(photo prétexte) © TF1/LCIHadopi II, fin du feuilleton annoncée pour mardi ? Pas si sûr, car les socialistes ont d'ores et déjà annoncé le dépôt d'un recours devant le Conseil constitutionnel. Mais pour l'heure, après moultes péripéties, les sénateurs ont validé lundi le projet de loi Hadopi II contre le téléchargement illégal sur internet, dernière étape avant le vote final du texte mardi par les députés. Les sénateurs ont adopté lundi le texte dans la version résultant des travaux de la commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs), après deux premières lectures dans les deux chambres. L'opposition PS, PCF et Verts a voté contre, la majorité UMP et Union Centriste pour, tandis que le RDSE (à majorité PRG) s'est partagé entre abstention et vote favorable.
Hadopi : les mails d'avertissement partiront... après les Régionales
Selon Les Echos, les décrets d'application de la loi luttant contre le téléchargement illégal devraient être signés fin février. Pour un début d'application en avril.
Publié le 18/12/2009
Concrètement, Hadopi II confie au seul juge le pouvoir de prononcer la suppression de l'accès internet à l'encontre des internautes responsables de téléchargement illégal (des "pirates" selon le gouvernement). Il complète le dispositif pénal du projet de loi Création et internet (Hadopi 1) qui avait été censuré dans sa partie répressive par le Conseil constitutionnel le 10 juin.
Hadopi II continue de faire un tollé
Lors de ce vote, le ministre de la Culture a évoqué la "deuxième étape", ce qu'on appelle déjà Hadopi III : "le développement de nouvelles formes d'offres culturelles sur internet et l'invention de nouvelles sources de rémunération pour les créateurs". Car, a-t-il dit, Hadopi 2 est un texte "nécessaire mais non suffisant". Hadopi 3 donc. Frédéric Mitterrand a évoqué la mission qu'il a dores et déjà confiée à ce sujet au producteur Patrick Zelnik, indiquant qu'il présenterait ensuite des propositions à Nicolas Sarkoz, "avant la fin novembre".
Quant à Hadopi II, le ministre a fustigé "les polémiques déraisonnables, disproportionnées" autour d'un texte dont il a défendu la vocation "pédagogique". Et le débat s'est poursuivi dans l'hémicycle. Serge Lagauche (PS) a dénoncé la "judiciarisation" de l'antipiratage qui "marque un triste retour en arrière". Jack Ralite (PCF) s'est élevé contre une "justice expéditive" et l'ultralibéralisme, accusant Nicolas Sarkzoy d'assimiler "les internautes à des clients et les auteurs à des industriels". Alima Boumediene-Thierry (Verts) a "regretté profondément le choix d'une criminalisation du téléchargement". Catherine Morin-Desailly (UC) s'est en revanche félicitée d'un projet "équilibré, garantissant à la fois le caractère pédagogique et dissuasif du dispositif". "Le piratage, c'est du vol", s'est exclamé Jean-Pierre Plancade (RDSE).
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