjour, selon qui la CMP a rétabli la "double peine". Il avait bataillé à l'Assemblée contre le principe même de la suspension, lui préférant une amende.
Par ailleurs la commission mixte paritaire est revenue sur une "amnistie" votée par l'Assemblée pour les internautes qui se sont livrés à du téléchargement illégal avant le vote du texte. "Une suppression de ces dispositions relatives à l'amnistie apparaît sur le plan juridique souhaitable", ont estimé les deux rapporteurs UMP du texte, le député Franck Riester et le sénateur Michel Thiollière.
Le texte issu de la commission mixte paritaire doit être définitivement adopté par le Parlement jeudi lors d'un ultime vote du Sénat et de l'Assemblée. Mais cela ne signifiera pas la fin des débats et de la polémique : le groupe PS à l'Assemblée a annoncé mardi qu'il préparait un recours devant le Conseil constitutionnel contre le texte, invoquant notamment "la conformité avec le droit européen".
D'après agence
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