Pédophilie : une enquête ouverte sur le groupe Facebook polémique

Par , le 19 janvier 2010 à 17h22 , mis à jour le 16 février 2010 à 17h46

Dossier : Facebook et les réseaux sociaux

Intitulé "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles", ce groupe créé au nom de humour suscite l'indignation sur le site de socialisation depuis dimanche.

Facebook pédophilie © Facebook/DR/Montage TF1 News

Son créateur avance l'argument de "l'humour", un humour sacrément noir, voire scabreux. Et envoie un "gros fuck aux pseudos bien-pensants, fieffés dégénérés qu'ils sont". Le ton est donné. Depuis dimanche, un groupe créé la polémique sur Facebook et déclenche la foudre des utilisateurs. Son nom ? "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles". Régulièrement fermé, il est tout aussi régulièrement ouvert. Mardi après-midi, le groupe en était à sa cinquième version, affichait plus de 200 membres et donnait lieu à une avalanche de commentaires sur son Wall, ce mur fictif où chacun peut réagir. A condition de pouvoir déchiffrer le langage SMS employé et autres expressions fleuries de la langue française.

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Plus d'infos

 
Parmi les commentaires de membres, compréhensibles pour le commun des mortels et reproductibles, celui d'une certaine "Adeline" : "Ça me fait marrer... J'adore l'humour noir et rie de tout, moi". C'est cru, beauf, de mauvais goût et chacun y va de sa provocation dans une surenchère de mots, entre insultes chiadées et humour trash. Comme dans une partie de ping-pong, chacun réplique à un commentaire laissé par un autre. Majoritaires, les mots indignés, choqués, scandalisés par ce groupe. L'un crie au lynchage, l'une dit son envie de vomir, l'autre exige sa suppression immédiate... "Impuissants", de nombreux internautes nous écrivent pour dénoncer ce groupe. "On ne sait pas quoi faire", écrit Cindy. "Quand on essaye d'en parler aux créateurs, rien à faire, ils nous rient au nez", s'alarme Elodie. Et de se demander ce que fait Facebook, ce que font les autorités. Réponse : la plate-forme de veille sur la cybercriminalité a été saisie, le parquet de Paris avisé et la police judificaire mène des investigations.
 
Ça s'en va et ça revient
 
"Toutes les questions de vie privée ou les sujets litigieux sont gérés aux Etats-Unis, note Delphine Soulas, journaliste co-auteure de Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes ! (1). Les utilisateurs français peuvent notifier un abus mais ce signalement va ensuite s'empiler sur une longue liste d'autres signalements. Une équipe francophone dédiée va travailler dessus... à condition de suivre le rythme."
 
Submergé Facebook ? "Non !, rétorque le site, joint par TF1 News, tous les contenus signalés sont remontés à nos équipes de modération, qui les traitent par ordre d'importance. Profils usurpés, comptes piratés, il y a beaucoup de choses à traiter". Et de noter que "si ce groupe a déjà été supprimé dimanche, c'est que le système marche". Sauf qu'un compte supprimé peut parfaitement renaître de ses cendres, comme "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles". Si certains groupes finissent par être retirés, d'autres demeurent ou se créent et les messages de haines se multiplient. Du même acabit, existent aussi "Les enfants aussi ont droit à une vie sexuelle épanouie", illustré de la photo du petit Grégory ; "Violer des enfants, c'est bien. Violer des enfants morts, c'est mieux". "Confier ses enfants aux époux Fourniret." Ou même des parodies bestiales à l'instar du "Il n'y a pas de poney facile , il n'y a que des petits poneys faciles" (Sic). Une fermeture et puis revient en somme. Le second, voire "cinquième degré" pour paraphraser une internaute, a encore de beaux jours devant lui. Tôt mercredi, le groupe comptait plus de 326 membres.

"Un problème de qualification des faits"

Si Facebook le réseau social "coopère facilement et sans problème", précise une source policière à l'AFP, le traitement de tels faits se heurte à de nombreuses difficultés liées à l'internationalisation d'internet. De nombreux sites étant hébergés à l'étranger, "lorsqu'on travaille sur de l'écrit, comme dans le cas présent, se pose notamment la question de la qualification des faits" qui doivent correspondre aux arsenaux juridiques de l'ensemble des pays concernés. Dans le cas d'"Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles", si "on essaie de travailler de façon pragmatique, nous rencontrons un problème de qualification".

Gérée au sein de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC, de la direction centrale de la police judiciaire) à parité par policiers et gendarmes, la plate-forme de veille sur la cybercriminalité a été créée en 2007, pour lutter contre la pédopornographie. En 2009, l'action de cette plate-forme a été étendue à "tout type de contenus illicites". Pour la seule année 2009, la plate-forme "a reçu plusieurs dizaines de milliers de signalements, concernant essentiellement, à parts pratiquement égales, la pédopornographie et les escroqueries", a-t-on indiqué de source policière. Le reste des signalements concernaient en particulier "la xénophobie, l'antisémitisme, ou parfois le terrorisme", avec la dénonciation de sites en faisant l'apologie ou donnant des recettes de fabrication d'explosifs. (AFP)

(1) Facebook : mes amis, mes amours... des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux. Olivier Levard et Delphine Soulas. Editions Michalon.

