Illustration de l'iPhone 4 sur le site d'Apple"Vous l'avez peut-être déjà vu en images quelque part", plaisante Steve Jobs, en souriant un peu jaune, d'un air entendu. Personne, parmi les 5000 spectateurs du Moscone Center, n'a raté la plus transparente des private jokes. L'iPhone 4 que montre Jobs, tous l'ont déjà vu, en ligne, en photos, en vidéos, sur le blog américain Gizmodo, et ailleurs. Gizmodo qui n'a d'ailleurs pas eu son badge pour la Stevenote. Rien de très surprenant. Pour autant, la fuite de son iPhone prototype il y a deux mois aura eu un intérêt : faire évoluer la mécanique de l'annonce du nouveau smartphone d'Apple.
L'iPhone 4 déconseillé par le Que Choisir américain
Le magazine Consumer Reports a testé plusieurs iPhone 4 et son verdict est sans appel: il confirme les problèmes de reception signalés par certains utilisateurs.
Publié le 13/07/2010
iPhone 4: la riposte d'Apple
Entre les plaintes collectives, les coups de gueule des utilisateurs de l'iPhone 4 et les faux mails de Steve Jobs qui circulent sur le web, Apple vit une période compliquée, mais riposte, en promettant une mise à jour.
Publié le 02/07/2010
iPhone 4: Apple cherche une solution au terrible "Death Grip"
Un curieux email attribué à Steve Jobs ce week-end semble indiquer qu'Apple pourrait annoncer rapidement une solution au problème de perte de réseau de son nouveau smartphone.
Publié le 28/06/2010
iPhone 4 : Apple reconnaît un drôle de défaut
Le fabricant informatique a reconnu que tenir son nouveau téléphone en main pouvait atténuer la réception du signal tout en le relativisant.
Publié le 25/06/2010
L'iPhone 4, incroyable machine à cash
La dernière version du très populaire téléphone portable d'Apple débarque ce jeudi en France. Il explose déjà les prévisions.
Publié le 23/06/2010
Nouvel iPhone dévoilé sur Internet : c'est bien lui !
Le site d'informations spécialisées sur les technologies Gizmodo a annoncé mardi qu'il allait rendre à Apple, à la demande du fabricant, un téléphone qu'il avait dévoilé la veille comme la prochaine génération de l'iPhone.
Publié le 20/04/2010
Voici le nouvel iPhone
A l'occasion de la réunion de la communauté de développeurs d'Apple à San Francisco, le patron de la marque à la pomme a dévoilé lundi le nouvel iPhone, disponible le 24 juin en France. Présentation.
Publié le 07/06/2010
Ce lundi, un nouvel iPhone ?
Apple réunit la semaine prochaine sa communauté de développeurs à San Francisco. Le nouvel iPhone, dont des photos et vidéos circuleraient déjà sur le web, pourrait être présenté.
Publié le 05/06/2010
Steve Jobs lève le voile sur l'Iphone 4
Le patron d'Apple a annoncé à San-Francisco la sortie du nouvel Iphone. Cédric Ingrand le présente en exclusivité pour LCI est @ vous. Mis en vente de ce nouveau "jouet" : le 24 juin prochain en France.
Publié le 08/06/2010
D'ordinaire - et l'iPad en était l'exemple récent le plus magistral -, la stratégie de communication d'Apple, et le secret entretenu autour des produits, aboutissent à tous les coups à faire de la simple annonce d'un nouveau produit une info en soi, comme du breaking news, que les médias n'ont plus qu'à relayer brute et en direct, puisque l'info est fraîche, et que tout le monde en parle... parfois sans prendre le recul suffisant.
La mécanique est implacable mais elle présente des dangers : créer de la déception, faute d'avoir encadré les fantasmes de ses fans si un produit n'était pas à la hauteur des attentes (mais de ce côté, Apple s'en sort fort bien), et surtout, danger cardinal, voir le secret s'échapper, se voir voler le timing de l'annonce et la maîtrise parfaite de sa narration, bref, être comme un magicien qui verrait son lapin sortir du chapeau d'un autre.
iPhone 4 : n°1 technique des smartphones
Et c'est bien ce qui s'est passé ici. Plus de secret à révéler. La seule existence du nouvel iPhone ne serait plus l'info du jour, et la sidération passagère ne tiendrait plus lieu d'opinion sur la valeur du nouvel appareil. Pour autant, cela a-t-il vidé la keynote de son intérêt ? Pas vraiment, au contraire même, en remisant le "Tadaaaaa!" et les effets de manches habituels de l'exercice, le secret qui n'en était plus un a permis de se concentrer sur l'essentiel, sur les mérites réels de la machine. Et ils sont nombreux.
