Frédéric Mitterrand défendant le projet de loi Hadopi 2 à l'Assemblée (21 juillet 2009) © TF1/LCIMême si le vote n'aura pas lieu avant la fin de la session parlementaire, et qu'il a d'ores et déjà été reporté en septembre, les débats se poursuivent sur la dernière mouture du projet de loi contre le téléchargement illégal. Avec leur lot d'évolutions et de modifications d'un texte déjà largement trituré. Avec l'accord du gouvernement, l'Assemblée nationale a ainsi décidé mercredi matin qu'un internaute coupable de piratage ne pourrait pas être sanctionné par une coupure d'accès à sa messagerie électronique.
A l'unanimité les députés de la majorité et de l'opposition ont adopté deux amendements en ce sens présentés par Lionel Tardy (UMP), Jean-Dionis du Séjour (NC), Martine Billard (Verts) et Jean-Pierre Brard (PCF). "La suspension de l'accès à la messagerie électronique paraît excessive", ont fait valoir les députés. Pour la gauche il s'agirait d'une "rupture d'égalité" entre internautes. La Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie et le rapporteur du texte, l'UMP Franck Riester ont exprimé leur accord avec cette décision.
La "contribution créative" renvoyée dans les limbes
Un rare exemple d'accord sur un texte qui a donné lieu dès l'origine à une empoignade homérique entre la majorité (elle-même quelque peu fissurée sur ce thème) et l'opposition. Ainsi, mardi soir, la majorité a de nouveau écarté l'idée socialiste d'une "contribution créative" de deux euros sur les abonnements internet à la charge des internautes pour qu'ils téléchargent tout en finançant les artistes. "La voie répressive choisie par le présent projet de loi est un pari perdu d'avance", estimaient les députés PS, qui proposaient à la place "une contribution forfaitaire" permettant aux abonnés "d'échanger entre eux sans but de profit" des oeuvres sur internet.
Cette contribution de deux euros pourrait rapporter 400 millions d'euros par an, selon le député PS Patrick Bloche. Elle alimenterait un fonds de soutien à la création et aux jeunes artistes. Avis défavorable, ont répondu le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et le rapporteur du texte. "C'est le retour de la licence globale qui a la vie dure. Les artistes n'en n'ont pas voulu", a ironisé Frédéric Mitterrand.
En défendant ce texte, le nouveau ministre de la Culture a d'ailleurs essuyé le feu roulant des critiques - et des moqueries - de l'opposition socialiste. S'il a repris les mêmes arguments que son prédécesseur, Christine Albanel, mais avec son style flamboyant ("le piratage est responsable d'un désastre économique et surtout culturel", a-t-il lancé dès la reprise des débats mardi), il n'a pas évité les lazzis : "Rendez-nous Albanel !", a ainsi hurlé le socialiste Patrick Bloche. "Vous n'êtes pas à la télé" ; "Vous étiez meilleur à la Villa Médicis !", lui ont lancé deux autres socialistes. Ce qui promet encore quelques échanges plutôt verts à l'Assemblée, qui consacrera une grande part des derniers jours de travail avant la fin de la session extraordinaire, à l'examen des 747 amendements déposés par le groupe socialiste.
D'après agence
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