© SXC.HUL'avenir de la loi Hadopi devrait être décidé dans les prochaines heures. Une réunion doit avoir lieu jeudi après-midi à l'Elysée pour décider de la suite à donner à la loi sur le téléchargement illégal sur internet, dite Hadopi, après la censure par le Conseil constitutionnel de la disposition la plus controversée du texte. (Lire notre article). "Le président est décidé à trancher très rapidement la question. Pour lui la décision du Conseil ne remet pas en cause le fond du texte", a indiqué une source proche de la présidence.
Le texte devrait être promulgué à l'exception des dispositions censurées par le conseil constitutionnel, selon des sources gouvernementales. Matignon attend "des propositions" du ministère de la Culture pour mettre au point "un complément", "le plus vite possible". Une autre source proche du dossier a affirmé qu'un "projet de loi" serait déposé à la rentrée "pour laisser refroidir les choses". Il devra "préciser la nature du délit et de la sanction" avec "recours ou non à un juge".
Hadopi, une haute autorité créée pour "raisons de souplesse"
La ministre de la Culture Christine Albanel avait indiqué plus tôt jeudi que le gouvernement avait la possibilité de soit promulguer le texte tout de suite, et ensuite le compléter au Parlement sur la partie qui a été effectivement censurée, soit repartir tout de suite au Parlement pour compléter le texte, de la partie amputée par décision constitutionnelle. Pour Christine Albanel, la loi, censurée par le Conseil constitutionnel mercredi, a encore un avenir puisque "90%" du texte a été validé par le Conseil Constitutionnel, "notamment la création de la Haute autorité qui s'appelle l'Hadopi, tout le processus pédagogique d'envoi des mails, d'envoi des lettres recommandées qui me parait tout à fait crucial", a-t-elle soutenu. "On avait pensé, pour des raisons de souplesse, de pragmatisme mais aussi de pédagogie que c'était la haute autorité qui pouvait suspendre l'accès à Internet", a-t-elle dit.
"Il y a une quantité d'autres hautes autorités qui prennent des sanctions autrement plus lourdes comme la haute autorité des marchés qui interdit à quelqu'un d'exercer une profession financière pendant toute sa vie, la CNIL (commission informatique et liberté) qui inflige 300.000 euros d'amende, le CSA qui interdit à une télévision d'émettre; ce sont aussi des décisions extrêmement lourdes prises par l'autorité administrative", a-t-elle argué.
Bruxelles salue la "clarification" |
La Commission européenne a "salué" jeudi la "clarification" intervenue en France avec la censure du projet de lutte contre les téléchargements illégaux sur Internet par le Conseil constitutionnel. "Nous espérons que cette décision met fin à un débat qui a pendant les derniers mois paralysé les discussions sur le 'paquet télécoms' au niveau européen", a réagi le porte-parole de la Commission pour les questions de nouvelles technologies, Martin Selmayr. |
D'après agence
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