© AFP/AMY GREENA l'heure où ses copains commencent à avoir leurs premiers rendez-vous faits de séance de cinéma et de bisous dans le cou, lui a, chaque jour, rendez-vous avec des milliers de personnes. Virtuellement, derrière son écran. Max Jones a 12 ans, deux chats, un chien, adore le bleu, joue du violoncelle et présente quotidiennement un journal télévisé. Le sien. Sur le Net, comme un grand, comme un pro.
Son site Weekend News Today a quasi tout d'un grand. La candeur en plus car il ne diffuse que des bonnes nouvelles. Oubliées les guerres dans le monde, les chiens écrasés et la crise économique mondiale et son florilège de victimes, ses sujets ne traitent pas de l'actualité morose. "Nous croyons que la vertu, la bonne volonté et l'héroïsme sont de véritables actualités", est-il écrit, comme une devise, sur le site. Une ligne éditoriale donc, mais aussi des rubriques -Environnement, Etats-Unis, Monde, Voyage et Opinion- avec des articles rédigés par des journalistes et bloggeurs, encore mineurs ou tout juste majeurs pour la plupart, vivant dans le monde entier. Chine, Pérou, Russie.
Breaking News !
En ligne en ce moment, un papier sur un garçon de 10 ans qui se prépare pour l'ascension du Kilimandjaro, les dix bonnes raisons de vieillir... Le site affiche 5.000 connexions au compteur. Si les sujets sont faits de petits bonheurs, n'allez pas croire que le monde de Max Jones est celui des béni-oui-oui. Weekend News Today a fait parler de lui après la démission de l'ex-candidate républicaine à la vice-présidence de son poste de gouverneur de l'Alaska avec cette tribune "Sarah Palin est-elle atteinte par la crise de la quarantaine?" ou en soutenant les deux journalistes américaines détenues en Corée-du-Sud et depuis libérées.
Max Jones est à la tête de cette rédaction, dont les locaux sont situés... dans sa chambre. Originaire du Canada, ce Dan Rather en herbe vit en Floride chez sa mère. Et oui, pas de scoop, il veut devenir journaliste, un vrai de vrai. "On voit tellement de choses qu'on ne verrait pas sinon. Je voulais commencer dès maintenant, j'aime bien faire les choses avant les autres", a-t-il raconté à l'AFP. Son média de prédilection, la télé assurément, puisque, selon lui, la presse écrite va être supplantée par Internet.
Pour le moment, Max Jones se la joue Junior. Il apprend, il apprend avec une sacrée envie. La preuve, le collégien a transformé un coin de sa chambre en studio télé d'où il présente régulièrement le JT, se servant aussi de la salle informatique de son bahut. Ton posé, regard essayant de pénétrer le spectateur, bonne diction, Max Jones fait l'homme tronc sans prompteur. Des breaking news émaillent ses éditions lancées à l'américaine avec même des directs, via un ordinateur posé sur le bureau d'écolier. A l'heure où ses camarades de classes passent leur soirée à chatter, Max Jones participe de plain-pied au journalisme de demain.
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