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Pédophilie : une enquête ouverte sur le groupe Facebook polémique

Amélie Gautier par
le 19 janvier 2010 à 17h22
Temps de lecture
5min
Facebook pédophilie

Crédits : Facebook/DR/Montage TF1 News

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High-Tech Intitulé "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles", ce groupe créé au nom de humour suscite l'indignation sur le site de socialisation depuis dimanche.

Son créateur avance l'argument de "l'humour", un humour sacrément noir, voire scabreux. Et envoie un "gros fuck aux pseudos bien-pensants, fieffés dégénérés qu'ils sont". Le ton est donné. Depuis dimanche, un groupe créé la polémique sur Facebook et déclenche la foudre des utilisateurs. Son nom ? "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles". Régulièrement fermé, il est tout aussi régulièrement ouvert. Mardi après-midi, le groupe en était à sa cinquième version, affichait plus de 200 membres et donnait lieu à une avalanche de commentaires sur son Wall, ce mur fictif où chacun peut réagir. A condition de pouvoir déchiffrer le langage SMS employé et autres expressions fleuries de la langue française.
 
Parmi les commentaires de membres, compréhensibles pour le commun des mortels et reproductibles, celui d'une certaine "Adeline" : "Ça me fait marrer... J'adore l'humour noir et rie de tout, moi". C'est cru, beauf, de mauvais goût et chacun y va de sa provocation dans une surenchère de mots, entre insultes chiadées et humour trash. Comme dans une partie de ping-pong, chacun réplique à un commentaire laissé par un autre. Majoritaires, les mots indignés, choqués, scandalisés par ce groupe. L'un crie au lynchage, l'une dit son envie de vomir, l'autre exige sa suppression immédiate... "Impuissants", de nombreux internautes nous écrivent pour dénoncer ce groupe. "On ne sait pas quoi faire", écrit Cindy. "Quand on essaye d'en parler aux créateurs, rien à faire, ils nous rient au nez", s'alarme Elodie. Et de se demander ce que fait Facebook, ce que font les autorités. Réponse : la plate-forme de veille sur la cybercriminalité a été saisie, le parquet de Paris avisé et la police judificaire mène des investigations.
 
Ça s'en va et ça revient
 
"Toutes les questions de vie privée ou les sujets litigieux sont gérés aux Etats-Unis, note Delphine Soulas, journaliste co-auteure de Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes ! (1). Les utilisateurs français peuvent notifier un abus mais ce signalement va ensuite s'empiler sur une longue liste d'autres signalements. Une équipe francophone dédiée va travailler dessus... à condition de suivre le rythme."
 
Submergé Facebook ? "Non !, rétorque le site, joint par TF1 News, tous les contenus signalés sont remontés à nos équipes de modération, qui les traitent par ordre d'importance. Profils usurpés, comptes piratés, il y a beaucoup de choses à traiter". Et de noter que "si ce groupe a déjà été supprimé dimanche, c'est que le système marche". Sauf qu'un compte supprimé peut parfaitement renaître de ses cendres, comme "Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles". Si certains groupes finissent par être retirés, d'autres demeurent ou se créent et les messages de haines se multiplient. Du même acabit, existent aussi "Les enfants aussi ont droit à une vie sexuelle épanouie", illustré de la photo du petit Grégory ; "Violer des enfants, c'est bien. Violer des enfants morts, c'est mieux". "Confier ses enfants aux époux Fourniret." Ou même des parodies bestiales à l'instar du "Il n'y a pas de poney facile , il n'y a que des petits poneys faciles" (Sic). Une fermeture et puis revient en somme. Le second, voire "cinquième degré" pour paraphraser une internaute, a encore de beaux jours devant lui. Tôt mercredi, le groupe comptait plus de 326 membres.

"Un problème de qualification des faits"

Si Facebook le réseau social "coopère facilement et sans problème", précise une source policière à l'AFP, le traitement de tels faits se heurte à de nombreuses difficultés liées à l'internationalisation d'internet. De nombreux sites étant hébergés à l'étranger, "lorsqu'on travaille sur de l'écrit, comme dans le cas présent, se pose notamment la question de la qualification des faits" qui doivent correspondre aux arsenaux juridiques de l'ensemble des pays concernés. Dans le cas d'"Il n'y a pas de pédophile, il n'y a que des enfants faciles", si "on essaie de travailler de façon pragmatique, nous rencontrons un problème de qualification".

Gérée au sein de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC, de la direction centrale de la police judiciaire) à parité par policiers et gendarmes, la plate-forme de veille sur la cybercriminalité a été créée en 2007, pour lutter contre la pédopornographie. En 2009, l'action de cette plate-forme a été étendue à "tout type de contenus illicites". Pour la seule année 2009, la plate-forme "a reçu plusieurs dizaines de milliers de signalements, concernant essentiellement, à parts pratiquement égales, la pédopornographie et les escroqueries", a-t-on indiqué de source policière. Le reste des signalements concernaient en particulier "la xénophobie, l'antisémitisme, ou parfois le terrorisme", avec la dénonciation de sites en faisant l'apologie ou donnant des recettes de fabrication d'explosifs. (AFP)

(1) Facebook : mes amis, mes amours... des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux. Olivier Levard et Delphine Soulas. Editions Michalon.

Commenter cet article

  • louischom : La limite de la liberté est l'atteinte à la liberté du voisin. Pour cette raison, il n'est pas autorisé de rire de n'importe quoi! En particulier, les personnes fragiles ne doivent pas être le mobile de dérision et la bêtise a aussi ses limites!!!!

    Le 21/02/2010 à 17h55
  • sanka84 : C'est quand même incroyable que les gen n'aient plus le droit de faire ou dire ce qu'ils veulent sans qu'on leur dise " c'est scandaleux, ils ont pas le droit, il faut les arrêter". On est dans une république ou PAS????

    Le 24/01/2010 à 23h12
  • sanka84 : Il faut quand même faire la différence entre des vrais pédophiles qui se cachent derrière de faux profils d'ados et des personnes qui veulent juste provoquer. Ce que vous ne comprenais pas c'est que tout ce que veut ce groupe vous leur avez donné en faisant toute cette polimique ( inutile au passage...)

    Le 24/01/2010 à 23h08
  • sanka84 : Pouvoir s'exprimer et rire de tout ou de rien ( et même des pires chose ) est un droit, c'est ça la république pouvoir jouri de tout ses droits...

    Le 24/01/2010 à 23h05
  • bigbang85180 : Etant moi meme papa de quatres enfants je trouve vos propos plus que raisonables j'aurais été encore plus "HARD"!!!!!

    Le 22/01/2010 à 12h09

      Avant son ouverture au public, des volontaires testent la solidité d'un pont en verre suspendu

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