Copie pirate de film gravée sur CD © TF1/LCIC'est donc fait. Au bout de débats interminables, et dans un hémicycle où ne se trouvaient plus qu'une quinzaine de députés, l'Assemblée a adopté jeudi soir le texte "protection de la création sur internet". Sans surprise, l'UMP a voté pour, le député Nouveau Centre Jean Dionis du Séjour s'est abstenu et l'opposition a voté contre. Le texte avait déjà été adopté par le Sénat fin octobre dans une rare unanimité. Les députés PS ont voté contre, contrairement à leurs homologues du sénat, dont les ex-ministres Robert Badinter et Catherine Tasca. Le texte doit désormais faire l'objet la semaine prochaine d'une rédaction commune Assemblée/Sénat lors d'une commission mixte paritaire avant son adoption définitive par le Parlement.
La disposition-clé et très controversée du projet de loi prévoit la suspension de la connexion internet en cas de téléchargement illégal, après une "riposte graduée". La coupure de l'accès à internet sera prononcé par une nouvelle autorité administrative, la Haute autorité de protection des droits sur internet (Hadopi), après deux avertissements par mail en cas de téléchargement illégal de musique ou de cinéma.
Connexion suspendue = abonnement non payé
Cependant, en vertu d'une disposition votée jeudi contre l'avis du gouvernement, les abonnés internet dont la ligne sera suspendue pour téléchargement illégal n'auront pas à payer leur abonnement durant la durée de la sanction. En outre, les deux amendements au projet de loi internet votés en ce sens (36 voix contre 0) à l'initiative du Nouveau Centre (NC), des Communistes et des Verts, précisent une disposition du texte initial selon lequel seul l'accès internet pourra être suspendu pour les internautes bénéficiant d'offres groupées (internet, téléphone, télévision). "Il n'y a pas de raison de payer la totalité de l'abonnement alors qu'il y a une dégradation du service", a fait valoir, Martine Billard (Verts) coauteur avec Jean-Pierre Brard (PCF) d'un des amendements auquel s'est rallié le PS. Pour Jean Dionis du Séjour (NC), auteur du deuxième amendement, continuer de payer un abonnement constituait une "double peine, ce qui est disproportionné. C'est un vrai chiffon rouge politique".
Par ailleurs après avoir porté à 30 jours le délai laissé aux abonnés pour former un recours contre les sanctions, les députés ont décidé d'allonger de "quarante-cinq jours au moins et soixante jours au plus" le délai laissé aux fournisseurs d'accès pour mettre en oeuvre la suspension de ligne internet.
D'après agence
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