Traducteur pour chien, simulateur d'objets: les inventions délirantes

Par , le 08 octobre 2009 à 06h22 , mis à jour le 01 octobre 2010 à 17h49

Dossier : Ceatec Japan 2011, le salon high-tech de Tokyo

Depuis Tokyo - Les Japonais présentent d'étranges inventions au salon Ceatec : robot anti-collision, traducteur d'aboiements, et simulateur d'objet sortent du lot.

Eporo, le robot poisson anti-collision par NissanEporo, le robot poisson anti-collision par Nissan © Olivier Levard
High-Tech au Japon
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Sans surprises, la recherche n'est rien. Au Japon, la haute technologie et l'esprit fantasque se retrouvent souvent pour un cocktail détonnant. Robot anti-collision, traducteur d'aboiements, et simulateur d'objet : découvrez nos coups de cœur du salon Ceatec de Tokyo.

 

Eporo, le robot poisson anti-collision par Nissan

Les Japonais cherchent constamment à renforcer leur cohésion sociale. Lorsqu'ils font des recherches sur les voitures, c'est donc davantage sur la fluidité du trafic que sur la vitesse. Le dernier symbole de cette recherche scientifique s'appelle Eporo et s'inspire des bancs de poissons : des milliers d'entités qui voyagent en groupe et ne se percutent jamais.

Ce n'est pas une voiture mais un robot que Nissan a choisi pour faire la démonstration de ses recherches. "Au sein de notre monde motorisé, nous avons beaucoup à apprendre du comportement des poissons en banc : degré de liberté de chaque poisson, sécurité au sein d'un banc, ainsi qu'efficacité de migration du banc. Avec l'Eporo, nous avons réussi à recréer le comportement d'un banc de poissons grâce à des technologies électroniques dernier cri", explique Nissan, qui souhaite à terme éviter les collisions entre voitures, notamment les accidents en chaîne sur l'autoroute.

Les robots sont équipés de capteurs et communiquent en permanence leur position aux autres. S'il y a un obstacle, chacun se déroute en se basant sur ce qu'a fait son voisin pour l'éviter. De quoi gagner de précieuses secondes… Eporo seul n'a donc aucun intérêt, c'est en groupe qu'il fait la démonstration de son utilité. Un concept décidemment très japonais.

 

 

Un traducteur d'émotions animales

La démographie du Japon a beau être en berne,  la population des animaux domestiques se porte bien. 40 % des foyers japonais en possèdent un, et il y a plus de 25 millions de chats et de chiens dans le pays où ils sont choyés comme nulle part ailleurs. Cela a permis l'émergence d'un énorme business : dans les rues de Tokyo, les magasins d'alimentation, loisirs et surtout habillement pour animaux sont légion. Ces jours-ci, les déguisements de Halloween pour toutou ou chaton s'arrachent dans le quartier branché de Harajuku.

Dès 2002, la société Hosiden a réussi un joli coup en mettant au point son premier traducteur pour chien. Compilant l'enregistrement de plus de 5000 aboiement distincts, du chiwawa au rottweiler, le bow-lingual (l'aboilingue) permet d'analyser les désirs de nos amis canins. Basé sur les recherches du fantasque dr Matsumi Suzuki qui avait déjà fait parler de lui pour avoir synthétisé la voix de la Joconde, il s'est taillé un joli succès dans l'archipel.

Sept ans plus tard vient de sortir au Japon une nouvelle version du dispositif, vendue environ 200 euros. Associant un collier sans–fil intégrant un micro et un récepteur pour le maître qui ressemble à un talkie-walkie doté d'un écran, il permet de "vous faire partager les émotions de votre animal", explique la société et de "mieux satisfaire ses demandes". Six de ces émotions sont reconnues par le bow-lingual : "la joie, la tristesse, la faim, l'alerte contre les danger, la frustration et l'affirmation de soi". A chaque aboiement, une voix de synthèse et une petite icône animée traduisent l'état d'esprit du chien.  

Hosiden compte en écouler 40.000 d'ici Noël et prépare un lancement aux Etats-Unis ou la première version avait connu un succès... d'estime. Allez savoir pourquoi, le traducteur de chat marche nettement mois bien. Et si vous avez hâte de mieux comprendre Brutus et Choupi, prenez votre mal en patience, aucune date de sortie n'est annoncée pour l'Europe.

 

Le simulateur d'objet

Un objet est-il toujours virtuel si on peut le voir, le toucher, l'entendre bien qu'il n'existe pas dans le monde réel ? Les amateurs de physique quantique pourront ressasser cette question à l'envi après avoir découvert l'étrange machine de l'Institut national de communications et de technologie du Japon, le CNRS nippon. Baptisée système d'interaction multi-sensoriel, elle intègre d'abord un écran qui, couplé avec des lunettes, permet de voir un objet en trois dimensions. Jusqu'ici rien que du classique. Mais cela devient plus intéressant, lorsque l'on vous place dans la main un stylet relié à un système de vérins. Cela permet de vous le faire "toucher".

Dans cette version de démonstration, c'est un ancien plat en bronze dont on peut sentir les moindres aspérités, jusqu'à la pellicule de rouille qui le rend légèrement rugueux par endroits. L'effet est réussi, à en être perturbant, d'autant que l'on entend le stylet crisser, gratter, selon la surface que l'on touche. Les futures applications du dispositif sont nombreuses : entraîner les chirurgiens, permettre au public de manipuler des pièces rares dans les musées, imaginer de nouveaux designs, et même faire du shopping à distance.

 

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Par Olivier Levard le 08 octobre 2009 à 06:22
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1 Commentaires

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  • Clémence, le 08/10/2009 à 13h19

    Il sont forts, ces japonnais !

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