Par Amélie Gautier le 19 janvier 2010 à 17:22
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75 Commentaires

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  • louischom, le 21/02/2010 à 17h55

    La limite de la liberté est l'atteinte à la liberté du voisin. Pour cette raison, il n'est pas autorisé de rire de n'importe quoi! En particulier, les personnes fragiles ne doivent pas être le mobile de dérision et la bêtise a aussi ses limites!!!!

  • sanka84, le 24/01/2010 à 23h12

    C'est quand même incroyable que les gen n'aient plus le droit de faire ou dire ce qu'ils veulent sans qu'on leur dise " c'est scandaleux, ils ont pas le droit, il faut les arrêter". On est dans une république ou PAS????

  • sanka84, le 24/01/2010 à 23h08

    Il faut quand même faire la différence entre des vrais pédophiles qui se cachent derrière de faux profils d'ados et des personnes qui veulent juste provoquer. Ce que vous ne comprenais pas c'est que tout ce que veut ce groupe vous leur avez donné en faisant toute cette polimique ( inutile au passage...)

  • sanka84, le 24/01/2010 à 23h05

    Pouvoir s'exprimer et rire de tout ou de rien ( et même des pires chose ) est un droit, c'est ça la république pouvoir jouri de tout ses droits...

  • bigbang85180, le 22/01/2010 à 12h09

    Etant moi meme papa de quatres enfants je trouve vos propos plus que raisonables j'aurais été encore plus "HARD"!!!!!

  • hawne, le 22/01/2010 à 12h09

    "Ce site n'est ni plus ni moins qu'un plébicite pour la pédophilie !!!"... Bien chère Erity01, j'ai été victime d'agressions sexuelles de la part de mon cousin plus âgé alors que j'étais enfant. Cela m'a longtemps marqué, évidemment. Mais cela ne m'empêche pas de revendiquer aujourd'hui un certain bon sens. Et dans bon sens j'inclus la faculté de ne pas céder à la facilité. Telle celle consistant en un amalgame facile entre le mauvais goût et l'apologie. Ce groupe (et non site) est certes A MON SENS (j'insiste sur les termes, n'ayant pas le monopole du jugement) de mauvais goût, et je m'en écarte de la même manière qu'à lire des blagues de Paf le chien ou subir les gags potaches d'un American Pie. Qui peut-être vous font rire, ou pas, et que m'importe. Mais de là à vouloir qualifier la provocation de "plébiscite" (je reprends et corrige le terme que vous avez employé quoiqu'il soit ici inapproprié, la foule, la plèbe ne "votant" clairement pas en faveur du groupe en question) il y va de la mauvaise foi caractérisée. Vous n'avez visiblement pas pris soin de lire le contenu dudit groupe pour juger sur les faits et non les apparences. Et diaboliser quelque chose simplement sur l'étiquette, en le targuant d'apologie d'un crime alors qu'il ne s'agit que de "mauvais goût volontaire" et potache, est se tromper de débat autant que manquer d'honnêteté. Clairement, l'expression de ce groupe est cruelle et choquante, et voulue comme telle. Mais elle tout aussi clairement satirique. Comment pouvez-vous, au nom de votre ego choqué, en dévoyer le contenu et vouloir faire croire qu'il s'agit là de l'apologie d'un crime, avez-vous donc si peu de jugement ou d'intégrité ?

