Exclusif : Google répond à Sarkozy

Par , le 09 décembre 2009 à 16h09 , mis à jour le 09 décembre 2009 à 19h27

Marissa Mayer, numéro 3 de Google, réagit pour TF1 News aux propos de Nicolas Sarkozy sur Google Books accusé de "déposséder" la France de son patrimoine.

Les reproches de Nicolas Sarkozy à GoogleLes reproches de Nicolas Sarkozy à Google © DR

Marissa Mayer, Vice-présidente de Google chargée du moteur de recherche "Je ne comprends pas ce que nous reproche votre ministre de la Culture. Après tout, conserver le patrimoine, cela fait partie de son boulot !", plaisante Marissa Mayer. La numéro 3 de Google est en visite à Paris pour présenter les nouvelles fonctionnalités du moteur de recherche (Retrouvez ici les annonces de Google) et s'exprimer au Web'09. Elle réagit pour TF1 News aux propos de Nicolas Sarkozy qui a déclaré mardi vouloir contrer les ambitions du moteur de recherche américain en matière de numérisation massive des livres avec son service Google Books.

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Plus d'infos

TF1 News : Que pensez-vous des déclarations de Nicolas Sarkozy qui accuse Google, à mots couverts, de chercher à piller le patrimoine littéraire français ?
 
Marissa Mayer, vice-présidente de Google chargée du moteur de recherche : Je me suis directement occupée de Google Books pendant des années et je pense que ce service est très mal compris. Le but de Google Books, c'est de mettre en ligne de l'information imprimée. Contrairement aux pages Web qui apparaissent presque instantanément, les livres mettent des années à être indexés mais ils représentent une richesse importante qui manque aujourd'hui à Internet. C'est pour cette raison que nous avons pris l'initiative de les scanner car cela peut améliorer la recherche. L'avantage de ce travail, c'est justement la conservation du patrimoine.
 
TF1 News : C'est un patrimoine en danger ?
 
M. M. : Les livres meurent. Je me souviens que, petite fille, j'ai retrouvé un vieux livre de mon arrière grand-père. C'était son manuel de grammaire anglaise de CM1 publié en 1876. Il avait 100 ans et les pages étaient très abimées... Cela m'a posé de nombreuses questions : où étaient ses livres de CE2, de CM2, de mathématiques ? Ils étaient absents et ils avaient peut être disparu totalement du monde... Chaque jour, la dernière version d'un livre peut disparaitre dans un incendie, une inondation ou finir simplement à la poubelle. Google Books est donc un énorme avantage pour la conservation de la culture. L'objectif est simplement de préserver la littérature et de permettre aux gens d'y avoir accès. En travaillant avec les bibliothèques, nous nous sommes rendu compte que certains ouvrages sont déjà trop dégradés pour être digitalisés.
 
TF1 News : Que répondez-vous alors à Nicolas Sarkozy qui craint apparemment que ce soit un acteur privé qui mène ce travail de numérisation ?
 
M. M. : Je lui réponds que, jusqu'ici, nous sommes simplement la société qui a le plus avancé sur le sujet. Ceci étant dit, il n'y a rien qui empêche d'autres acteurs de faire ce travail de conservation ! Je les encourage à le faire.
 
TF1 News : Êtes-vous prêts à travailler en partenariat avec le gouvernement français?
 
M. M. : Oui, bien sur !
 
Propos recueillis par Olivier Levard. L'intégralité de cette interview sera prochainement diffusée sur LCI radio et TF1 News. Marissa Mayer y commente l'avenir de la recherche chez Google et les polémiques autour de Google News ou Michele Obama.

Ce qu'a dit Sarkozy

"Il n'est pas question de nous laisser déposséder de notre patrimoine au bénéfice d'un grand opérateur aussi sympathique soit-il, aussi important soit-il, aussi américain soit-il", a déclaré mardi le président français lors d'une table ronde, près de Strasbourg sans aller jusqu'à nommer Google. "La France, c'est une histoire, c'est une culture, oserais-je le mot, c'est une identité", a-t-il poursuivi en faisant allusion à l'actuel débat sur l'identité nationale. "Il n'est pas question que ce que des générations et des générations ont produit en langue française nous nous en laissions déposséder simplement parce qu'on ne serait pas capable de mobiliser l'argent nécessaire pour faire nous-mêmes un travail de numérisation", a-t-il ajouté. Par ailleurs, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a reçu mardi le vice-président de Google, David Drummond, auquel il a fait part "de la préoccupation de la France devant les projets de l'entreprise américaine en matière de numérisation de livres".

