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Par Olivier Levard, le 17 mars 2010 à 18h43, mis à jour le 17 mars 2010 à 19:06
Exclusif Web - Pour TF1 News, le PDG de Linden Labs évoque la nouvelle jeunesse du monde virtuel et ses ambitions pour séduire les entreprises.
Une île de Second Life © DRSouvenez-vous. Nous sommes en 2007 et personne ne s'intéresse encore à Facebook. Le phénomène Web du moment, c'est Second Life, un monde virtuel sur Internet dans lequel des internautes du monde entier peuvent se retrouver, discuter, jouer et même faire des affaires. Il suffit pour cela de créer son "avatar", sirène aux yeux rouges ou plante carnivore selon les goûts, et d'arpenter les îles de Second Life en quête de nouvelles rencontres. A l'époque, la presse s'empare du phénomène et il ne se passe pas un jour sans que l'on évoque la drague, les jeux d'argent, le prosélytisme, ou même le terrorisme dans l'univers crée par la société Linden Labs. Mais au bout de quelques mois la fièvre est retombée et les phénomènes Facebook, Twitter ou Chatroulette ont condamné Second Life au silence radio. Le monde virtuel est-il mort ? TF1 News est allé le demander à Mark Kingdon, PDG de Linden Lab, de passage à Paris après une conférence au salon CEBIT.
TF1 News : Plus personne ne parle de Second Life. Votre monde virtuel est-il encore vivant ?
Mark Kingdon, PDG de Linden Lab : Plus que vivant ! Il y a quelque chose dans les médias que l'on peut appeler "le cycle de la hype" et c'est formidable car c'est lui qui a lancé Second Life. Mais ça s'en va et ça revient... Maintenant, la presse est partie mais nos membres sont toujours la. Nous n'avons cessé de grandir, un million de personnes se connectent chaque mois dont 50.000 Français.
TF1 News : Que peut-on faire dans Second Life ?
Tout ce que l'on fait dans la vie ! Lors de mon séjour en France, je vais aller faire du shopping, visiter un musée, et également passer une soirée en boîte de nuit. Dans Second life, c'est la même chose, avec un avatar. On peut y travailler, rencontrer des gens, apprendre des langues, acheter des objets, visiter des expositions...
TF1 News : Le film Avatar de James Cameron vous a fait un joli coup de pub...
Bien sûr, nous en ressentons déjà l'effet! Beaucoup de personnes qui tapent "Avatar" dans un moteur de recherche découvrent Second Life. Le film nous a aussi bien aidés car il nous permet de faire comprendre ce qu'est un avatar. On y voit que l'on peut contrôler une autre identité avec son cerveau et l'on pense que c'est futuriste. Mais c'est maintenant ! Au Japon, j'ai vu dans le cadre d'une expérience médicale un homme paralysé faire ses premiers pas dans Second Life en contrôlant son avatar avec son cerveau.
TF1 News : Votre monde virtuel est toujours complexe pour les nouveaux venus. Comment pouvez-vous séduire le grand public?
Nous venons de passer un an à refondre notre logiciel en travaillant avec des références comme le fabricant de décodeurs Tivo ou les studios Pixar. Nous le lancerons dans quelques mois avec beaucoup de nouvelles fonctionnalités. Nous voulons rendre Second Life plus accessible, plus riche, et plus connecté au reste du Web.
| Des avatars dans Second Life |
TF1 News : Pourquoi ne pas le rendre compatible avec Facebook pour que les gens y retrouvent les avatars de leurs amis ?
Nous y travaillons ! Nous venons de racheter une entreprise, Avatars United, pour renforcer le côté social de Second Life. Cela permettra aux gens de retrouver plus simplement leurs amis de Facebook et de s'en faire de nouveaux selon leurs centres d'intérêts. Nous allons aussi connecter le site à Twitter pour que chaque action sur un objet puisse être associée à un message. Par exemple, si un ami ouvre la porte de votre bureau virtuel dans Second Life, vous serez prévenu via Twitter.
TF1 News : Les réseaux sociaux, très simples à utiliser, n'ont-ils pas ringardisé Second Life ?
Non, tous ces sites sont complémentaires. 55% de nos utilisateurs ont un compte Facebook et ils reviennent sur Second Life ! Nous sommes aussi présents sur Facebook et Twitter et nos membres s'y retrouvent. Il y a aussi des millions de photos et vidéos de Second Life sur FlickR ou YouTube.
TF1 News : Second Life, c'est aussi une importante économie parallèle...
Oui, notre principale source de revenus est la vente de terres virtuelles, qui ressemblent à des champs sur lesquels les internautes peuvent bâtir des demeures incroyables, et la deuxième, ce sont les biens virtuels. Avec des Linden Dollars que vous pouvez échanger contre de l'argent réel, vous pouvez achetez des objets et vêtements pour votre avatar, créés et conçus par d'autres membres. L'année dernière, dans Second life, l'équivalent de 567 millions de dollars ont ainsi été dépensés entre nos membres ! C'est le plus grand marché de biens virtuels entre individus au monde avec des milliers d'entrepreneurs qui en vendent. Cela leur a rapporté 55 millions de dollars l'an dernier (environ 40 millions d'euros).
TF1 News : Vous cherchez aussi à séduire les entreprises. Qu'est-ce que vous avez à leur vendre?
Beaucoup de choses ! D'abord, c'est un formidable outil pour faire de la formation car toutes les études montrent que l'interactivité permet d'apprendre plus facilement de nouvelles compétences. Dans Second Life, vous pouvez simuler tout et n'importe quoi. Une entreprise de radars souterrains a ainsi recréé ses produits dans notre univers pour permettre à ses employés d'apprendre à les utiliser au cours diverses épreuves. Pour faire des économies et polluer moins, IBM ou Michelin y organisent aussi des séminaires. Tout est sécurisé et il y a même des café virtuels pour permettre aux employés de décompresser et discuter de manière informelle. Sans aller aussi loin, pour une poignée d'euros, une entreprise peut ouvrir un bureau virtuel.
TF1 News : Travailler chez Second Life, cela change d'un métier normal?
C'est presque indescriptible. Nous passons tellement de temps dans Second Life pour la bonne raison que 30% de nos près de 300 employés n'ont pas de bureau et travaillent chez eux. Nous nous rencontrons donc dans Second Life. C'est très cool car chacun créé son avatar. Notre chef de produit est une grenouille verte géante et moi, eh bien je suis moi mais en plus jeune ! En Amérique, la plupart des gens travaillent dans un "cubicle", ces petits compartiments comme une cellule de prison. Dans Second Life, nous travaillons dans un monde magnifique.
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| L'avatar de Mark Kingdon, PDG de Second Life |
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