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Ce nouvel épisode de la saga Hadopi commence mal pour la majorité. L'examen par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée des tout derniers amendements prévu ce matin a été reporté à 14H00 faute de députés UMP en nombre suffisant.
Ainsi, le débat risque de durer plus longtemps que prévu. Il pourrait même empêcher l'adoption définitive du texte avant la fin de la semaine. Car alors que les députés entament ce mardi l'examen de la dernière mouture du projet de loi contre le téléchargement illégal (dit Hadopi 2), l'opposition s'apprête à mener une rude bataille. Elle compte défendre toutes les motions de procédure possibles et la demi-douzaine d'articles du texte cumule un bon millier d'amendements. L'opposition profite en cela du fait que la limitation du temps législatif prévu par le nouveau règlement ne peut s'appliquer faute de délai suffisant entre les lectures dans les deux assemblées.
A noter toutefois que la gauche n'est pas la seule : parmi les amendements adoptés par la commission des Affaires culturelles figure celui de son rapporteur, Franck Riester (UMP), qui exclut la surveillance des courriers électroniques pour vérifier si un téléchargement illégal a été effectué. Cet amendement vise à modifier le texte voté par le Sénat qui réintroduit l'autorisation pour les agents de l'Hadopi de constater les infractions sur les réseaux de téléchargement illégal ou "dans les communications électroniques".
"Pas un centime supplémentaire aux artistes"
A l'approche de la reprise des hostilités à l'Assemblée, une délégation de députés socialistes conduite par leur président, Jean-Marc Ayrault, a été reçue lundi soir pendant plus d'une heure par le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand. Ils demandaient la "suspension" du texte et la tenue d'Etats généraux sur "le financement de la culture à l'ère numérique".
"Le ministre reconnaît que si Hadopi 2 est voté il faudra travailler sur le financement de la création culturelle", a expliqué Jean-Marc Ayrault à l'issue de cet entretien. "Ce qui veut dire, ce que nous disons depuis des mois, que ce texte n'apporte pas un centime supplémentaire aux artistes, à la création culturelle", a-t-il ajouté. "Nous avons pris date parce que nous sommes convaincus qu'aujourd'hui avec le numérique, avec internet, c'est une nouvelle économie de la culture qu'il faut inventer. C'est notre seule cause, celle de la culture, de la création culturelle et de l'accès de tous à cette création culturelle".
Le gouvernement et sa majorité souhaitent que le texte soit définitivement adopté avant vendredi, date prévue pour l'instant de la fin de la session extraordinaire du Parlement. Or, la commission des Affaires culturelles a adopté plusieurs amendements au texte voté le 8 juillet par le Sénat, ce qui va ajouter une navette entre les deux assemblées. Dès le vote par l'Assemblée, une commission mixte paritaire sera convoquée pour élaborer un texte commun qui sera ensuite soumis au vote des deux assemblées pour son adoption définitive. Il n'est donc pas exclu que la session extraordinaire soit prolongée d'une, voire deux journées supplémentaires.
D'après agence
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