L'hémicycle de l'Assemblée nationale © TF1/LCI![]() |
Un mois après son rejet surprise, les députés français ont adopté mardi par 296 voix contre 233 le projet de loi de lutte contre le piratage sur internet qui instaure une "riposte graduée" pouvant aller jusqu'à la suspension de l'abonnement pour les auteurs de téléchargements illégaux. Les groupes UMP et du Nouveau Centre ont voté pour, à l'exception de plusieurs de leurs membres (six députés UMP ont voté contre, 17 se sont abstenus ; six députés Nouveau Centre ont voté contre, cinq se sont abstenus). Les groupes socialiste, radical et citoyen et de la gauche démocrate et républicaine ont voté contre. Seules exceptions, l'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang, qui a voté pour, Arnaud Montebourg, qui s'est abstenu de même que cinq radicaux de gauche. Les sept députés non inscrits qui ont participé au scrutin ont tous voté contre. Parmi eux, François Bayrou, président du MoDem, le "souverainiste" Nicolas Dupont-Aignan ainsi que les membres du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.
"Quand bien même l'accès à internet serait un droit fondamental, il devra toujours se concilier avec d'autres droits fondamentaux et le respect de la propriété en fait partie", a déclaré l'UMP Philippe Gosselin pour défendre le vote en faveur du texte de la ministre de la Culture Christine Albanel. Le député PS de Paris Patrick Bloche a dénoncé une "loi d'exception et d'intimidation".
Le PS va saisir les Sages
Ce texte prévoit la création d'une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), chargée de la mise en oeuvre d'une "riposte graduée" pouvant aller jusqu'à la suspension de l'abonnement en cas de récidive pour les auteurs de téléchargements illégaux. Il comporte notamment une mesure dénoncée par l'opposition et des élus de la majorité, celle dite de la "double peine", qui prévoit que l'internaute dont l'accès à internet est suspendu devra continuer à payer son abonnement durant la durée de la sanction. Voulu par Nicolas Sarkozy, le projet avait été rejeté le 9 avril par l'Assemblée, faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité dans l'hémicycle au moment du vote. Mais, sous la pression de l'Elysée, il avait été réinscrit à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée nationale et, cette fois, les députés de la majorité ont répondu présent.
Le Sénat, qui examinera à son tour le texte mercredi dans la matinée, devrait l'adopter dans les mêmes termes que l'Assemblée, même si les sénateurs socialistes ont annoncé qu'ils ne participeraient pas au vote. Ce projet de loi voulu et soutenu par l'Elysée sera alors définitivement voté par le Parlement. L'opposition a d'ores et déjà annoncé qu'elle déposerait un recours auprès du Conseil constitutionnel. Les "sages" disposeront alors d'un délai d'un mois pour statuer. Une fois promulguée, la loi devrait donc être mise en oeuvre courant 2009.
Martine Aubry reçoit Pierre Arditi |
La première secrétaire du Parti socialiste a reçu mardi le comédien Pierre Arditi puis à sa suite plusieurs cinéastes, dont Jean-Jacques Annaud et Bertrand Tavernier, qui l'avaient interpellée à propos de l'hostilité du PS au projet de loi Internet adopté à l'Assemblée. Ces deux rencontres discrètes, au siège du PS, rue de Solférino, survenant après une brouille très médiatisée, ont témoigné d'"une intensité de dialogue entre des gens farouchement attachés à la culture et qui ont envie de trouver des solutions réelles", a résumé le député Christian Paul. Martine Aubry leur "a ouvert la porte" des groupes de travail et ils ont "accepté". Martine Aubry a également confirmé à cette occasion la tenue des Etats généraux de la culture, "un des premiers temps forts du travail" sur le projet socialiste pour 2012. |
(D'après agence)
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