 

Par Olivier Levard le 09 décembre 2009 à 16:09
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29 Commentaires

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  • v62138, le 11/12/2009 à 23h17

    J'ai pas tout lu... réveillez-moi quand ce sera fini...

  • gps_92, le 10/12/2009 à 17h29

    Sans être un adepte de Google et de sa tendance à occuper de manière (très intelligente) tous les terrains sur les nouveaux média, il faut admettre qu'il sont quasiment les seuls...et surtout gratuit ! On se rend compte que nos gouvernement de droite comme de gauche n'ont encore une fois pas anticipé ou voulu investir sur l'avenir ces dernières années. Que cela leur serve de leçon...

  • lamamouche54, le 10/12/2009 à 16h45

    Ben elle avait qu'à le faire avant la france, maintenant c un autre qui a eu l'idée et oui il est américain....; et ben tanpis le gouvernenement français n'a plus qu'à faire un partenariat, mais bon l'idée et l'argent pour le faire vient de google, et oui monsieur sarkosy on peut pas gagner tout le temps.

  • neovieux, le 10/12/2009 à 12h29

    Rien ne vous empeche d'acheter le livre. Rien ne vous empeche non plus de preferer lire le journal que lire les infos sur internet, hors il me semble que nous sommes en train d'etre sur internet. J'aurai pu répondre avec une carte postale, mais je ne sais pas si ce débat aurait eu lieu.

  • thaisun, le 10/12/2009 à 03h14

    Interdisons simplement le but lucratif pour les livres , pour le vivant, pour l'eau, et bientôt pour l'air et vous les verrez moins empressés de numériser ............ J ' A D H E R E

  • polyplouf, le 09/12/2009 à 23h14

    A quoi sert-il de reprocher à ceux qui l'ont anticipé et réalisé, Google en pratique, d'avoir digitalisé et rendu accessibles les livres de notre culture, que nous avions enfouis dans des bibliothèques inaccessibles? S'ils n'avaient digitalisé que ceux de la leur, en nous laissant invisibles, nous aurions hurlé, à plus juste! ) A quoi sert-il de leur reprocher d'avoir fait ce que nous avons été, hélas! incapables de faire, quelles qu'en soient les raisons, au moment où nous préférions faire la Très Grande Bibliothèque, conservatoire au mieux ou mausolée au pire pour les livres ? Ne posons pas la question de savoir si nous aurions pu faire les deux...Pourquoi n'avons nous pas été à même de faire cela à l'échelle de l'Europe non plus; véritablement? Nous avons essayé pourtant... mais de grâce, arrêtons de remuer le couteau de nos incapacités dans la plaie de nos insuffisances...

  • florentinea, le 09/12/2009 à 22h00

    Si en son temps, le ministère de la culture avait eu le financement nécessaire pour entreprendre la numérisation de tout ce patrimoine, parceque l'idée ne date pas d'hier, mais bien d'avant hier; on n'en serait pas là aujourd'hui; de toute façon, cela ne sert toujours pas de leçon; c'est bien la peine de faire semblant de raler...

  • pulpito21, le 09/12/2009 à 21h37

    On parle depuis toujours du box des accusés. Ainsi que de la stalle où on met les chevaux. Box est un mot Français.

  • pulpito21, le 09/12/2009 à 21h31

    La lecture des documents numérisés n'est, à ce jour, pas encore obligatoire. Donc comment être contre...La culture Française attire beaucoup de monde, y compris à l'étranger. En rendre l'accès plus facile me semble aller dans le bon sens.Et si ça rapporte de l'argent à Google, que le premier à qui ça coûte lève la main!

  • gregrno, le 09/12/2009 à 20h54

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