Livres sur un présentoir de librairie © TF1/LCIOù s'arrêtera Google ? Après avoir numérisé la planète sur Google Earth, le géant de l'internet tente de renouveler le même exploit avec les livres. Tous les livres. Dix millions d'ouvrages sont déjà consultables sur le site Google Livres et la firme américaine s'est fixé pour objectif d'en scanner 15 millions d'ici la fin 2010. A terme, ce sont toutes les publications du monde entier que Google imagine numériser dans une gigantesque bibliothèque d'Alexandrie virtuelle.
A son tour, Gallimard attaque Google
Albin Michel, Flammarion et Eyrolles devraient rejoindre Gallimard dans cette action en justice. Google, déjà poursuivi par La Martinière et le Syndicat national de l'Edition, a déjà numérisé en 6 ans 12 millions d'ouvrages sans autorisation.
Publié le 31/03/2010
Google condamné pour contrefaçon de livres
Le géant du web a été condamné par le tribunal de Paris à verser 300.000 euros de dommages et intérêts au groupe La Martinière, qui possède entre autres Le Seuil, troisième éditeur français.
Publié le 18/12/2009
Sarkozy tacle Google Livres
Le chef de l'Etat a expliqué lors d'une table ronde qu'il n'était pas question de laisser la France se faire "déposséder" de son patrimoine littéraire.
Publié le 08/12/2009
Pour alimenter ce pharaonique projet, le moteur de recherche multiplie les accords avec les bibliothèques sur tous les continents. Vingt-neuf d'entre elles, dont la bibliothèque municipale de Lyon, ont déjà confié à Google la numérisation de leurs rayonnages. Chacune des parties y trouve son compte : pour ces établissements universitaires ou publics, numériser leurs fonds est une entreprise très coûteuse et la richissime société en assume tous les frais sans broncher.
A une condition : qu'elle soit la seule à pouvoir indexer sur le web les livres ainsi digitalisés, ce qui revient à en contrôler l'accès. Les publicités diffusées sur les pages de Google Livres et la vente en ligne de certains ouvrages assureront in fine, la rentabilité, plutôt prometteuse, du projet.
80 millions d'euros pour les auteurs américains
Mais à mesure que s'étendent vers l'infini les rayons de la bibliothèque consciencieusement scannée par Google, les critiques s'intensifient. Pour certains universitaires et figures du monde de l'édition, tout ce savoir numérisé entre les mains du moteur de recherche qui concentre déjà deux tiers des requêtes faites sur la toile, c'est trop. Google Livres existe depuis cinq ans. L'énormité du fonds qu'il propose sur le web et l'avance prise sur ses concurrents, mettent Google dans une situation de quasi-monopole. D'autant que la firme américaine ne se contentera pas de diffuser des œuvres libres de droits.
Après s'être longtemps opposés au Goliath du net, les éditeurs américains ont finalement, comme les bibliothèques, passé un accord : pour exploiter des ouvrages épuisés mais toujours sous copyright, Google versera à leurs auteurs 63% des revenus générés par leur utilisation. D'après la firme américaine, il s'agit de donner une seconde vie à des millions de livres protégés mais ne circulant plus dans le commerce, soit environ les deux tiers des livres publiés dans le monde. La société prévoit ainsi de verser 80 millions d'euros d'avance aux ayant-droits. Un engagement qui ne vaut que pour les Etats-Unis, et c'est ce qui inquiète l'Europe.
Une violation des droits d'auteur ?
En France, le Syndicat national des éditeurs a écrit au juge américain qui doit statuer sur la validité d'un tel accord le 7 octobre prochain, pour exprimer ses craintes. Selon le SNE, si le contrat est effectivement validé, il "s'appliquera à l'ensemble des auteurs et éditeurs, y compris les auteurs et éditeurs non américains". Pour le syndicat, cet accord constitue une violation des règles internationales sur les droits d'auteur. Les éditeurs français craignent que des livres épuisés aux Etats-Unis, mais toujours commercialisés en Europe, se retrouvent sur Google Livres, sans que les auteurs et éditeurs du Vieux Continent ne puissent toucher la moindre compensation, les subsides prévus par l'accord ne concernant que les professionnels américains.
Imaginez : Oui-Oui fait un beau gâteau, cartonne dans les rayons "jeunesse" des librairies françaises. Seulement aux Etats-Unis, l'éditeur américain ne le vend plus. Il n'est plus en circulation. Selon les termes de l'accord tant décrié, les pages du livre pourraient donc se retrouver en théorie sur Google Livres, à portée de clic des internautes européens, alors que l'ouvrage est peut-être toujours en vente au coin de leur rue.
C'est ce genre de scénario que craignent certaines éditions européennes. Afin de les rassurer sur ses intentions, Google leur a fait une ultime concession : les livres publiés et toujours commercialisés en Europe ne pourront être vendus aux Etats-Unis sous leur forme électronique sans l'autorisation expresse des ayant-droits. Pas sûr que ce soit suffisant.
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A son tour, Gallimard attaque Google
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