En fait, ce que signe l'annonce d'hier, c'est le retour de l'iPhone sur la première marche du podium des smartphones, côté fiche technique. Une place perdue face à la profusion de smartphones haut de gamme sous Android, aux processeurs plus rapides, aux écrans plus grands, à la mémoire plus large, et aux fonctions plus bluffantes. A cette injustice, que dis-je, à ce désordre qui aurait pu faire regarder ses fans du côté de la concurrence, Apple met bon ordre, à coup de technologies bien choisies ailleurs, et de nouveautés logicielles gonflées, développées en interne.
Côté technologies, il y a d'abord l'écran, première nouveauté frappante du nouvel iPhone, et ça tombe bien, c'est ce que l'on regarde en premier sur un smartphone. Une résolution quatre fois supérieure à celle des iPhone et iPod précédents. Tant de pixels concentrés sur quelques pouces, qu'Apple a baptisé le "Retina display", tant son piqué rendrait impossible à l'oeil humain de distinguer un pixel d'un autre, c'est Steve Jobs qui le dit. Une emphase un peu pataude, mais un écran qui, de fait, est d'une qualité jamais vue sur un smartphone à ce jour.
Une technologie d'écran que nos sources disent venue de chez Samsung, qui a du garantir à Apple une fenêtre d'exclusivité suffisante pour que personne (à part Samsung lui-même ?) ne vienne faire de l'ombre trop vite au bel écran de l'iPhone 4. Une technologie qui ouvre des portes, en termes d'usage: on verra ainsi apparaître sur le nouveau combiné les livres électroniques de l'iBookstore, jusque-là cantonné au grand écran de l'iPad. De quoi montrer l'exemple aux développeurs, qui pourront créer des applications pensées pour les deux formats, avec un minimum d'adaptation, puisque leur résolution sont désormais presque les mêmes.
Apple relance la visiophonie
Autre amélioration notable: l'appareil photo embarqué dans l'iPhone, dont la résolution augmente un peu - 5 megapixels - mais dont la qualité fait un bond qualitatif visible du premier coup d'œil. Côté vidéo, ce même objectif permettra de tourner des images en HD, au format 720p, des clips que l'on pourra surtout monter, découper, illustrer et partager en ligne directement à partir de son téléphone, grâce à iMovie, qui saute du Mac à l'iPhone. C'est bien là qu'Apple est le meilleur: en choisissant l'état de l'art des technologies, et en leur trouvant de vrais usages. Si certains appareils tournaient depuis longtemps déjà des vidéos de très belle qualité, le process de recopie, de montage et de partage étaient le vrai frein à l'usage, qu'Apple va tenter d'effacer.
Mais la vidéo n'est pas le seul exemple d'un usage qu'Apple veut élargir. Sept ans après les balbutiements de la visiophonie en 3G, le constructeur s'est saisi du dossier. Résultat: une caméra de plus, sur la face avant de l'appareil, et un logiciel, Facetime, qui permettra de se parler en se voyant. Alors certes, ça ne fonctionnera pour l'instant que si l'on est connecté à un réseau Wifi, probablement pour ménager les réseaux et les susceptibilités des opérateurs mobiles, avec lesquels Apple doit composer, surtout quand - comme aux Etats-Unis - l'iPhone est l'exclusivité d'un seul d'entre eux.
De la visio un peu bridée, qui ne fonctionnerait qu'entre iPhones ? Ce serait un peu court, et de fait, la bonne nouvelle n'est pas là: le signe qu'après trente ans de promesses non tenues, Apple croit en l'avenir de la visiophonie grand public, c'est qu'il est prêt à partager, à ouvrir les technologies et les standards mis en branle dans Facetime, pour en faire un standard ouvert du marché, ouvert aux autres constructeurs, aux éditeurs, bref, à ses concurrents, pour que tous parlent le même langage. Un peu d'ouverture, le prix à payer pour espérer enfin imposer un standard de la visiophonie sur lequel tout le monde se mette d'accord. Si la mayonnaise prend, il faudra se souvenir qu'Apple y a cru plus fort que les autres, assez pour donner l'impulsion qui manquait pour que l'usage décolle.
