Christine Albanel défend le projet de loi Hadopi à l'Assemblée nationale © ReutersSuivez en direct sur LCI.fr, à partir de 16h15, les débats à l'Assemblée
Les débats s'annoncent encore houleux à l'Assemblée nationale pour la dernière passe d'armes annoncée sur le projet de loi Hadopi, lors du vote solennel programmé ce mardi. Le gouvernement et la majorité UMP, furieux d'avoir vu le texte rejeté par l'Assemblée il y a tout juste un mois faute d'une mobilisation suffisante des députés, veulent en finir au plus vite avec ce texte, contesté dans leurs propres rangs et, surtout, par les eurodéputés : le Sénat devrait le voter définitivement, dans la foulée, mercredi. Roger Karoutchi, chargé des relations avec le Parlement, prévoit que le texte sera, sans aucun problème, définitivement adopté, dans la même version qu'à l'Assemblée, assurant que les sénateurs socialistes, qui l'avaient voté en première lecture, ne présenteront aucun amendement. "Je n'autorise personne à pré-juger et à annoncer les positions du groupe socialiste", a répliqué le chef des sénateurs PS Jean-Pierre Bel, soulignant l'acrimonie persistante entre droite et gauche sur ce sujet à haute tension politique.
Avec les OGM, le texte Hadopi, dont la disposition phare prévoit de suspendre l'accès internet pour sanctionner le téléchargement illégal, est à classer parmi les débats de société les plus animés depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, autour de la question des droits d'auteurs et de l'accès à la culture sur internet. Les débats en seconde lecture, suivis par des artistes en tribune et des internautes, ont rebondi jusqu'au dernier moment. Mercredi dernier encore, les adversaires du texte avaient estimé qu'Hadopi n'avait plus aucune raison d'être, après l'adoption d'un amendement du Parlement européen qui s'oppose à toute coupure sans décision de justice préalable.
Le fossé s'est creusé entre les artistes et le PS
Des députés de la majorité - les UMP Lionel Tardy, Christian Vanneste et Alain Suguenot, le Nouveau centre Jean Dionis du Séjour - se sont opposés au texte. Ils plaidaient pour une amende à la place d'une suspension. Ni amende, ni suspension, pour les socialistes, qui proposaient une "contribution créative" prélevée sur les abonnements internet pour alimenter un fonds de création. A l'inverse, l'ex-ministre de la Culture Jack Lang sera sans doute le seul socialiste à soutenir Hadopi, comme il avait été l'unique député PS à voter en faveur de la révision constitutionnelle à Versailles en juillet dernier.
Le chef de l'Etat a soutenu sans faille ce texte, issu d'accords signés à l'Elysée en novembre 2007 entre acteurs du secteur, pendant que la gauche tirait à boulets rouges contre une démarche qui oppose selon elle les artistes et les internautes, sans ramener un euro de plus aux artistes. Au nom des droits d'auteurs, l'Elysée et le ministère de la Culture ont battu le rappel d'artistes, souvent de gauche. Plus ou moins avoué, l'un des buts était d'organiser la rupture entre les artistes et l'opposition. Opération en partie réussie: "Vous avez perdu notre soutien. Quand vous redeviendrez de gauche, vous saurez où nous trouver", ont écrit Juliette Gréco, Michel Piccoli, Pierre Arditi et Maxime Le Forestier à Martine Aubry.
D'après agences
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