© SXC.HULes pirates du Net seront punis deux fois. L'Assemblée nationale a entériné mercredi soir le principe d'une "double peine" pour lutter contre le téléchargement illégal : la coupure de la ligne internet mais aussi la poursuite du paiement de l'abonnement par l'internaute. Deux amendements identiques des Verts, du PCF et de trois députés UMP demandant la suspension du paiement de l'abonnement en cas de suspension d'internet ont été rejetés par la majorité, 95 voix contre 26.
Un vote qui est contraire à celui effectué en première lecture. Début avril en effet, les députés, toutes tendances confondues avaient voté cette suspension de paiement à l'unanimité, 36 voix contre 0. Elle avait ensuite été supprimée par la commission mixte paritaire dans le texte de compromis rejeté par surprise le 9 avril.
Une décision qui ne satisfait pas tous les députés, jusque dans l'opposition. Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre) a jugé qu'après un vote unanime contre, le rétablissement de la "double peine" était "une provocation". Pour le PS Patrick Bloche, "Nous discutons d'un texte qui divise jusqu'aux rangs de la majorité et qui, sans doute, ne s'appliquera pas et dont l'espérance de vie juridique est comptée". Mais le texte divise aussi le PS, puisque les sénateurs socialistes ont voté pour en première lecture, alors que les députés PS sont contre.
Internet est-il un droit fondamental ?
Par ailleurs, cette décision française semble en opposition à une décision du parlement européen. Une large majorité de députés européens ont en effet estimé mercredi que les droits fondamentaux des internautes ne pouvaient être restreints "sans décision préalable des autorités judiciaires". Une victoire symbolique pour le député UMP Lionel Tardy, qui défend le principe d'une amende à la place de la suspension.
Quant à Christine Albanel, elle affirme que l'amendement adopté au Parlement européen "ne remet en aucune façon en cause" son texte, car il défend des "droits et libertés fondamentaux". "Or, dit-elle, l'accès à Internet à son domicile ne s'est vu reconnaître le statut de "liberté fondamentale (...) dans aucun pays du monde". De plus, ajoute le rapporteur UMP Franck Riester, "une autorité administrative indépendante (comme l'Hadopi) peut-être identifiée comme une autorité judiciaire". Le président du groupe UMP à l'Assemblée; Jean-François Copé, voit pour sa part dans ce vote du parlement européen "des petites manips" des socialistes.
Le projet de loi sur internet, Hadopi, doit être voté le 12 mai à l'Assemblée nationale puis viendra en discussion le lendemain devant le Sénat .
| "Le Parti socialiste est aux côtés des artistes" |
Interpellée par des artistes de gauche sur l'opposition du PS au projet de loi contre le téléchargement illégal, Martine Aubry a assuré que "le Parti socialiste est aux côtés des artistes" dans une lettre ouverte publiée jeudi par le quotidien Le Monde. Dans ce courrier adressé notamment à Pierre Arditi, Juliette Gréco, Bernard Murat, Michel Piccoli et Maxime le Forestier, la première secrétaire du PS affirme comprendre leurs "inquiétudes" et leurs "angoisses" mais que c'est "au nom de ces convictions et de ces valeurs, qui sont celles de la gauche, que nous nous opposons à un texte qui retarde une nouvelle fois urgente adaptation du droit d'auteur à l'ère numérique". Martine Aubry conclut en invitant les artistes à une rencontre "pour discuter, pour nous comprendre, et j'espère pour nous retrouver". |
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