Ce qui amené jusqu'à certaines ouailles des premiers iPhone à passer à l'ennemi Android, c'est la liberté de choix
Une initiative méritoire, qui n'est pas la première, même si Apple a rarement le réflexe de l'ouverture, préférant travailler dans un pré carré (qui a dit "bac à sable ??") dont il maîtrise chacun des aspects, du système à ses composants, en passant par les logiciels qui y cohabitent. Pour autant, difficile d'ignorer les bénéfices de plus d'ouverture...
Car ce qui a mené jusqu'à certaines ouailles des premiers iPhone à passer à l'ennemi Android, ce n'est pas tant le rythme de l'innovation imprimé par tous-les-smartphones-qui-ne-viennent-pas-d'Apple, mais plutôt la liberté de choix, l'ouverture quasi-absolue du système que l'on trouve chez Android. Une thèse basée sur une conviction, et sur les témoignages de "switchers" passés à Android, même si on peut être certain qu'Apple a sous les yeux quelques études précises sur la question.
Et si Apple et Google se battent à coup de chiffres pour décrire leur système comme celui de demain, le succès presque mathématique d'Android a une vertu: faire sentir à Apple le vent du boulet, celui d'une exigence d'ouverture basée sur un modèle économique très différent entre les deux acteurs. Pour qu'Apple gagne, il doit mener la danse, devenir numéro un des smartphones, avoir toujours le plus grand nombre d'utilisateurs, d'applications, de développeurs, sous peine de voir la dynamique lui échapper. Chez Google, rien de tout cela. Ce n'est pas sur les ventes de smartphones Android que le géant gagne de l'argent, mais toujours sur la pub rattachée à ses services.
Tout ce qu'Android doit garantir, c'est que les sites, les outils, les services de Google restent toujours accessibles à l'utilisateur mobile, sans ingérence d'un fabricant ou d'un opérateur. Par ricochet, l'ouverture du système, où personne ne valide chaque nouvelle application, a valeur d'exemple pour les autres, rendant difficilement supportable pour le consommateur toute plateforme trop fermée. De ce fait, la condition du succès de Google, ce n'est pas sa seule part de marché dans les mobiles, mais leur ouverture, quel que soit leur marque et le système qui les fait tourner.
Cinq milliards de téléchargements sur l'App Store de l'iPhone
De quoi expliquer la posture presque défensive de Jobs sur la question. Pour lui, Apple n'est pas une citadelle. La preuve: il soutient deux plateformes dans ses appareils: d'abord, le HTML5, un standard ouvert, qui ne lui appartient pas, où chacun est libre de faire tourner ce qui lui plaît, sans qu'Apple ait son mot à dire... contrairement justement à la seconde plateforme, les apps, son Store, et cet écosystème "éditorialisé" qu'il gère au mieux de ce qu'il perçoit comme l'intérêt de ses utilisateurs, et du sien forcément...
Une posture qui mériterait discussion, mais qui montre au moins que si rien ne change vraiment, Apple se pose au moins la question de la pérennité du fonctionnement de son écosystème. Même si, disons-le, il n'y a pas le feu au lac: l'App Store de l'iPhone vient de passer la barre des cinq milliards de téléchargements.
Au final, malgré le pré carré, malgré le hardware fermé, malgré cette tentation que l'on sent constante chez Apple de faire des choix à votre place, il faut l'avouer: après de mornes années sous Windows Mobile, après 18 mois chez Blackberry, et malgré quelque mois d'un parfait amour avec un HTC Desire sous Android, nous avons là, maintenant, tout de suite, envie d'un iPhone 4. Peut-être le résultat d'une keynote où l'on se posait les bonnes questions des usages et de l'avenir, couplé à un appareil immédiatement séduisant, même si on le savait déjà. A y bien réfléchir, Apple devrait perdre ses prototypes dans la nature un peu plus souvent. La preuve est faite qu'il n'en souffrira pas...
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L'iPhone 4 déconseillé par le Que Choisir américain
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