  • hawne, le 22/01/2010 à 11h43

    Tout est dit, Falize, et merci de ces quelques grammes de bon sens dans le vacarme des loups et de ceux qui hurlent avec eux. Car s'il faut suivre la logique de ceux qui s'insurgent contre le mauvais goût demain j'appellerai à censurer les spectacles de Bigard car il banalise l'emploi de la grossièreté, et les films de Tarantino qui trop souvent font l'apologie de la violence. Soyons sérieux, un instant, et cessons de confondre presque "sciemment" : Il ne s'agit PAS d'un groupe faisant l'apologie de la pédophilie, mais bien d'un groupe revendiquant le mauvais goût et l'humour noir comme marques de fabrique. Et ceux qui prétendent le contraire, appelant à la censure sous couvert de ce qualificatif, sont d'une extrême mauvaise foi et n'ont pour la majorité d'entre eux pas lu le contenu dudit groupe. Leur jugement se fait sur l'apparence et non le contenu, au nom de la bonne pensée et de leur sensibilité choquée et non en celui de la défense des enfants, qu'ils avancent pourtant main sur le coeur comme oriflamme de leur croisade. Ils se trompent de débat, et mettent en danger la liberté d'expression. Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre ces gens-là et les extrémistes ayant émis une fatwa à l'encontre des douze dessinateurs ayant caricaturé Mahomet. Même veine, et je ne serais pas surpris de retrouver parmi les intervenants bien-pensants de fervents supporters en leur temps de la censure de l'affiche de la "Passion du Christ". Nous sommes bien sur tf1.fr après tout, non sur rue89.com. Messieurs (et mesdames) les censeurs et bien-pensants, détournez le regard si cela vous chante, mais cessez de vouloir vous arroger le droit de diriger le mien et celui du monde entier, merci. Je n'ai pas besoin de votre assistance pour bouder de mon propre chef ce que je juge de mauvais goût. Encore moins sous couvert d'une croisade contre une prétendue apologie de crime, non avérée. Quant à nos enfants que chacun exerce pour les siens un contrôle parental qu'il juge approprié, et ne se permette pas de vouloir imposer sa façon de voir et d'interdire au voisin, eût-il des critères différents pour ce faire, merci. Ma pauvre Falize, on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui, pour paraphraser notre bien-aimé et regretté Pierre.

  • coquille83, le 22/01/2010 à 09h55

    Erity01 a tres bien parlé

  • falize, le 22/01/2010 à 02h20

    " Un humour ( noir ou pas) qui ne fait plus rire à l' exception de quelques abrutis provocateurs, n'est plus de l'humour il me semble..." Euh, si ça fait rire ces "abrutis provocateurs" comme tu le dis si bien, c'est que ça reste quand même de l'humour. Tant que ça fait rire ne serait-ce qu'une personne, ça reste de l'humour. Je ne vais pas rentrer dans le débat du "qui peut se permettre de juger ce qui est de l'humour et ce qui n'en est pas", on y est encore demain, et de toutes manières, j'ai raison : personne ne se permettre de juger. Et il ne faut pas non plus que la majorité tente d'étouffer une minorité de personnes ayant un humour subversif qui n'est pas apprécié par cette majorité, encore une fois, c'est une atteinte à la liberté d'expression. J'ai vu ce groupe se former, devenir un buzz, étant une énorme adepte de l'humour noir, du cynisme, et de la provocation, j'ai vu certains de mes amis le joindre. Cependant, oui, je n'ai pas joins ce groupe, parce que même si ça m'a fait sourire, la pédophilie est une corde sensible chez moi, ça passe pas trop chez moi pour des raisons personnelles. Cependant, à AUCUN MOMENT je ne me suis permise d'aller dénoncer ce groupe, à AUCUN MOMENT je ne me suis permise de m'inscrire pour y laisser des messages d'insultes, de pure haine, de menaces de mort (punissables par la loi, au passage, je le rappelle pour ceux qui sont enclins à faire un procès aux créateurs du groupe et à ses partisans, parce que pour le coup si l'on sort l'appareil judiciaire, il y aurait plus de têtes emprisonnées du côté des "Anti"" de par leur agressivité que je pourrais limite qualifier d'animal, et leurs prolifiques menaces de mort, que du côté des "Pros"). Bref, j'ai juste passé mon chemin comme un être intelligent et respectueux de la liberté d'expression aurait fait. Pourtant, quand j'ai vu le sort qui lui a été réservé, ça m'a sincèrement hérissé les poils, de honte, d'indignement, de désespoir pour l'espèce humaine, aussi. Indignée, parce qu'une poignée de bien-pensants ont cru bon d'éradiquer un groupe faisant une pointe d'humour noir sur le sujet de la pédophilie (et non l'apologie de celle-ci, sincèrement, faut vraiment pas être sorti de Saint Cyr pour voir que c'est du second degré, mais j'en espérais apparemment trop de mes congénères français, comme d'habitude) : de la pure censure gratuite et révoltante. Et ça me fait aussi rire jaune de voir autant d'énergie dépensée pour la fermeture d'un pauvre petit groupe pratiquant l'humour noir, limite scabreux, certes pas au goût de tout le monde (et si c'est votre cas, vous n'aviez qu'à passer votre chemin comme je l'ai fait, c'est pas compliqué, au lieu d'essayer de jouer à Super Man... euh pardon, Super Censeur !), alors qu'il y a des choses milles fois plus révoltantes et plus ignobles dans ce monde qu'une simple petite blague créée pour provoquer et troller les simples d'esprit et les biens-pensants... Successful troll is successful. Internet, serious business". "Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans." Pierre Desproges Et tant qu'à faire des citations intelligentes : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Voltaire

  • olivierver1, le 21/01/2010 à 10h56

    Squall124 si vous avez d autre solution dites le ok c est une proposition que j ai faite on peu toujour travailler dessus, que de laisser les chose comme elles sont à l'heure actuel

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